Manuel Valls, sans rivage à droite, sans mirage à gauche

(Source : Libération) : « La crème de la crème catalane, BFMTV et RMC, terres d’asile pour Manuel Valls. A partir de la rentrée prochaine, l’ancien Premier ministre, finalement de retour de Barcelone, aura son rond de serviette sur la chaîne de télé et à la radio (...)

(...)La gauche, La République en marche, la France, l’Espagne, soutenir Valérie Pécresse… Jusqu’à présent, Manuel Valls avait presque tout essayé. En revanche, l’ancien Premier ministre socialiste de 2014 à 2016 ne s’était pas encore lancé dans une carrière dans les médias. C’est désormais chose faite. D’après une information du Parisien, l’ancien maire d’Evry (Essonne) devrait officier de façon permanente sur BFMTV.et RMC à partir de la rentrée. »

Manuel Valls est comme le sparadrap du Capitaine Haddock : il ne sert à rien, mais on ne peut pas s’en débarrasser facilement. Très certainement, il deviendra un cas d’école plus tard. Personne n’en veut, mais lui n’a pas compris que personne ne voulait de lui, à part pour faire le bouffon médiatique.

Pour exister et que l’on continue à parler de lui, il en est réduit à faire des ménages dans les médias mainstream. Rien ne l’arrête, surtout pas la honte. C’est la Bécassine du macronisme. Il court, il court, le fureté à la recherche permanente des Spotlight pour avoir un peu de lumière, lui qui est loin d’en être une, même s’il (parait-il) l’a reçu de manière fugace, il y a bien longtemps. Mais la vie s’est chargée d’éteindre le plafonnier.

Il monte maintenant dans les wagons plombés du discours de la droite-extrême et de l’extrême-droite dans la sphère médiatique. Rien ne l’arrête, il ose tout, c’est à cela qu’on le reconnaît. Ne dites plus « la honte en politique », dite « Manuel Valls », tout le monde comprendra

Il y a toujours la recherche d’un certain équilibre dans la vie, l’ordre suit toujours le chaos. On a connu une période où la « gauche officielle » se ralliait sur tous les points à la Réaction (économie de marché, Union européenne, Ve République, sécurité,  etc). Elle a alors donné jusqu’à plus soif des leçons de morale au tout venant pour donner l’illusion qu’elle existait et qu’elle était différente de la « droite ».

C’est ainsi que la droite a dû avaler souvent le calice d’amertume. Il est donc logique qu’aujourd’hui, cela soit la revanche de celle-ci sur cette « gauche ». C’est l’éternelle histoire du balancier. On voit donc ainsi fleurir partout ad nauseam les discours les plus réactionnaires, c’est la course à l’échalote de la bêtise humaine. Et dans le pire, on trouve toujours pire que soi : Manuel Valls. Que les réactionnaires en profitent, cela ne durera pas éternellement. Mais la « gauche officielle » ne boit pas le calice d’amertume, elle se précipite dessus et avale à grands traits. La xénophobie antimusulmane lui sert de passeport pour rejoindre la droite-extrême. On sait que Manuel Valls a toujours été très « Franco », il le dit lui-même souvent.

Mais nécessairement le balancier reviendra au centre. Et il y aura beaucoup de victimes. On n’oubliera pas les reniements, les propos scandaleux. L’avantage qu’il y aura prochainement (prochainement, car la lutte des classes va remettre rapidement les pendules à l’heure, l’utilisation de la pandémie ne pourra pas toujours empêcher le choc des contraires), est que l’on n’aura aucun mal à établir la liste des collabos à épurer.

Rien ne sera oublié, rien ne sera pardonné, rien ne sera classé. C’est ce que commande l’honneur.

Long sera le chemin de la Rédemption, si elle arrive un jour.

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Christian Eyschen

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