Un « saint guérisseur » victime d’un virus, Dieu n’est pas charitable

A Montpellier comme ailleurs, la COVID-19 ne saurait épargner les "saints guérisseurs", au grand dam de l'Eglise catholique... et de la municipalité. Au final, deux victimes, St-Roch, rebouteux béni, et Philippe Saurel, ancien maire banni.

Actu.fr en date du 14 aout 2020 informe : « Montpellier : des fêtes de Saint Roch uniquement religieuses, en raison de la covid-19, le programme de la Saint-Roch 2020 est exclusivement religieux cette année.

Les fêtes de la Saint-Roch auront bien lieu à Montpellier, mais prennent une tonalité purement religieuse en raison du contexte sanitaire. Après les rencontres internationales majestueuses de l’année dernière, du côté laïc, point de défilés dans les rues de la ville ou de lanceurs de drapeaux.

« Il était important que ce saint guérisseur, prié par les catholiques, et dont le culte s’est étendu sur d’autres civilisations et cultures, notamment asiatique, né à Montpellier vers 1350, soit célébré cette année » indique le diocèse de Montpellier. Célébré pour avoir soigné des malades de la peste à Rome avant d’être lui-même atteint, Saint-Roch s’isola près de Sarmato. Tous les jours un chien lui apporta un morceau de pain lui permettant ainsi de survivre à l’épidémie.
Saint Roch.

Et s’il n’est pas le saint patron de la ville, mais la Vierge honorée à Notre- Dame-des-Tables, c’est bien cette dévotion et sa protection qui sont célébrées lors des fêtes de Saint-Roch. Cette année donc, pas de lanceurs de drapeaux venus d’Italie, pas de processions non plus, ni même de bénédiction des pains ou des animaux, simplement des messes. »

Depuis des années, dans une débauche de communications et de moyens municipaux, la municipalité de Montpellier apportait son concours à la célébration de cette fête religieuse en hommage à un rebouteux béni par l’Eglise, et ce, dans un mépris total de la laïcité.

On y voyait ainsi monsieur Philippe Saurel, maire de son état à l’époque et ceint de son écharpe tricolore, déclarait matamore en aout 2018 : « À chaque fois que quelqu’un voudra toucher à ces traditions, il faudra qu’il me passe sur le corps ».

Il semble donc que cela a été fait et bien fait lors des récentes élections municipales, puisque le dit maire a été largement battu et remercié par les électeurs.

Gageons que la question laïque de la célébration officielle du dit « saint-Roch » par l’équipe sortante, et qui a été sortie, n’est pas pour rien dans cette défaite.

Nous comptons donc deux victimes en ce mois d’aout 2020 : Saint-Roch et Philippe Saurel.

Décidément, les voies de leur Seigneur sont bien impénétrables.

Christian Eyschen

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