La Mission sénatoriale Deroche : La machine à laver les crimes de l’Eglise catholique

Devant le scandale grandissant des crimes de pédophilie au sein de l’Eglise catholique, le silence assourdissant des sacristies ne pouvait plus durer. Pour se protéger, l’Eglise catholique a alors utilisé deux moyens :

■ La mise en place de la Commission Sauvé, sur le modèle de la Commission René Rémond « pour faire la lumière » sur la protection et la complicité de l’Eglise envers Paul Touvier, criminel de guerre et responsable de la Milice du Régime de Vichy. Rappelons que cette commission, taillée sur mesure, avait exonérée l’Eglise de toute responsabilité. Et ce, au mépris de la vérité la plus élémentaire. Cette Commission Sauvé a pour objet « de faire la lumière sur les problèmes de crimes de pédophilie » au sein du clergé catholique. Mais la Commission Sauvé, c’est l’Eglise et l’Eglise, c’est la Commission Sauvé. Bonnet Blanc et blanc bonnet.

■ Le soutien à la mise en place au Sénat de la Mission commune présidée par Catherine Deroche pour faire « la lumière » sur les crimes de pédophilie.

La Fédération nationale de la Libre Pensée a refusé de cautionner la farce de la Commission Sauvé en ne demandant pas à être auditionnée par la dite-Commission.

Par contre, la Libre Pensée a estimé que la Mission commune du Sénat pouvait être d’une autre teneur. En conséquence, elle a demandé à être auditionnée, accompagnée par monsieur Keith Porteous Wood, Porte-parole de l’Association internationale de la Libre Pensée, expert sur cette question à l’ONU et auteur de nombreux rapports réputés pour leur sérieux sur ce dossier.

La Mission sénatoriale n’a pas répondu positivement à cette sollicitation.

A la lecture de son rapport, on comprend aisément pourquoi. 70 personnes et institutions ont été entendues. Ce n’est donc pas un problème de nombre, mais bien d’une volonté politique de refuser d’entendre d’autres points de vue que ceux favorables à l’Eglise catholique.

Cette Mission a fait un tour du monde des problèmes de pédophilie pour en arriver, enfin, à la situation française. Là, elle n’a trouvé aucun cas de pédophilie dans le judaïsme et dans les Églises protestantes. Il lui fallait pourtant impliquer d’autres religions pour atténuer le rôle primordial du catholicisme en la matière. C’est ainsi que la Mission Deroche a trouvé 3 cas de pédophilie dans le culte musulman dans une période de 20 ans !

Quand on connait les chiffres massifs concernant le clergé catholique, on reste pantois de cette manœuvre dilatoire.

Une tartufferie rarement vue !

La Mission commune sénatoriale se devait de faire des propositions pour, au moins, faire semblant de faire quelque chose. Elle a donc proposé que l’Eglise catholique « donne les moyens d’actions à la Commission Sauvé (commission mise en place par l’Église) et qu’elle fixe les indemnités pour les victimes. » Et c’est tout. Le crime est profond, la peine est légère.

En clair, ce sont les criminels qui vont mener les enquêtes, faire l’instruction, requérir les peines, les décider et fixer les amendes ! (dont on apprend que ce n’est pas l’Eglise qui les paiera, mais les fidèles qui n’y peuvent rien).

Dans la volonté de diluer la responsabilité du clergé catholique, la Mission Deroche met sur le même plan le Conseil Français du Culte Musulman, pour qu’il prenne des mesures identiques.

Quelle Hypocrisie. C’est le vice au bras du crime !

Toutes ces manœuvres n’empêcheront pas que la vérité se fasse jour complétement et que les criminels soient punis. L’Eglise catholique ne pourra pas s’exonérer de ses responsabilités, elle devra répondre de son silence complice dans les crimes commis.

Loi des Hommes ou Droit canon, la Justice a commencé à répondre et elle devra continuer !

La Libre Pensée avec l’Association internationale de la Libre Pensée s’y emploiera avec force et courage.

La Bastille, le 21 janvier 2020

 

Pour lire l'analyse complète, établie par la Libre Pensée, de ce rapport Deroche

(se rendre à la fin de l'article pour lire le pdf)

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