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Billet de blog 2 mars 2022

Assimilé·es fonctionnaires

Assimilés fonctionnaires accomplissant une mission de service public, travailleurs indispensables à la gestion de la crise sanitaire, personnels essentiels. N’empêche. Nous restons invisibles, nous faisons un travail invisible, auprès de personnes invisibles, que la société ne veut pas voir et que les décideurs s’emploient à maintenir invisibles.  

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Les mobilisations de travailleurs sociaux se multiplient sur le territoire depuis les manifestations historiques du 7 décembre 2021. Les professionnels et les étudiants investissent de plus en plus la rue. La prime ne suffira pas ! Lien Social leur donne la parole : ils racontent leurs ras-le-bol mais aussi les actions qu'ils mènent sur le terrain.

Travail social en colère

Par Marie-Claire, du Collectif 320000 Invisibles

Ma banquière est sympathique. C’est elle qui m’a appris que, pour la banque en tout cas, je suis « assimilée fonctionnaire », ce qui me donne accès vous vous en doutez, à tout un tas de privilèges hallucinants...

En vrai, je suis éducatrice spécialisée dans un Institut médico-éducatif (IME), salariée d’une association à but non lucratif, à laquelle l’État délègue cette mission de service public qu’est l’accompagnement des personnes handicapées.En vrai, je suis éducatrice spécialisée dans un IME, salariée d’une association à but non lucratif, à laquelle l’État délègue cette mission de service public qu’est l’accompagnement des personnes handicapées.

Je suis donc « assimilée fonctionnaire ». Notre travail est une mission de service public. A ce titre, comme nos camarades de la santé, nous subissons, depuis moins longtemps qu’eux c’est vrai, les logiques d’austérité budgétaire. Les expressions comme « à moyens constants », « en mode dégradé », ont fait leur apparition.
« SMICARDS du miracle » comme le dit Jérôme.
« Petits soldats du social » comme le dit Gaël.
« Ouvriers de la relation », voilà qui nous sommes, nous, les travailleurs sociaux.

Dans le social et le médico-social, nous nous sommes découvert une nouvelle identité depuis le début de la crise sanitaire, en contradiction totale avec le traitement qui nous est réservé : invisibles travailleurs accompagnant d’invisibles êtres humains, nous étions subitement devenus « personnels indispensables à la gestion de la crise », « travailleurs essentiels ». Nous avons donc pu, comme les soignants, envoyer nos enfants à l’école alors qu’elles étaient fermées, circuler en dehors des horaires autorisés lors des couvre-feux, bénéficier de la prime COVID pour certains d’entre nous.

Par ailleurs, depuis le début de la crise sanitaire, en même temps qu’on nous désigne comme travailleurs essentiels, les annonces gouvernementales successives ont soigneusement passé en revue : les écoles, les commerces, les lieux de culte, les bibliothèques, les restaurants, les discothèques, dictant pour chaque lieu une feuille de route au gré des chiffres des services de réanimation et des taux d’incidence.

Des IME, des Maisons d’Enfants à Caractère Social, des établissements pour les travailleurs handicapés, des Maisons d’Accueil Spécialisés, des structures d’accueil pour les mineurs isolés, il n’en était jamais question. SILENCE RADIO !

Assimilés fonctionnaires accomplissant une mission de service public,
Travailleurs indispensables à la gestion de la crise sanitaire,
Personnels essentiels.
N’empêche.
Nous restons invisibles,
Nous faisons un travail invisible,
Auprès de personnes invisibles, que la société ne veut pas voir et que les décideurs s’emploient à maintenir invisibles : les SDF, les enfants placés, les personnes handicapées, malgré la pseudo société inclusive vendue comme humaniste alors qu’elle n’est que cynisme financier.

Retrouvez les billets, actus, initiatives, coups de gueule sur www.lien-social.com

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