Chichon

Le débat sur la légalisation du cannabis est revenu dans l'actualité, à l'occasion du rapport de Caroline Janvier, députée de la majorité présidentielle. Et le bal des hypocrites de s'ouvrir sur une compétition entre vierges outragées. Dans son billet, Étienne Liebig stigmatise ces politiques à courte-vue, s'inscrivant dans le même registre revendiqué par Lien Social depuis 1998.

Je suis obligé de revenir sur l’état de nos politiques face à la question des toxicomanies qui nous concerne au premier chef en tant qu’accompagnants de personnes fragiles ou désocialisées.

Les hommes politiques du centre et de droite ont compris que la guerre électorale se ferait autour du thème des répressions au sens large. Ces dernières semaines, la drogue est au cœur du débat et nos candidats et responsables se montent dessus pour savoir lequel serait le plus répressif vis à-vis des stupéfiants. Bertrand nous regarde dans les yeux et déclare : « Je suis père de famille, jamais je n’autoriserai le cannabis ». Le président (je rappelle qu’il est jeune, dynamique et logiquement, dans son temps) considère que le cannabis ouvre la voie à des drogues plus dures etc., etc.

Une rhétorique des années soixante-dix, battue en brèche par mille études internationales. Ces femmes et ces hommes savent que la France détient le record de consommation des drogues légales - de l’alcool aux benzodiazépines distribuées en masse par des médecins généralistes qui ne dominent pas les questions de dépression. Ils savent aussi que dans les pays qui nous entourent, le cannabis est dépénalisé et que ça se passe plutôt très bien avec une baisse de la consommation mais non !!! 

Il faut user de démagogie pour montrer sa virilité et passer la tête haute sur CNews. Cela est d’autant plus fou que les drogues de synthèse explosent auprès de la jeunesse et qu’il est temps de travailler sérieusement à la prévention des toxicomanies. Or si l’on peut faire un travail sur l’alcool et les médicaments, gérer les consommations par un contrôle des posologies et des dangers de surconsommation (le mode d’emploi de 
votre boîte d’aspirine), on ne peut rien faire avec un produit illicite censé ne pas exister : ni prévenir, ni expliquer, ni contrôler une consommation raisonnée comme on le fait pour l’alcool. Ces politiques sont irresponsables.

Étienne Liebig

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