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Le Club de Mediapart ven. 29 avr. 2016 29/4/2016 Dernière édition

Loi sur la sécurité intérieure:vous ne pourrez pas dire que vous n'étiez pas au courant

Pourquoi entend-on si peu parler actuellement, et en particulier dans les médias mainstream, de la loi Loppsi 2 qui est discutée en deuxième lecture au Sénat depuis hier, et donc sur le point d'être définitivement adoptée ?

Pourquoi entend-on si peu parler actuellement, et en particulier dans les médias mainstream, de la loi Loppsi 2 qui est discutée en deuxième lecture au Sénat depuis hier, et donc sur le point d'être définitivement adoptée ? Parce qu'elles aborde tellement de questions et dans des champs tellement différents, que personne ne peut la résumer ? Parce que certaines mesures, telles que le développement d'une réserve civile de la police, ou les mesures qui vont permettre un contrôle d'internet, semblent tellement en opposition avec notre culture et notre histoire, liées à la liberté et aux droits de l'homme, que beaucoup ne peuvent pas intégrer que ces dispositions puissent faire désormais partie de la loi française ? Ou bien parce que la propagande instillant l'idée que cette loi n'est qu'un attrape-électeur, nullement destinée à entrer dans les faits, a fini par convaincre ceux qui interviennent dans les médias que c'était vraiment le cas ? Ou simplement par choix éditorial, parce que cette loi est en discussion depuis tellement longtemps que l'intérêt qu'elle a suscité s'est émoussé, surtout dans une société médiatique qui a besoin de faire croire que tout commence chaque jour ?
Quant au lecteur, à part ceux qui, dès le début, ont lu le texte, il me semble qu'ils sont nombreux à s'être lassés de lire çà et là ce nom charmant "Loppsi 2", qui évoque, comme je l'ai déjà écrit, un héros de cartoon, et ce d'autant plus que les sujets d'inquiétude ou d'indignation, voire de révolte, ne manquent pas, ce qui a tendance à mettre dans l'ombre les propos alarmistes de ceux qui tentent d'éveiller les citoyens sur ce projet de Loi.
Dirai-je un mot des politiques ? Seulement qu'à mon avis ils se sont faits piéger par une idée fausse : en effet, critiquer les aspects liberticides d'un projet de Loi, ne veut pas dire être pour l'anarchie, le désordre, et défendre les délinquants contre les victimes. Les contempteurs de cette loi désignent l'atteinte aux libertés du citoyen qu'elle fait craindre, mais aussi le manque d'efficacité de mesures générales qui ne sont pas directement orientées sur la lutte contre la délinquance (cf le développement des caméras de vidéo-surveillance qui devront être installées par les municipalités, alors que les pays qui ont testé ces techniques rapportent un taux d'élucidation de délit plus que minime). On ne peut penser que des politiques qui espèrent être un jour aux commandes du pays puissent ne pas voir d'un mauvais œil une intensification de l'arsenal répressif...

Peut-être que quelque calcul politicien a convaincu certains, même d'opposition, que le peuple ayant besoin de se sentir en sécurité, il serait dangereux politiquement de s'opposer à ce projet de loi. Ou, encore plus, de s'opposer à ce principe d'une loi fourre-tout qui touche à des domaines très divers ce qui permet de rajouter tel ou tel amendement en fonction de l'actualité. J'espère que ces personnes-là, en particulier les parlementaires, mais aussi les ténors de l'opposition, prendront conscience qu'en adhérant à la façon de penser de son adversaire, non seulement on peut être amené à trahir ses propres valeurs, mais on peut devenir l'allié objectif de celui que l'on prétend combattre. Ce constat ne concerne pas que la sécurité : on peut le faire pour l'adhésion d'une grande partie de la gauche, sous prétexte de mondialisation, au libéralisme économique le plus débridé (où sont les révisions déchirantes de ces grands penseurs d'un libéralisme de gauche, ou de ceux qui ont participé à la dérégulation financière ?), ou vis à vis du silence observé devant la casse des services publics, comme si l'idée rabâchée que ceux-ci sont la cause de nos difficultés était intériorisée comme vraie par l'opposition.

Le lien sur un site de lutte contre les aspects contestables de ce projet de loi : Anti Loppsi 2

On peut y trouver des informations sur le texte lui-même, texte que l'on trouve intégralement sur le site du Sénat.

 

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La loi Loppsi 2 vient d'être définitivement adoptée par le Parlement. Le PS devrait saisir le conseil constitutionnel (cf L'express.fr du 8 février, reprenant Reuters).

 

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