Cet été, déconfiné

Cet été on ne pourra pas zoner aux terrasses des cafés, on ne pourra pas aller au festival de danse de Montpellier, on ne pourra pas manger dans nos restaurants préférés, en tout cas, pas comme avant...

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Cet été on ne pourra pas aller voir passer le Tour de France, et pour moi, ce n’est pas dommage
Cet été on ne pourra pas jazzer au festival de Marciac
Ni chalouper aux Francofolies de La Rochelle
On ne pourra pas suivre les jeux Olympiques, parce qu’ils n’auront pas lieu, ni le championnat d’Europe de foot
Cet été on n’ira peut-être pas sur les plages, ou alors en file indienne - une heure dans l’eau, sortir, se sécher et partir - ce qui gâchera bien le plaisir
Cet été on fera ses comptes, et on saura qu’on n’a plus d’argent et que l’avenir est sombre
On verra l’argent de l’État enrichir les grosses boîtes et leurs actionnaires, et on saura que c’est nous qui allons payer
Cet été on voudra profiter de l’été,
Mais il faudra travailler pour rattraper le temps perdu
On soutiendra les étudiants anxieux qui devront préparer leurs examens
On soutiendra les personnes plus toutes jeunes ou malades qui auront encore à craindre du virus
On cherchera des lieux de vacances prés de chez nous pour que les enfants puissent s’ébrouer sans se retrouver dans la foule
Mais on n’en trouvera peut-être pas.

Mais nous, qu’est-ce qu’on va faire, cet été?
Mettre une piscine gonflable sur le balcon, en rêvant aux Seychelles?
Continuer à parler aux voisins par-dessus le grillage, et aux amis pour des télé-apéros?
Qu’est-ce qu’on va faire cet été?
Qu’a-t-on appris de cette crise?

Moi, j’ai appris une chose, c’est que l’on ne peut compter que sur nous-mêmes.
La fête, c’est nous qui allons la faire, sans l’aide de l’État. Comme pour les masques.
On va se retrouver, en vrai ou sur écran, on ne va peut-être pas se faire la bise, mais le cœur y est.
Et on va parler. On va chanter, on va danser, parce que c'est l'été, et qu'on en a très envie. Mais on va aussi réfléchir, et on va parler. Ensemble. Tous ensemble.
On va faire le point, analyser, comprendre ce qui s’est passé. Ce qui se serait passé si le virus avait atteint les plus jeunes, ou avait été plus dangereux.
Le manque absolu de préparation au départ, et l’incapacité du pouvoir à prendre les mesures adéquats, tout en empêchant d’agir ceux qui auraient pu le faire.
Les mensonges successifs de dirigeants qui masquent leurs erreurs et leurs manques en distillant des fake news prétendument scientifiques. Et qui nous préparent à accepter un futur vaccin qui sera prêt, peut-être, quand l’épidémie sera finie.
Ce sera l’été et on parlera autour d’une boisson fraîche, à l’ombre d’un parasol. La pollution a marqué le pas dans les grandes villes, mais elle va reprendre de plus belle, parce qu’il faudra « relancer l’appareil productif ». Il fera chaud, et le réchauffement climatique va continuer à nous faire redouter une canicule.

La crise nous a fait sentir un air pur et nous a rappelé le temps d'avant.
Sur nos terrasses brûlées de soleil, on va donc refaire le monde avant la prochaine catastrophe planétaire: sanitaire et imprévisible, ou climatique et déjà en cours.

Et en fait, c'est les deux.
Mais cette fois, on va refaire le monde pour de vrai.
Car ce qui est absolument nécessaire, c'est la révolution démocratique, sociale et écologique.

Et nous sommes de plus en plus nombreux à le savoir et à vouloir agir.

 

 

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