mot de passe oublié
11 euros par mois

Construisez avec nous l'indépendance de Mediapart

Souscrivez à notre offre d'abonnement à 11€/mois et découvrez notre nouvelle application mobile disponible sur Android et iOS.

Je m'abonne
Le Club de Mediapart mer. 4 mai 2016 4/5/2016 Dernière édition

Alors, électeurs de François Hollande, ça y est, vous avez compris ?

Nous sommes un certain nombre à vous avoir prévenus. Mais quelques voix tentant d'ouvrir les yeux sur la position droitière du PS valaient peu en face d'une machine médiatico-politique qui fait tout, depuis des décennies, pour vous convaincre du contraire, faisant miroiter à chaque instant le mirage d'une prétendue alternance.

Nous sommes un certain nombre à vous avoir prévenus. Mais quelques voix tentant d'ouvrir les yeux sur la position droitière du PS valaient peu en face d'une machine médiatico-politique qui fait tout, depuis des décennies, pour vous convaincre du contraire, faisant miroiter à chaque instant le mirage d'une prétendue alternance.

Donc, pour aider ceux qui hésitent encore, décryptons la doxa qui s'est infiltrée dans (presque) chaque chaumière :

  • « On ne peut pas s'opposer à l'économie de marché »... A part que toute activité humaine peut être régulée, et que l'arsenal législatif est là pour ça, ou doit être modifié pour le faire. Notons d'ailleurs que, sans régulation, dans quelque domaine que ce soit, c'est le plus fort qui gagne. Nous le constatons, hélas, tous les jours, dans la lutte effroyable que la finance mène contre les populations. La droite ne veut pas de régulation. La gauche devrait tout faire pour freiner l'appétit sans limite des plus riches. Or...

  • « L'UMP et le PS  sont les seuls partis de gouvernement »... A part que, si l'on considère qu'un parti n'est « de gouvernement » que parce qu'il a gouverné, cela veut dire que nous n'aurions, jusqu'à la fin des temps, que ces deux alternatives ! Heureusement que l'histoire a prouvé abondamment qu'un parti devenait de gouvernement à partir du moment où il a le pouvoir. Point. Cela me rappelle ce que l'on disait de Dominique Strauss-Kahn avant ses mésaventures hôtelières « Il a la stature d'un homme d’État ». Il l'a prouvé... On peut énoncer qu'un parti (ou un homme) est "de gouvernement" quand il a participé à un gouvernement : ce n'est pas une qualité, c'est un fait.

  • « Ne pas soutenir le PS quand on est de gauche, c'est promouvoir le Front National »... Celle-là, en tant que formulation perverse, elle est parfaite. Dénoncer la dérive droitière du PS reviendrait à soutenir des idées d'extrême-droite ? Ceux qui croient cela, et qui, malheureusement, votent PS à cause de cela, oublient que chaque voix qui se porte sur le candidat d'un parti, c'est une voix de plus pour ce parti, et donc une parcelle de pouvoir de plus pour ce parti. Le reste est littérature et manipulation d'opinion. Le spectre savamment entretenu du choix Le Pen-Chirac sert d'épouvantail toujours réactivé. C'est dramatique que tant de personnes se laissent contaminer par ce leurre. En réalité, plus l'électorat populaire votera pour ceux qui le défendent, moins le risque d'une droite radicale sera présent. Je suppose juste que, si des personnes de droite quittent l'UMP, c'est parce qu'elles sont insatisfaites de ses prestations. Et on les comprend. S'il n'y avait pas une telle diabolisation du Front de Gauche peut-être qu'un certain nombre de ces déçus ne voterait pas contre eux-mêmes (ou cesserait de s'abstenir) et le rejoindrait.

  • « Les Grecs se sont engraissés et ont profité du système, maintenant, c'est normal qu'ils paient l'addition »... A part que ce ne sont pas les mêmes, ceux qui paient l'addition, et ceux qui ont abusé du système. Pour ces derniers, ne vous inquiétez pas, ils sauront rebondir, même dans un pays en faillite.

  •  « Si les banques s'effondrent, l'économie aussi, et c'est la récession, qui conduit à un appauvrissement généralisé. Il faut donc, en premier, sauver les banques ». Mais non : si les banques s'effondrent, l’État peut les nationaliser et repenser l'économie, notamment en gelant le remboursement des dettes. Ce sont surtout les actionnaires et les gros épargnants qui y perdront. En revanche, il faudrait que l'on m'explique comme programmer l'appauvrissement des peuples, et l'assèchement de l'économie, donc la récession, va empêcher ces deux fléaux de s'installer durablement ? C'est traiter le mal par le mal ? Du genre, on ne pourra pas aller plus bas ? Mais si, on pourra aller plus bas. Alors les banques n'investiront plus dans quoi que ce soit : elle se contenteront juste de racheter les biens publics pour une bouchée de pain, et de les faire fonctionner avec des salariés mercenaires payés au lance-pierre...

  • « L'inflation, c'est le mal absolu ! A éviter par tous les moyens ! ». C'est surtout vrai pour les possédants, les actionnaires des fonds de pension... Pour les autres, les petits, que l'argent ait moins de valeur, ou qu'ils en gagnent moins ne fait pas une énorme différence. Mais de vrais économistes peuvent m'expliquer que j'ai tort sur ce point, je serai intéressée d'avoir leurs arguments.

  • « Il faut faire alliance avec l'Allemagne, qui est la locomotive de l'Europe ». A part que l'Allemagne n'a pas une politique pro-européenne, mais pro-allemande. Ceci dit, personne dans l'Europe ne met les intérêts de l'Europe avant ceux de son propre pays. Ah, si, la Commission Européenne, et les dernières créations de l'Empire, TSCG, MES, règle d'or, FMI, BCE... Donc, en fait, les marraines d'une Europe au service de la finance sont nombreuses, et le Parlement Européen, seul lieu où siègent les représentants des peuples d'Europe, a fort peu de marge de manœuvre. Si la France avait pris le parti d'une politique d'union politique socialiste avec les chefs de gouvernements qui prétendent l'être, un changement d'optique de la construction européenne aurait pu voir le jour, avec une opposition au développement du pouvoir de la finance, et un retour à des principes démocratiques(cependant, sur la liste des chefs de gouvernements européens, on voit beaucoup de « sociaux-démocrates » : s'ils sont sociaux-libéraux, comme chez nous, cela n'aurait pas marché de toute façon). Avec le vote du TSCG et du MES, c'est l'inverse qui s'est passé : un boulevard a été ouvert aux banques, qui, sous la couverture de la Troïka, vont dicter les politiques de destruction des systèmes de protection sociale et de redistribution. Merci qui ? Merci François Hollande.

J'hésite à aller plus loin, à propos des reculades du gouvernement en matière de politique « socialiste » : le SMIC, les retraites, l'emploi, l'industrie, les Roms, la non-séparation des activités de dépôts et de spéculation des banques, la sécurité, la psychiatrie... Mais on ne tire pas sur une ambulance : encore moins sur un corbillard !

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

Tous les commentaires

ILS NE NOUS FERONT PAS TAIRE

Après les grandes envolées de Arnaud Montebourg cet été contre les patrons voyous, le gouvernement est revenu à ces premiers amours avec l'appui à l'accord inique signé entre le Medef et 3 syndicats minoritaires. La baisse du salaire et l'augmentation du temps de travail, sans que les salariés puissent individuellement refuser sauf à être licenciés pour motif personnel, seraient autorisés par le code du travail. Les procédures de  licenciement et les protections juridiques seraient réduites. Le Medef le réclamait depuis 30 ans. Il est en train de l'obtenir d'un gouvernement qui se dit de gauche. L'UMP peut se frotter les mains et pour cliver avec le gouvernement, se concentrer contre l'égalité des droits devant le mariage. Renault, le constructeur automobile, profite du contexte pour faire du chantage aux fermetures d'établissements afin d'obtenir un accord baissant de fait les salaires (au  minimum de 5 à 7 % à l'horizon 2015 selon l'inflation estimée). Pourquoi se gênerait-il puisque la leçon des derniers mois, c'est un gouvernement dont la capacité d'action est inversement proportionnelle au niveau de ses protestations. Les salariés de Florange s'en rendent compte tous les jours qui continuent à exiger la nationalisation. Ceux de PSA-Aulnay sont soumis de fait à un lock-out par la direction qui cherche à laisser pourrir la  situation. Mais plusieurs luttes ont montré ces derniers temps qu'il était possible pour les salariés de se battre pour d'autres solutions : M.Real et Pilpa qui ont gagné le rejet de la liquidation, Petroplus qui a obtenu des délais, Fralib qui continue à se battre. Plusieurs de ces entreprises en lutte se retrouveront ensemble à Paris le 29 janvier pour exiger une loi contre les licenciements et suppressions de poste sans réel motif économique.  Nous serons à leurs côtés ce jour-là comme nous serons avec les salariés de Virgin le même jour. De même que nous serons dans la rue le 31 janvier avec les fonctionnaires contre la RGPP version socialiste (Map : modernisation de l'action publique). Les associations de chômeurs et précaires ont manifesté lundi aux cris de « Nous ne sommes pas des pigeons, nous ne voulons pas des miettes, nous voulons nos droits ». Cela n'empêche  pas la Cour des Comptes, dont le président est au PS, de trouver que les chômeurs sont trop indemnisés alors que plus de la moitié d'entre eux ne perçoivent rien. Nous n'acceptons pas que des juges (Cour des Comptes, Conseil constitutionnel), se drapant dans une pseudo neutralité politique, imposent le discours libéral. Nous allons tout faire pour mobiliser contre l'austérité, contre les atteintes aux droits des travailleurs contenues dans l'accord  emploi, contre la la réduction des droits à l'indemnisation des chômeurs et contre les attaques contre les retraites qu'on voit déjà se dessiner à l'horizon de l'été. Le PS a bien compris que sa politique soulevait de plus en plus de mécontentement. Cela explique sa virulence actuelle contre le Front de Gauche. Il essaie par tous les moyens de casser le Front de Gauche en ostracisant particulièrement le PG et en sommant le PCF de rompre avec  Jean-Luc Mélenchon ! Mais il n'y arrivera pas car le Front de Gauche est la seule force politique à porter l'espoir de celles et ceux qui veulent une autre politique.

Martine Billard, co-présidente du Parti de Gauche

Construisez l'indépendance de Mediapart

onze euros par mois

Souscrivez à notre offre d'abonnement à 11€/mois et découvrez notre nouvelle application mobile.
Je m'abonne

Le blog

suivi par 132 abonnés

Le blog de Liliane Baie