Andréa Bescond, artiste de l’instinct

A l'occasion de son passage au théâtre du Châtelet le 19 et 20 octobre prochain, Andréa Bescond se livre à coeur ouvert et parle de ce poignant et bouleversant spectacle " Les Chatouilles ou la danse de la colère ". Découvrez le parcours d'une artiste hors du commun, une artiste de l'instinct.

Andréa Bescond pose, pour deux soirées exceptionnelles, ses valises au théâtre du Châtelet © © Karine Letellier Andréa Bescond pose, pour deux soirées exceptionnelles, ses valises au théâtre du Châtelet © © Karine Letellier

Blonde comme les blés, regard bleu intense, sourire aux lèvres, Andréa Bescond porte en elle une joie de vivre naturelle, profonde, communicative. Tornade expansive, passionnée, la comédienne entraîne ceux qui l’approchent dans un univers de couleurs et de liberté. Sensible, elle porte un regard curieux sur la société et se nourrit de la folie du monde, de ses failles, de ses atrocités. Danseuse de formation, elle utilise son corps pour exprimer ses émotions, dire au-delà des mots. Un Molière en poche, auréolée du prix « nouveau talent » de la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques et du prix « jeune talent » théâtre de l’Académie française, elle triomphe tous les soirs au Théâtre du Petit-Montparnasse avec son « seul(e) en scène », Les chatouilles ou la danse de la colère.

Croisé sous le soleil de plomb avignonnais, il y a de cela presqu’un an, après avoir assisté à une représentation bouleversante de sa pièce, le rendez-vous fut pris. Les aléas du quotidien, les vicissitudes de la vie, les occasions manquées, ont repoussé la rencontre. Enfin, un jour moins morose qu’un autre, sous un ciel parisien presque bleu, dans un café, à deux pas du théâtre où tous les soirs, Andréa Bescond joue la pièce qu’elle a écrite, nerveux, mais je l’attends confortablement installé, un verre de Spritz à la main.  Lumineuse, allègre, toute de noir vêtue, les cheveux détachés, elle arrive la bonne humeur et la simplicité en bandoulière. Rapidement toute anxiété oubliée, la conversation s’installe amicale, passionnante. De sa voix rauque, chaude, elle aborde son parcours de danseuse, sa rencontre avec Eric Métayer, son désir d’expression artistique par les mots, ses deux enfants, puis l’écriture de sa pièce, son besoin viscéral de bouger les lignes, de lever le voile sur ce tabou de l’enfance souillée, pervertie. Vibrante, incapable de rester indifférente, elle porte cette histoire de pédophilie unique et universelle à bout de bras. Est-elle Odette ? On ne le saura pas. La comédienne laisse planer le doute. « A la fin de la pièce, explique-t-elle, des spectateurs viennent à ma rencontre pour me raconter leur propre histoire. Emus, ils sont persuadés que c’est mon histoire que je conte sur scène. Pour eux, cela sonne juste, authentique et sincère. Ils se retrouvent dans tout le processus qui mène à la résilience et qui passe par l’autodestruction et la reconstruction de soi. C’est bouleversant. Souvent je leur réponds que c’est la vie d’Odette que je raconte. Je m’en détache pour la rendre universelle pour que cette histoire garde sa violente généralité. Je ne souhaitais pas en faire un témoignage, car la pédophilie, c’est pas un individu, … mais plus de 75 000 viols déclarés par an, et encore ce n’est que la partie visible de l’iceberg. »  C’est d’ailleurs une des forces du spectacle. En mêlant réel et fictif, en entremêlant ses propres anecdotes d’enfant voué à la danse dès son plus jeune âge, d’artiste adulte, à celle d’Odette, la comédienne signe une histoire humaine, unique et universelle, qui a du sens, qui est ancrée dans le réel et qui parle à tous.

Les premiers entrechats

Enfant énergique, lutin blond en jupons, Andréa Bescond sait à peine marcher, qu’elle passe son temps à danser. « Ma mère me voyant virevolter en permanence, se souvient-elle, en début d’année scolaire, alors que j’avais à peine quatre ans, cherche une école qui pourrait bien m’accueillir. J’étais trop jeune pour la plupart. Elle finit par pousser la porte d’une école de danse municipale, pas loin de là où nous habitions. La prof de danse, n’est pas très enthousiaste, en général, elle n’accepte que les enfants ayant 5 ans révolus, mais par politesse me garde pour un cours d’essai. Quand mes parents sont revenus me chercher, très emballée, elle leur a dit que tout allait bien, que je suivais la cadence sans problème, et donc je pouvais revenir pour les cours suivants. » Ensuite, tout s’est rapidement enchaîné. De la Bretagne au Sud de la France, la danseuse en devenir, déjà entière, se donne à fond dans sa passion. Très vite, les enseignants décèlent une volonté particulière, une personnalité singulière qui sont les caractéristiques d’une future grande et l’encouragent à 12 ans à entrer à l’Ecole supérieure de danse de Cannes Rosella Hightower. « Encore, une fois tout est allé très vite, raconte Andréa BescondAlors qu’il me semblait que je n’avais pas les prédispositions requises, pas de coup de pied, une ouverture de hanches loin d’être exceptionnelle, j’ai été prise. Totalement investie, j’ai progressé très vite. Je crois que mon énergie, ma détermination ont été les principaux atouts de mon profil. Après une première année passable – j’étais dans les deux dernières – , j’ai littéralement « explosé » l’année suivante après m’être spécialisée en danse contemporaine. » Seule ombre au tableau, la toute jeune adolescente doit s’installer à proximité de l’école et quitter le cocon familial. « Le choix a été difficile, déchirant, se remémore-t-elle. Conscients du fait que la danse faisait partie de ma vie, mes parents n’ont pas hésité. Ils m’ont fait confiance. Ils ont accepté que je quitte la maison. La séparation a été compliquée, elle a bien évidemment perturbé le cadre familial, mais je suis toujours dans un souffle de vie. Il n’y a jamais rien de morbide chez moi. Je ne me laisse pas happer par la nostalgie, la tristesse : elles ne doivent pas me retenir. Je prends le temps de vivre. J’avance, je fonce. »

Les années de conservatoire

Repérée par ses professeurs pour son aptitude à apprendre, à intégrer les mouvements, à donner de sa personne, elle passe le concours d’entrée au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris (CNSMDP) auquel elle réussit haut la main. Elle quitte le Sud pour monter à la capitale. L’internat coûtant cher et les moyens financiers de la famille, réduits, la jeune Andréa se retrouve en famille d’accueil, rue Petit dans le 19ème arrondissement, dont elle apprend vite le code de la rue, la « traine en mode  galérienne »… Le personnage de Manu qu’elle croque dans « les chatouilles » sort tout droit de ses souvenirs de cette époque. « Loin de chez moi, raconte-t-elle, les débuts ont été durs, épiques. Comme je l’évoque dans la pièce, je me suis retrouvée dans une toute petite chambre mansardée, sombre, noire avec de la moquette aux murs, dont les volets devaient rester fermés en permanence. On était en rez-de-chaussée, et la dame qui m’accueillait avait peur d’être agressée. C’était un peu particulier comme approche de la région parisienne. » La vie et les années défilent. Les cours se suivent et rythment ses journées. Andréa se forme aux différentes techniques sans penser aux lendemains. Avide de savoir et d’apprendre à s’exprimer avec son corps, elle se donne complètement dans l’exercice. Elle travaille à la barre, sans relâche, sept heures par jour. « C’était violent, se souvient-elle. J’ai beaucoup de respect pour cette formation. Elle forge notre caractère et nous apprend ce difficile métier qu’est la danse. Toutefois, il faut être un roc pour survivre et tirer son épingle du jeu. Véritable feu-follet, boule d’énergie, j’avais (et j’ai d’ailleurs toujours…) beaucoup de mal avec la discipline. Il fallait entrer dans un moule. Je n’y ai jamais tout à fait réussi. J’avais besoin d’évasion, de relâcher la pression. »

Les années Hip-Hop

Diplômée avec la mention bien, auréolée du prix Espoir du grand concours international de Paris présidé par Carolyn Carlson, la jeune danseuse, âgée de 19 ans, décide de tout quitter pour tenter sa chance à New York. « Il y a un gros paradoxe chez moi, explique-t-elle. J’ai suivi une formation très rigoureuse, très rigide, et pourtant j’ai un besoin viscéral de liberté. En sortant du Conservatoire, je n’avais pas beaucoup d’options. Une carrière de « fonctionnaire » de la danse s’offrait à moi dans un Centre national de chorégraphie et de danse. J’aurais eu un répertoire pour l’année, des dates de tournées et un confort financier appréciable, mais je me serais terriblement ennuyée. Ce carcan ne me convenait pas. Après toutes ces années, enfermée dans un monde exclusivement voué à la danse, j’avais besoin de liberté, de renouer étrangement avec mon corps et d’une danse plus instinctive, plus animale. Sur un coup de tête, j’ai traversé l’Atlantique. » Arrivée à Manhattan, sans point d’attache, juste un sac à dos et un visa de touriste, Andréa Bescond enchaîne les petits boulots dans différentes compagnies de danse payés au « black ».  « J’ai même été modèle pour un artiste peintre, se souvient-elle. Cela a été très formateur. J’ai appris à connaître mon corps, à travailler l’immobilité, la patience et la réflexion. En me baladant dans les rues de la Grande Pomme, j’ai découvert le hip-hop, la danse urbaine. J’ai désappris la technique pour mieux utiliser mon corps. Ça a été très libérateur. » Après un an en terre américaine, la jeune femme revient en Europe, mais n’est pas décidée à poser ses valises. Elle fait le tour des compagnies européennes. Elle visite ainsi la Scandinavie, la Norvège et l’Allemagne. « C’était une super expérience, Raconte-t-elle. Je me suis littéralement éclatée. J’ai appris d’autres langues, j’ai appréhendé d’autres cultures. Pendant un an, j’ai travaillé ainsi passant d’un pays à l’autre. Dans ce périple, j’ai fait rapidement la connaissance de Blanca Li. Très vite, nous nous sommes plues et j’ai intégré sa troupe. L’aventure a duré plus de dix ans. J’ai interprété un grand nombre de ses pièces passant du Hip-Hop à la danse contemporaine. C’est une personne extrêmement loyale. Elle aime être entourée de gens avec lesquels peut s’établir une confiance réciproque. Ce fut le cas avec moi. Je lui dois beaucoup. Tout en étant étiquetée Blanca Li, j’ai commencé à travailler pour d’autres. Je faisais des happenings, des performances en body painting. J’ai testé de nombreuses choses afin d’exprimer mes émotions, faire parler mon corps. »

L'ère des comédies musicales

En parallèle des pièces chorégraphiques pures, Andréa Bescond se lance dans le monde des comédies musicales. Enchaînant les projets artistiques, les rencontres, la jeune artiste est toujours aussi avide de liberté. Incapable de se fixer ou d’appartenir à une seule compagnie, elle cherche d’autres moyens d’exprimer son art. Fonctionnant à l’instinct, elle cherche le plaisir et l’envie avant tout. « J’ai été rapidement attirée par les comédies musicales, explique-t-elle. J’étais curieuse de savoir ce que l’on ressentait face à une salle pleine contenant plus de 5 000 personnes, et de me frotter à l’aventure de groupe. Sur certaines pièces, on pouvait être entre 30 et 50 sur scène. C’est énorme. Une vraie connivence nous lie. » Passionnée dans tout ce qu’elle entreprend, la jeune danseuse s’intéresse à tout ce qui l’entoure. Amie avec les autres artistes de la troupe, elle va aussi à la rencontre des staffs techniques. Proche des régisseurs (euses), elle s’intéresse à la machinerie du spectacle. « Je me suis littéralement épanouie dans ce monde que j’égratigne gentiment dans mon spectacle, se souvient-elle avec humour. C’est une énorme famille avec laquelle on vit en vase clos durant des mois. Comme je suis entière, je me suis toujours investie à 200 %. J’ai adoré cette période de ma vie. On s’amusait beaucoup sur scène et en dehors. Dans Roméo et Juliette, j’étais une Capulet. Je devais être la plus méchante, la plus odieuse possible. C’était jouissif. Il y avait beaucoup d’émotion à jouer sur ce spectacle. C’était une très belle expérience. » Puis, il y a eu Les Dix commandements où elle fait partie des Hébreux. Le premier flop vient avec les Gladiateurs de Maxime Leforestier. « Un vrai plantage, avoue-t-elle, mais une très belle aventure humaine. J’ai adoré travailler avec Maxime Leforestier. Puis, il y a eu les tournées à l’étranger. Tu finis par ne vivre que dans les chambres d’hôtel. Tu perds pied et le sens des réalités. C’est ce que j’ai brocardé dans Les Chatouilles. Mais sincèrement, je ne regrette rien de cette période de ma vie. »

La rencontre

En 2008, Andréa Bescond est contactée pour participer aux Aventures de Rabbi Jacob, version comédie musicale, mise en scène par Patrick Timsit et dans le rôle principal Eric Métayer. « A l’époque, raconte-t-elle, le projet ne m’enthousiasmait pas vraiment. On me proposait de danser, je voulais jouer. Je faisais un rejet de cette passion dévorante qui m’habitait depuis l’enfance, j’avais envie de m’exprimer par des mots, de découvrir le pouvoir de la voix. J’ai pourtant accepté le contrat. L’histoire a tourné court, la comédie musicale n’a pas marché. Alors que je faisais la folle sur le plateau, Eric est venu vers moi. Il a rapidement décelé mon potentiel à créer des univers et des personnages. Il m’a poussée vers la comédie. La vie nous a réunis et cette rencontre sentimentale et artistique a été un virage important dans ma carrière. » Un an plus tard, le comédien- metteur en scène, travaille sur une adaptation théâtrale des 39 marches. Incognito, la comédienne en herbe passe l’audition. « Je voulais être prise pour mon talent, explique-t-elle, pas pour mes liens avec Eric Métayer. Ce fut une belle aventure qui m’a ouvert les portes du théâtre. J’étais plus que danseuse, j’étais aussi comédienne. » D’autres projets théâtraux ont suivi comme Le Train fantôme ou la tournée avec Garnier & Sentou mise en scène, par Arthur Jugnot et David Roussel.

Les Chatouilles

Mère d’une petite fille, Andréa Bescond est enceinte de son second enfant quand l’envie d’écrire une pièce se fait sentir. Equilibrée dans sa vie d’artiste et de femme, elle se penche sur un sujet tabou et délicat, la pédophilie. « Cela peut paraître étrange, s’interroge la jeune femmemais ce sujet me touche. Je suis une éponge émotionnelle. Je me nourris de ce qui m’entoure, de ce que les gens me renvoient. Quand j’ai commencé à m’intéresser à la question, j’ai été abasourdie par le nombre de victimes qui semblent exister dans une relative indifférence, une banalité ordinaire. C’est d’une violence hallucinante. La pédophilie existe, mais pour autant on ne cherche pas à la soigner, juste à la limiter, à la minimiser. Evidemment, dans mon spectacle, je me place du côté de la victime, mais je ne voulais pas tomber dans la caricature et faire du violeur, Gilbert Miguet, une personne infâme, horrible dégueulasse. Je le voulais humain. C’est un homme qui est malade. C’était important qu’on entende aussi sa voix. Je souhaitais qu’on comprenne que les gens comme lui sont foncièrement malades. Il était aussi crucial pour moi de mettre l’accent sur la non protection des victimes en France. La prescription pour les crimes de cette sorte est de 20 ans. C’est-à-dire qu’après 38 ans, une personne ayant subi des violences sexuelles ne peut plus porter plainte. Alors que les études montrent, que c’est à cet âge justement que les victimes d’actes pédophiles prennent conscience de ce qu’elles ont subi après l’avoir occulté par instinct de survie. » Après s’être richement documentée, avoir rencontré des avocats, des victimes, Andréa Bescond a souhaité porter son combat sur les planches. Sortir la pédophilie de l’ombre dans laquelle la société l’a plongée, pour enfin qu’on en parle autrement que dans les faits divers qui régulièrement ternissent le vernis de l’Eglise, de l’Education nationale, et de bien d’autres organismes. « Cette question concerne tout le monde, souligne la comédienne. L’actualité nous le démontre malheureusement trop souvent. Alors si en racontant l’histoire d’Odette, cette jeune danseuse, abusée par un ami de la famille au cours de sa tendre enfance et qui lutte pour se reconstruire, j’ai pu modifier le regard de la société sur la pédophilie et bouger un peu les lignes, c’est la plus belle des reconnaissances. » Afin de construire une histoire quelle soit vécue ou fantasmée qui sonne juste, authentique, la comédienne a travaillé d’arrache pied. Elle écrit, réécrit. « Je suis parti d’un récit que j’avais écrit, explique-t-elle, et j’ai improvisé. A cette époque, mon corps n’arrêtait pas de changer. Naturellement, j’ai eu le besoin de m’y reconnecter. Comme je fonctionne à l’instinct, sans réfléchir, que je suis impulsive, j’ai commencé à intégrer des mouvements chorégraphiques à mon texte. Avec l’aide d’Eric, j’ai mêlé tout cela pour que le spectacle soit équilibré, que ce que je voulais exprimer que ce soit la colère ou la joie soit parfaitement ressentie. Au vu du sujet, il fallait le ton juste, la bonne rythmique. On voulait aborder la pédophilie mais sous l’angle de la vie qui renaît. Il ne fallait pas que la pièce soit trop noire, on a donc essayé d’insuffler des touches d’humour, pour rendre le sujet abordable, plus digeste. » Succès lors des deux derniers festivals d’Avignon, triomphe au théâtre du petit-Montparnasse, Les chatouilles ou la danse de la colère font  salle comble. Le texte ciselé, la mise en scène sobre d’Eric Metayer, et l’énergie bouillonnante d’Andréa Bescond sont les principaux atouts de ce spectacle hors du commun. Lumineuse poignante, sans misérabilisme, elle aborde ce sujet difficile avec une douce pudeur, une belle retenue, et un humour sensible qui désamorce le drame sans le masquer.

L'après Chatouilles

Alors que les représentations touchent à leur fin, la jeune comédienne est déjà sur d’autres projets. « Depuis plusieurs mois, raconte-t-elle, on travaille avec Eric à l’adaptation cinématographique des Chatouilles. Lors du festival d’Avignon, l’année dernière, les films du Kiosque, nous ont approchés. Ils ont été emballés et touchés par la pièce et souhaitaient décliner l’idée pour le grand écran. Difficile de dire non, du coup, cela demande du travail, on ne voulait pas transposer le texte littéralement, comme l’a fait Guillaume Gallienne avec Les garçons et Guillaume à table. Il était important pour nous de se détacher du « Seul en scène » et d’écrire un film plus large qui ne reste pas autocentré sur Odette mais qui aborde les dommages collatéraux, inévitables dans le petit village où se situe l’action. » Si le tournage est prévu pour 2017, Andréa Bescond ne compte pas attendre dans l’expectative. Hyper active et passionnée, elle écrit actuellement sa deuxième pièce. Si le sujet reste encore secret, elle souhaite une nouvelle fois aborder un sujet de société qui la touche. Enthousiaste, vibrante, la comédienne vit au jour le jour, elle se nourrit des belles choses comme des moments tristes. Elle a une conscience aiguë de la vie et de sa richesse. Plus à l’aise avec les drames, elle s’en sustente pour n’en garder que le positif. En mouvement, jamais elle ne s’arrête. Elle prépare actuellement l’adaptation belge des Chatouilles. Et si elle remontera pour 4 ou 5 dates sur les planches dans la peau d’Odette l’année prochaine et notamment au Châtelet, elle aimerait passer le flambeau à une autre comédienne… pour donner une autre vie à cette petite fillette qu’elle a portée en son sein.

Olivier Frégaville-Gratian d'Amore pour l'Œil d'Olivier.

Les chatouilles ou la danse de la colère d'Andréa Bescond. Mise en scène d'Eric Métayer. Théâtre du Châtelet. Le 19 et 20 octobre 2016. 

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