Il Bugiardo, une farce italienne façon Alfredo Arias

Dans la pure tradition de la Commedia dell’arte, Alfredo Arias ressuscite avec virtuosité le théâtre de Goldoni. Dépoussiéré de sa rigidité classique, l’ensemble retrouve sa puissance comique, son souffle burlesque. Emporté dans un tourbillon où pantalonnades et pantomimes se succèdent à un rythme effréné, le public conquis, hilare se régale et déguste avec un malin plaisir cette farce ubuesque.

Au théâtre de l’Epée de bois, Alfredo Arias nous invite à Venise pour rencontre Il Bugiardo . © Tommaso Le Pera Au théâtre de l’Epée de bois, Alfredo Arias nous invite à Venise pour rencontre Il Bugiardo . © Tommaso Le Pera
Afin de retrouver le goût d’antan de cette facétieuse Respectant morale et bonnes mœurs, cette tragi-comédie, qui relève surtout du divertissement, vaut surtout pour le jeu pantomimique des comédiens et ses répliques ciselées. Joué en italien respectant ainsi le texte satirique de Goldoni, le spectacle nous entraîne dans une Italie baroque où les sixties, âge d’or de la Cinecittà, côtoie et embrasse le flamboyant XVIIIe siècle du dramaturge. Mariant les époques et les styles, n’hésitant pas à brocarder les errances d’un monde contemporain à la dérive dans un intermède railleur, l’espiègle Alfredo Arias ménage les effets et séduit un public hilare.

Porté par une troupe maniant à ravir la volubilité, l‘exubérance de la langue italienne, ce Il Bugiardo est une savoureuse gourmandise, une sfogliatelle des plus onctueuses à ne pas rater.bouffonnerie goldonienne, Alfredo Arias s’est débarrassé du superflu. Alors qu’en fon de scène, un immense panneau, rappelant quelques canaux vénitiens peints par Canaletto, nous plonge au cœur de la Sérénissime, quelques bois de palissade servent d’unique décor. Dans cet espace dénudé de tout objet, hommes et femmes se croisent, s’observent, se cherchent et se séduisent sous le regard vigilant de leur parentèle.

Le timide Florindo (introverti Lucchino Giordana) qui rêve de conquérir la belle Rosaura (flamboyante Marianella Bargilli), se fait damer le pion par Lélio (épatant Geppy Glejeses). Jeune patricien revenant d’exil, il est prêt à tous les mensonges, à toutes les contradictions, quitte à s’emparer des mérites d’un autre pour arriver à ses fins. Véritable affabulateur atteint d’une mythomanie démesurée, il s’invente une vie dorée de marquis. Se noyant dans ses propres mensonges, il finira dindon de sa propre farce.

Olivier Frégaville-Gratian d'Amore pour l'Œil d'Olivier.

Il Bugiardo de Carlos Goldoni. Mise en scène d'Alfredo Arias. Théâtre de l'Epée de Bois

 

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