Bicentenaire Napoléon et mémoire de l'esclavage: des «ombres» aux mensonges

Tout cela semblait joué d’avance. C’était dit de longue date, ficelé, soigneusement empaqueté et prêt-à-consommer. 2021 serait l’année du bicentenaire de Napoléon Bonaparte, mort à Saint-Hélène le 5 mai 1821. C’était oublier que dans la France d’aujourd’hui, on ne saurait commémorer en rond, entre soi, comme avant en somme, comme si cette société n’avait pas changé et comme si le roman dit national pouvait encore s’identifier aux fables édifiantes. Par Loïc Céry et Louis Sala-Molins.

Tout cela semblait joué d’avance. C’était dit de longue date, ficelé, soigneusement empaqueté et prêt-à-consommer. 2021 serait l’année du bicentenaire de Napoléon Bonaparte, mort à Saint-Hélène le 5 mai 1821. À notre tour, nation unanimement prosternée et prostrée devant le portrait du grand homme, il était dit par avance que nous allions rejouer tout au long de l’année le retour des cendres de l’empereur. Tout était prévu, pour concrétiser un hommage national pétri de reconnaissance filiale, fût-elle lovée dans l’inconscient collectif. Le pays, qui aime à se reconnaître dans le miroir sans teint de sa grandeur passée, de sa grandeur supposée, reconstituée et donnée en récit d’un roman qu’on dit national, devait égrener le long panégyrique d’un petit général corse devenu empereur des Français, conquérant de l’Europe et du monde, avant de connaître la destinée héroïque de l’aigle déchu à l’ombre immortelle.

Gloire, grandeur, héroïsme : rien ne devait nous être épargné au cours des prochains mois dans un récit en carton-pâte, et le dispositif est à la mesure du rendez-vous.

Si 2005 avait connu la dérobade des commémorations de la Bataille d’Austerlitz finalement sacrifiées sur l’autel de la concorde européenne, 2021, pour sûr, serait l’apothéose, l’année du grand frisson, même sous covid. 2021, cuvée du tressaillement de la Patrie reconnaissante à celui qui raffermit l’État à coups de codes, élargit les frontières à coups de canons, soumit les monarchies européennes à coups de népotisme. Et on est prêt, fin prêt. Prêt à feuilleter l’album : le 18 Brumaire, le Pont d’Arcole, le sacre, les conquêtes, l’île d’Elbe, les Cent Jours, Saint-Hélène. Sans oublier Joséphine, notre si chaste impératrice. On est prêt à revivre la fièvre de l’homme providentiel, du guide suprême, menant son peuple vers la lumière.

La victoire, en chantant, devait nous ouvrir la barrière.

napoleon

C’était oublier que dans la France d’aujourd’hui, on ne saurait commémorer en rond, entre soi, comme avant en somme, comme si cette société n’avait pas changé et comme si le roman dit national pouvait encore s’identifier aux fables édifiantes.

Car en fait, rien n’est dit ni écrit d’avance. Ni qu’on pourra nous resservir les balivernes d’antan, et édulcorer les boucheries militaires et civiles que furent les guerres napoléoniennes, sans que personne ne bronche ni ne moufte. Ni qu’on pourra confondre nation et projet de conquête, en passant sous silence ce qui relève simplement des crimes de guerre et d’un régime policier. Ni qu’on pourra, sans que cela ne gêne personne, relativiser ce que représenta la pure ignominie du rétablissement de l’esclavage dans les colonies françaises, décidé par le Premier Consul Bonaparte en 1802.

Cette indignité ne saura aujourd’hui passer simplement pour faire partie des « pages sombres » et des ombres de l’ère napoléonienne.

Car 2021, en guise de commémorations, marquera aussi les vingt ans de la loi du 10 mai 2001 portée par Christiane Taubira, reconnaissant la traite négrière et l’esclavage colonial comme crime contre l’humanité. Célébrer Napoléon en 2021, que chacun le sache, ce sera donc célébrer aussi la perpétuation volontaire, programmée et cynique d’un crime contre l’humanité.

Car s’il y eut crime, ce crime eut non seulement des commanditaires, mais de surcroît en Napoléon, ce crime tient son récidiviste : alors que la Convention avait aboli l’esclavage dans les colonies en février 1794 (suivant en cela le précédent de Saint-Domingue de 1793), Bonaparte qui un temps avait été tenu pour l’héritier des préceptes de la Révolution, les mit à bas au seul profit d’un parti colonial bien représenté au sein même du consulat, par Cambacérès entre autres (et par Joséphine elle-même, qu’on veuille ou non le reconnaître clairement).

Il s’agissait de facto de replacer hors humanité des milliers d’êtres humains qui d’un coup, s’étaient vu reconnaître le statut de citoyens en 1794 ; il s’agissait de les précipiter durablement dans l’immobilisme promis à des colons criminels, ivres de profit et d’asservissement, bouffis de la richesse accumulée grâce au régime servile.

Certes, la première abolition fut prononcée dans un contexte bien agité pour les différentes colonies et connut des fortunes diverses, bien compréhensibles en des temps si troublés : climat insurrectionnel en Guadeloupe et à Saint-Domingue, perpétuation de fait du travail servile à La Réunion (Bourbon nouvellement rebaptisée justement en 1794), non application de l’abolition en Martinique, grâce à la collaboration des békés avec les Anglais (l’île sera  sous occupation anglaise à partir de 1809)…

Pourtant, ce jour du 20 mai 1802 où il signe le décret de rétablissement de l’esclavage, Bonaparte se rend coupable d’une régression qui est d’abord un reniement.

Factuellement, ce retour en arrière privilégie l’intérêt économique des colons au mépris de la promesse républicaine d’émancipation, d’égalité et des droits de l’homme portés par la Révolution et illustrés par l’engagement d’un Abbé Grégoire ou d’un Danton. Il s’agit de fouler aux pieds ce rendez-vous avec l’histoire, marqué huit ans auparavant par ce moment où la Révolution se met en accord avec ses propres principes, profitant de l’activisme à Saint-Domingue de Sonthonax, commissaire de la République. Huit ans après, voici ce que signe le Premier Consul le 20 mai 1802 :

« Article Ier – Dans les colonies restituées à la France en exécution du traité d'Amiens, du 6 germinal an X, l'esclavage sera maintenu conformément aux lois et règlements antérieurs à 1789.

Article II – Il en sera de même dans les autres colonies françaises au-delà du Cap de Bonne-Espérance.

Article III – La traite des noirs et leur importation dans lesdites colonies, auront lieu, conformément aux lois et règlements existants avant ladite époque de 1789.

Article IV – Nonobstant toutes lois antérieures, le régime des colonies est soumis, pendant dix ans, aux règlements qui seront faits par le Gouvernement. »

 Ceci est une ignominie. Mais ceci est l’histoire de France, l’histoire de tous, derrière le décor. Elle ne doit pas heurter seulement la conscience de ceux qui se sentent les « descendants » directs ou indirects des victimes de cette barbarie, et cette histoire ne saurait se résumer à une teinte un peu plus sombre, à côté de pages plus lumineuses.

 Aujourd’hui, on ne nie pas cette barbarie (comment le pourrait-on ?) : on l’édulcore, on la reformule, on la « contextualise » et on la relativise. À la faveur d’une constante rhétorique de l’atténuation, on révise en somme.

Les ripolineurs du passé n’ont pas attendu bien longtemps, en ces premiers jours de janvier 2021.

Inaugurant une nouvelle émission en partenariat avec Le Point, LCI avait invité sur son plateau vendredi 8 janvier deux historiens des plus distingués en matière de consulat et de premier empire, Thierry Lentz (directeur de la Fondation Napoléon) et Patrice Gueniffey. Ils étaient accompagnés par l’ancienne ministre Michèle Alliot-Marie.

Et on comprend qu’en cette année glorieuse, en effet et décidément, rien ne nous sera épargné. Et surtout pas le cocktail imbuvable qui nous est régulièrement resservi dès qu’il est question ne serait-ce que d’essayer de reconnaître l’énormité de ce que Claude Ribbe avait justement nommé en son temps Le crime de Napoléon (rééd. Cherhe-Midi, 2013). Dans l’émission donc, entrée en matière de Patrice Gueniffey :

 « Quand on a un personnage comme ça, qui est à la fois un personnage universel et unique – parce que je crois que depuis Alexandre Le Grand et César, personne ne peut lui être comparé –, il faut en être très fier. […] Cet amour de la gloire et de la grandeur de la France s’est réinvesti dans l’aventure coloniale à partir de 1830, qui a été une grande chose malgré ce qu’on en dit aujourd’hui. »

 

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 Mais c’est bien au moment où Étienne Gernelle décide d’aborder la fameuse « page sombre » qu’on se lâche pour de bon.

Tour à tour, Michèle Alliot-Marie rappelle l’absurde anachronisme qu’il y aurait à « regarder avec des yeux d’aujourd’hui quelque chose qui s’est passé dans un contexte complètement différent. » Gernelle tempère alors : « Tout de même, le sujet c’est l’esclavage ! »

Après l’absurde anachronisme, il s’agit bien de dire où est l’anti-France, devant les images du déboulonnage de la statue de Joséphine de Beauharnais née Tascher de la Pagerie, en mai dernier à Fort-de-France. Après que Patrice Gueniffey a parlé à leur propos, d’ « actes barbares » qui n’auraient certainement pas épargné « la malheureuse » si elle avait été vivante, Thierry Lentz précise :

 « Vous pensez bien qu’ils se moquent bien de Napoléon ou de Colbert ou de qui que ce soit : ils ne savent même pas qui c’est. Ce qui compte c’est de s’attaquer à quelque chose qui est vraiment dans l’âme de la nation, et c’est ça qui est visé. »

 Et puis plus loin, Patrice Gueniffey assène ce qui est censé être le coup de grâce, l’argument d’autorité qui va pour de bon reléguer tous ces barbares, tous ces sauvages qui ont osé s’en prendre à la statue de Joséphine, dans les ténèbres extérieures qu’ils n’auraient jamais dû quitter. Le docte historien le dit bien : l’esclavage, après tout, fut toujours pratiqué en tout temps et en tout lieu, ce qui tend à relativiser amplement la faute imputée à son empereur. Il dit ceci :

 « Napoléon vient au terme d’une histoire où l’esclavage a été une réalité universelle. Tout le monde a vendu des esclaves. C’était un moyen considéré comme normal pour fournir une main d’œuvre, c’était le sort des vaincus dans beaucoup de cultures et de civilisations… Bref, en le replaçant dans son contexte, on permet de le comprendre. »

 Nous voilà donc une fois de plus, une fois encore devant cette fameuse imputation d’universalité et d’intemporalité accolée à l’esclavage : depuis que Pétré-Grenouilleau lui a donné ses lettres de noblesse, cet argument est le plus sûr moyen de diluer soigneusement la traite négrière transatlantique et l’esclavage colonial dans une contextualisation qui annule leur spécificité, de les soustraire à toute unicité, pour les fondre dans le continuum intemporel de la permanence de l’esclavage, de la plus haute Antiquité.

C’est cela, replacer les choses dans leur contexte.

C’est ce que, dans les cercles autorisés, on nomme « histoire globale », et qui relève plus exactement, non seulement d’un dévoiement considérable de l’histoire globale comme méthode et discours historiographiques, mais surtout, de la plus haute falsification portée à l’endroit de l’irréductibilité factuelle de l’esclavage colonial. Mais en dépit des déconstructions minutieuses de cette réelle idéologie de révisionnisme qui ont déjà eu lieu depuis bien des années, l’argument, pour éculé qu’il est, est censé faire mouche encore une fois.

Et ne négligeons pas le fait qu’il fera encore mouche auprès de tous ceux qui ne connaîtraient pas déjà les tenants et aboutissants de cette vaste manipulation des faits relatifs à un crime contre l’humanité, par sa relativisation forcenée, la négation répétée de ses caractéristiques incomparables, la volonté d’en voir dissoudre toute approche spécifique.

Il s’agit là, ni plus ni moins, que de la plus lamentable supercherie prétendument historiographique qui s’est cristallisée au début des années deux-mille, avant d’être combattue pied à pied et d’être finalement pulvérisée ultérieurement, et surtout démontée pour ce qu’elle est, répétons-le : une idéologie conçue pour absoudre le crime d’asservissement porté par cette « grande aventure » de la colonisation, pour reprendre les termes du docte historien.

Alors oui, l’intérêt de tout cela est certainement de présenter comme en un précipité chimique, les éléments que nous verrons ressortir tout au long de cette année, n’en doutons pas, et par-dessus tout cette volonté forcenée de vider de sa substance l’unicité de la traversée du Milieu et de l’esclavage plantationnaire

 En somme, en quelques petites minutes, sur un plateau miniature, on a pu entendre se déployer les stratégies de manipulation les plus éhontées, décomplexées, débonnaires à l’endroit de l’esclavage colonial. Et nous sommes au début de 2021. Trois des poncifs les plus éculés et les plus habituels de ce qui est censé valoir court-circuitage de la mémoire d’un crime : sa triple relégation vers l’anachronisme, la barbarie et l’attaque de « l’âme de la France », tout ceci rehaussé par l’argument massue de la permanence de l’esclavage en toutes époques. Écoutons tout cela :

 

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On aura également distingué que la parade a déjà été prévue : quiconque mettra sur cette horreur la lumière nécessaire, quiconque se mettra en travers du chemin des thuriféraires de Napoléon se verra taxé bien entendu des pires turpitudes, et on connaît le refrain : en plus de l’anachronisme, de l’anti-France, de la barbarie et de l’ignorance des grandes permanences de l’esclavage dans l’histoire, il ne faut pas oublier le communautarisme, la victimisation et qui sait… le « séparatisme ».

Alors quand Thierry Lentz précise : « il y a des gens complètement raisonnables, sur ce sujet-là : il y a des historiens antillais, métropolitains, africains qui travaillent sur ces sujets et avec qui on travaille de façon tout à fait parfaite », il est vrai qu’aujourd’hui, en ce début d’année, nous n’avons pas du tout envie d’être « raisonnable », comme le voudraient ces messieurs : bon citoyen, avec la raie sur le côté et la chemise propre, reconnaissant que la colonisation fut une grande chose.

Comme Césaire, nous avons une singulière envie de nous adresser à nous-mêmes le conseil qu’il adressait à Depestre : « fous-t-en Depestre fous-t-en […] marronnons-les Depestre marronnons-les comme jadis nous marronions nos maîtres à fouet » (1) Nous ne voulons pas être raisonnable face à ce déferlement qui s’annonce, nous allons maronner leur raison folle et dénoncer leur déraison.

Car devant ce flot, qui n’est qu’une mise en jambes pour ces gens en cette année de pâmoison impériale, que faire en effet, quelles alternatives se présentent-elles à nous ?

S’indigner seul devant sa télé, se fendre d’un tweet vengeur, éructer à titre ponctuel, ou essayer de mettre tout cela en perspective ?

Il vaut mieux choisir la dernière voie, la moins aisée, la moins immédiate et certainement celle qui exige le plus de tout un chacun, pour savoir prévenir qu’aujourd’hui en France, rien de tout ceci, de toute cette litanie vermoulue ne sera débité sans réaction. Avant tout, réaffirmons la liberté pour chacun, de s’enfermer s’il le désire, dans une relativisation telle de l’histoire, qu’au bout du compte, en circuit fermé, il alimentera sa propre marotte.

Certes, on est libre de faire ça, pour soi et dans son cercle d’affidés. Et la marotte napoléonienne, on le sait en France, existe depuis Napoléon lui-même – des enfants jouant aux petits soldats de plomb aux historiens peu ou mal éclairés retraversant le pont d’Arcole chaque matin dans leur tête.

Mais il faut surtout prévenir tous et chacun qu’aujourd’hui, au-delà de la stricte liberté de dire n’importe quoi qu’il ne s’agit pas de mettre en cause le moins du monde, les balivernes, mensonges et édulcorations des crimes de Napoléon dans le monde et envers ceux qu’il avait relégués en sous-humanité… ça ne « passera » plus.

Et ça sera systématiquement, sérieusement et méthodiquement démonté, pour être dénoncé pour ce que tout cela désigne : une cécité têtue aux malheurs semés sur sa route par un despote qui dévasta l’Europe avant d’être stoppé net dans son délire de nouvel Alexandre aux pieds tricolores, auto-proclamé et auto-couronné empereur.

Une faculté rare de s’arranger avec la réalité historique quand elle vient contrecarrer un tropisme de vénération et un culte du grand homme. Une indifférence tenace à la tragédie humaine qui s’abattait sur des centaines de milliers de femmes, d’hommes et d’enfants (non des matricules, mais des êtres humains) maintenus sous le joug d’une exploitation bestiale, sans qu’aucune voie de sortie ne soit dessinée, avant les révoltes ultérieures et le combat des abolitionnistes. Une surdité aux malheurs qui n’ont point de bouche. (2)

Mesdames et messieurs, napoléoniens pavloviens au bicorne imaginaire, à la main-sous-le-gilet d’opérette, votre héros fut le massacreur de 3000 prisonniers à Jaffa en 1799, votre grand homme fut le bourreau de l’Espagne martyrisée, pillée, violée, piétinée, votre champion fin stratège mena des milliers de soldats à la mort et saigna la démographie de son propre pays.

Votre génie politique créa le Code civil et le Code pénal, quand pour ceux qu’il avait précipités à nouveau dans les champs de canne, dans les chaînes et dans les cachots, le seul code qui prévalait, c’était le Code Noir les condamnant à n’être que des biens meubles en sursis. Rien ne vous interdit de vous prendre pour des grognards de la Grande Armée et rien n’interdit à Michèle Alliot-Marie de se pâmer devant le portrait  de Bonaparte peint par Gros :

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 Mais au-delà des commémorations, des jubilés et autres prétextes à frisson, l’histoire n’est pas un champ de projection d’un orgueil collectif imaginaire, « Car la vie n'est pas un spectacle, car une mer de douleurs n'est pas un proscenium, car un homme qui crie n'est pas un ours qui danse. » (3)

La vraie grandeur d’un pays sorti des illusions puériles de la force militaire qui n’a qu’un temps, la vraie noblesse d’un corps social devant son passé, réside en cela : savoir distinguer le mirage de la gloire et la réalité des tribulations. Seule la République, pas l’Empire, fut le début vrai de cette émergence du peuple français des limbes du despotisme qui asservit. Marronnez avec nous, loin de Bonaparte, et avec ceux-là qui furent sanglants et nus. (4)

Loïc Céry, auteur de Édouard Glissant, une traversée de l'esclavage / Louis Sala-Molins, écrivain et philosophe

 (1) Aimé Césaire, Réponse à Depestre poète haïtien (éléments d’un art poétique), revue Présence africaine, 1955. Cité dans : Aimé Césaire, La Poésie, édition établie par Daniel Maximin et Gilles Carpentier, Paris, Éditions du Seuil, 1994, p. 545-546. Poème repris dans sa seconde version sous le titre « Le verbe marronner » dans Noria, ibid., p. 481-483.

(2) Aimé Césaire, Cahier d’un retour au pays natal : « Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n’ont point de bouche, ma voix, la liberté de celles qui s’affaissent au cachot du désespoir », La Poésie, 1994, p. 21.

(3) Aimé Césaire, Cahier d’un retour au pays natal, p. 21.

(4) Édouard Glissant, « La Traite » XLVI, Les Indes, Poèmes complets, Paris, Gallimard, 1994, p. 143 : « Je sais, moi qui vous parle, ô astre, que ceux-là furent sanglants et nus ! »

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