[11 avril] Mobilisation à Landivisiau

Au hasard d’un rond point je suis tombé sur une affiche aux couleurs vives. On y lit que le rendez vous  est donné au cheval, à 10 heures, le samedi 11 avril ! Si, si, vous avez bien lu : « au cheval » … Vous savez, celui qui trône, immobile, derrière la mairie, à Landivisiau. Vous  le reconnaîtrez ; sa tête est fière, ses oreilles dressées en avant et il écoute.

Au hasard d’un rond point je suis tombé sur une affiche aux couleurs vives. On y lit que le rendez vous  est donné au cheval, à 10 heures, le samedi 11 avril ! Si, si, vous avez bien lu : « au cheval » … Vous savez, celui qui trône, immobile, derrière la mairie, à Landivisiau. Vous  le reconnaîtrez ; sa tête est fière, ses oreilles dressées en avant et il écoute.

        

En fait, il hume le vent de mobilisation qui parvient à ses naseaux. Le vent ce jour là, vient de l’autre côté de la ville, au nord de la voie express, dans la zone artisanale du Vern. Il est chargé de colère et il sent la tension monter. Sa queue s’est immédiatement dressée,  immobile. Il y a des signes qui ne trompent personne.

         En ce samedi 11 avril, il entend des dizaines de centaines de personnes qui occupent le terrain acquis  par Direct Énergie pour le projet d’une  centrale à gaz.

         Cette centrale, c'est la marotte de Ségolène et de Jean Yves. Initiée par Sarkozy et Besson. Jean Yves en a fait son idée fixe. Et le projet, peu à peu, prend corps. La ministre Delphine l’a autorisée, les  études de sol ont eu lieu, le préfet a signé le permis de construire et  un arrêté de destruction des espèces protégées. Il en a d’ailleurs oublié une, celle de l’escargot de Quimper.

         Le cheval a déjà entendu les hommes qui militent contre ce projet. Mais maintenant le terrain de 11 hectares est  clôturé et le cheval se sent piégé. Il faut dire que le projet est important, il a entendu l’autre jour au marché (qui a lieu tous les mercredis à côté de lui) que l’hectare s’est négocié entre 180 à 230 000 euros. C’est que l’herbe est bonne s’est il dit. Et en plus, l’opérateur empocherait 40 millions d’euros par an dans l’hypothèse où la centrale ne fonctionnerait pas. On ne sait jamais par ces temps qui se réchauffent.

        Ségolène doit signer maintenant deux autres arrêtés pour la construction d’un gazoduc géant de 110 kilomètres de long et celui d’une ligne THT enterrée. 

       Alors le cheval écoute et il entend la révolte qui gronde. Il a choisi son camp, lui.

       Il ne bougera pas de derrière la mairie tant que ce projet ne sera pas enterré.  Et il remercie toutes celles et ceux qui, en ce samedi 11 avril 2015,  sont venus lui apporter leur aide.

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