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Billet de blog 10 juin 2017

Macron, le rouleau compresseur se met en marche

Le rouleau compresseur est en Marche. Emmanuel Macron devrait obtenir une majorité absolue à l’assemblée, dans ce qui s’annonce être un raz de marée historique dont les conséquences sur le modèle social et la démocratie s'annoncent préoccupantes.

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Les pleins pouvoirs seront d’autant plus renforcés que les candidats investis par le président appartiennent, dans une écrasante majorité, aux couches sociales les plus favorisées. Dirigeants d’entreprises, cadres supérieurs aux très hauts revenus et anciens élus PS et LR recyclés côtoient 17 lobbyistes de métier et individus faisant l’objet d’enquêtes judiciaires pour comptes privés offshore ou abus de biens sociaux. Un formidable concentré de cette France de privilégiés s’apprête à remplacer les politiciens de métier à l’Assemblée nationale.

Pour faire quoi ? Rien de moins que donner les pleins pouvoirs au président pour appliquer le programme du Medef, une destruction du modèle social français.

La méthode brutale consiste à recourir aux ordonnances pour imposer des textes non amendables, pendant l’été, et sous couvert d’un état d’urgence que monsieur Macron souhaite prolonger jusqu’à l’automne avant de l’intégrer au droit commun. Les syndicats sont prévenus, « le blocage ne sera pas toléré ».

Le contenu signe le triomphe du capitalisme financier. Les syndicats seront contournés par la négociation d’entreprise, et le plafonnement des indemnités de licenciement permettra de virer les employés fauteurs de troubles, et de faire pression sur les autres.

Le rapport de force largement favorable aux employeurs permettra de renégocier le temps de travail, les congés, la sécurité au travail et surtout les salaires.

Car le but est clair : faciliter les licenciements et réduire le coût du travail pour, en théorie, relancer l’investissement et donc l’emploi. Au diable les rapports de l’OCDE qui démontrent qu’il n’est pas plus difficile de licencier en France qu’ailleurs en Europe, ou que le coût du travail français est largement compétitif (et la productivité supérieure à l’Allemagne). Rien ne doit entraver la marche forcée de l’idéologie libérale.

La suppression des cotisations sociales, compensée par la hausse de la CSG, permettra via l’austérité budgétaire de fragiliser l’assurance santé. Jugée trop chère, elle sera remplacée par un modèle hybride, offrant aux intérêts privés le magot de la sécu pour déboucher sur un système à l’américaine dont l’inefficacité et le coût astronomique ne sont plus à démontrer.

De même, les retraités touchés de plein fouet par l’augmentation de la CSG approuveront la mise en place d’un système individualiste par point, détruisant au passage l’idée même de solidarité sociale héritée du conseil de la résistance.

Si tout se passe bien, ces retraites seront peu à peu placées sur les marchés financiers que Macron souhaite déréguler, tandis que les investissements boursiers et les œuvres d’art dont sont friands nos nouveaux députés seront sortis de l’ISF.

La déshumanisation de la société se poursuit, comme en témoigne la mise en place d’une politique migratoire répressive, dont le journal Le Monde révèle le côté absurde et inhumain. On fabrique aujourd’hui les terroristes de demain, et les électeurs du front national, parti qui progresse sur le fond de misère sociale qui s’annonce.

Retrouvez l’article complet et les sources ici.

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