Macron et la réforme de l'Etat

Dans la monotonie coutumière de ses discours, le président de la République a renoué avec son travers, un ton impérieux en donneur de leçons. Ferme dans sa décision de réformer l'Etat, son diagnostic pour justifier une telle entreprise est juste. Dans une France où toutes les couches populaires revendiquent plus de prestations sociales et pour les zones rurales désertées, un retour du service public, il n'est plus possible de satisfaire de tels besoins sans avoir recours à plus d'endettement, solution de facilité dont s'est servi ses prédécesseurs. Une seule réponse à cet enjeu, la réduction de la dépense publique et l'appel à de nouvelles recettes fiscales. Dans son discours de fin d'année, le président est demeuré inflexible dans son projet d'augmenter la CSG des retraites, régime qu'il trouve injuste, et de revoir à la baisse les indemnités de chômage pour inciter leurs bénéficiaires à se remettre au travail.

Sans attendre les cahiers de doléances et les conclusions du grand débat public attendus d'ici 3 mois, voici des pistes pour comprimer la dépense qui permettraient au président d'éviter un nouvel affrontement avec la violence des protestataires. La France de la grandeur prônée par de Gaulle, c'est fini. Il faut ajuster les ambitions de  notre corps diplomatique au rang de petite puissance auquel doit aspirer aujourd'hui notre pays. Les effectifs du quai d'Orsay, de ses ambassades et consulats avoisinent le nombre de 13.500, associé à des dépenses de représentation par trop somptuaires, sur lesquelles le gouvernement projette une réduction de 10% sur la durée du mandat du président. C'est largement insuffisant et il faut fixer un objectif de réduction de 50%. La France a une force d'intervention au Sahel de 4000 à 5000 hommes, de même elle participe aux cotés des Etats Unis à des opérations militaires en Syrie. Le président justifie notre présence militaire dans ces zones géographiques par la nécessité de protéger la France des attaques terroristes. L'Allemagne, première puissance de l'Europe, n'a pas besoin de dépenser ses deniers pour soutenir des opérations militaires extra territoriales  afin de lutter contre le terrorisme. Que le président rapatrie nos boys en France. Qu'il renonce à une politique partisane de la France Afrique en arrosant au titre de soutiens financiers  des potentats ennemis de la Démocratie. La Banque Nationale de France  fonctionne avec un effectif de 10 000 fonctionnaires. C'est beaucoup trop et il faut en réduire le nombre de 50% en demandant à son gouverneur de rechercher des synergies avec la Banque Centrale Européenne. L'exemple doit venir d'en haut. La présidence de l'Elysée et les ministères sont en sureffectifs avec des cercles de conseillers, viviers de technocrates souvent en doublon et refuges de l'élite de nos grands corps. Un ancien conseiller proche du président puis licencié parle d'une technocratie plus puissante encore qu'une mafia! Ceux-ci sont à la recherche d'une réputation qu'ils sauront vendre plus tard au privé. Que le gouvernement prélève sur ces effectifs pléthoriques pour renforcer les services du quai Branly largement insuffisants pour combattre l'évasion fiscale, sujet que le président dans son allocution n'a pas songé à évoquer. Que le gouvernement se fixe un objectif dès la 1ère année, récupérer 10 milliards d'euros et  deux à trois fois plus les années suivantes du mandat présidentiel .

Il existe certainement bien d'autres gisements d'économies dans le fonctionnement de l'Etat mais je ne doute pas que le grand débat s'y attaquera.

Ah, j'oubliais, le président a rappelé à ses concitoyens les services médicaux de très grandes qualités leur permettant d'être soignés à peu de frais grâce à leur couverture sociale. Il a juste omis de dire que la SS en réduisant d'année en année le remboursement des frais médicaux, les français ne peuvent y faire face qu'en souscrivant à une mutuelle fort coûteuse et hors de portée des bas salaires. Mais ce sont des considérations subalternes auxquelles n'a prêté attention aucun des conseillers de son discours.

Au travail Monsieur le président, la réforme vous attend...

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