L'Etat défaillant face à l'amiante et aux irradiés

Amiante, le déni de justice, c'est sous ce titre que Benoît Hopquin dans sa chronique L'AIR DU TEMPS publiée dans Le Monde du 4 juillet dénonce l'abandon par l’Etat de toutes les procédures engagées par les personnels exposés à l'amiante aux quatre coins de la France. C'est l'échec de vingt ans de luttes pour tenter d'obtenir un jugement sur la responsabilité de l'Etat à travers son système judiciaire dans l'abandon du petit peuple malade et tué par l'amiante. L'argumentaire de ce journaliste enquêteur et bien informé est imparable et ne peut que mobiliser les consciences de ses lecteurs. Ce grand reporter est loin d'être un inconnu pour ceux d'entre nous exposés dans leur jeunesse aux radiations des essais nucléaires conduit par la France pour la mise au point de sa bombe. Benoît Hopquin est ce journaliste qui en 2010 a retrouvé des témoins à charge de la catastrophe du tir nucléaire Béryl survenu le 1er Mai 1962 dans le Hoggar en Algérie. Nous étions au terme de la guerre d'indépendance et les deux pays concernés la France puis l’Algérie, furent peu soucieux par manque de scrupule de prendre en charge le sort des civils, militaires et populations locales durement touchés par des retombées radioactives échappées accidentellement de la montagne du tir. Aux yeux de l'Histoire et du livre ouvert en son nom par le tout nouveau président de la République, la France doit d'abord assumer son passé de la présidence de Gaulle à celle d'aujourd'hui et reconnaître sa culpabilité à défaut d'en indemniser les victimes qui pour les irradiés des essais nucléaires au Sahara sont en voie de disparition. Mais apparemment aujourd'hui Monsieur Macron a placé sa présidence sous les feux du futur.

Posons-lui cette question, peut-il nous dévoiler les engagements de l'Etat confrontés à une grave défaillance dans l'une de nos centrales nucléaires avec un risque d'irradiation pour les populations avoisinantes ou encore plus éloignées?

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.