La débâcle et la renaissance du socialisme

Dans un article publié dans le monde du 21 juin Charles Fiterman, figure emblématique du parti communiste sous l'ère Mitterrand, dénonce la fin du parti socialiste tel que nous l'avons connu, tout en appelant à sa renaissance et il en fixe les conditions. Il rappelle les raisons de cet échec à savoir défaut de clairvoyance sur la mondialisation et abus du néolibéralisme. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, la droite gaulliste matinée de centrisme a eu sa part de responsabilité dans le déclin de notre pays. Si je souscris à l'idée que le concept même du socialisme n'est plus qu'une utopie à l'aune de l'ère Macron, l'espoir d'une renaissance revendiqué par Charles Fiterman est chère au cœur de beaucoup de français. Que n'entendons-nous pas aujourd'hui à propos de l'irruption d'Emmanuel Macron dans le paysage politique? Ne va-t-on pas évoquer à titre de comparaison la mémoire d'un Napoléon fossoyeur des ambitions de la Révolution, à substituer au régime monarchique le pouvoir d'une Assemblée Nationale représentative de tous les français! Charles Fiterman voit dans le socialisme du futur le fédérateur des classes moyennes et populaires marqué en cela par son passé communiste de lutte des classes. Dans une France où la démocratie repose sur le bipartisme, toutes les classes de la société française sont éligibles à un parti comme à l'autre de droite comme de gauche. L'extrême droite sous l'étiquette du Front National a fait son lit sur la dépolitisation des forces vives qui composaient droite et gauche traditionnelles. Le fort taux d'abstentions aux élections législatives, plus d'un français sur deux, tendrait à le prouver. Des lendemains qui chantent attendent les français à condition qu'ils se mobilisent autour d'un programme de gouvernement crédible et rassembleur. Nous n'en sommes pas là. Les électeurs du parti en Marche n'ont rassemblé que 16,55% des inscrits au second tour des élections législatives soit un électeur sur trois!

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