L'Arme Nucléaire en France et le secret défense

La France dispose de la bombe atomique pour sa sécurité par la volonté du général de Gaulle président de la République. Notre arme nucléaire a été mise au point à la suite de campagnes d'essais conduites à partir de 1960 sur le sol Algérien, région du Sahara, et poursuivies en Polynésie. Rappelons que l'essai Béryl déclenché le 1er mai 1962 dans le Hoggar a tourné à la catastrophe avec l'émission d'un nuage radioactif qui a irradié les populations locales et contaminé les sols durablement sur un vaste territoire du Sahel. Le traité de non prolifération ( TNP ) dont les puissances nucléaires telle la France ont boycotté les discussions et refusé la signature, prévoit aussi une aide aux victimes de tests nucléaires. Entre outre, le traité prévoit une coopération internationale pour nettoyer les sites irradiés, soigner les cancers et les maladies dans les communautés touchées. Gageons que le président Macron lors de sa visite de travail de ce 6 décembre en Algérie ne s'est pas considéré tenu à engager la France sur les réparations dues aux irradiés de Béryl. Mais revenons à ce qui justifie cette prise de position à savoir le droit à l'information dont doivent disposer les citoyens sur l'emploi de l'arme nucléaire. A cet égard, le secret défense est une véritable chape de plomb imposée aux Français. Quand à l'utilisation de cette arme, il est souhaitable que nous connaissions le protocole imposé au président de la République pour sa prise de décision sur son déclenchement.Il est souhaitable de connaitre comment est encadré la bonne exécution de l'ordre donné, par l'autorité militaire. Là ne s'arrête pas l'exigence d'un contrôle démocratique du droit régalien dont dispose le président de la République pour la mise à disposition et l'emploi de l'arme atomique. Doivent être connus et approuvés par la représentation parlementaire, en toute transparence, le coût de l'entretien de l'arme nucléaire et de sa mise à niveau au fur et à mesure des avancées technologiques. Ces questions, je me les suis posées après la lecture dans le monde du jeudi 23 novembre 2017 de l'article intitulé La doctrine nucléaire des Etats-Unis en question. Cette enquête de la journaliste Nathalie Guibert apporte la démonstration que les citoyens américains disposent de telles informations aussi limitées soient -elles, sans entamer le secret défense. Il revient aux vétérans des essais nucléaires effectués par la France d'interpeler l'Etat sur ce déficit d'information.

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