Notre 5ième République trouve son épilogue avec l'élection présidentielle d'Emmanuel Macron et la disparition annoncée des partis traditionnels de droite et de gauche. Commencée avec le Général de Gaulle, son inventeur et sauveur, cette République a découvert semble-t-il avec Emmanuel Macron un second sauveur.

Depuis ces derniers quinquennats, notre pays est confronté à un déficit budgétaire incontournable qui d'une année sur l'autre alourdit la dette de l'Etat pour atteindre un niveau insurmontable. Notre société est affectée par un taux de chômage qui touche un français sur dix et plus particulièrement les classes populaires en manque de formation professionnelle. En portant Emmanuel Macron à la présidence, les français attendent les réformes qui permettront de redresser notre pays. Il n'est pourtant pas question d'accepter la remise en cause d'un contrat social qui remonte au Front Populaire de 1936 et qui a bénéficié dès la sortie de la guerre des conquêtes sociales de la 4ème République, voire de la 5ème.En effet, comment accepter le prix payé pour libérer des emplois à partir de la baisse des minimas salariaux et des prélèvements sociaux dus par les employeurs au prix si nécessaire de la réduction de la couverture sociale des plus démunis? Au regard de telles mesures si elles se confirmaient, comment accepter que les dirigeants de nos grandes sociétés qui peinent à doter le pays de nouveaux emplois du moins à hauteur de leur poids dans la richesse du pays voient l'éventail de leurs rémunérations progresser année après année dans des proportions de plus en plus injustifiées quand on les compare aux salaires des classes populaires. Comment admettre les propos des élus parlementaires qui justifient la rémunération indirect de leurs proches par la faiblesse de leur indemnité face à la lourdeur de leurs tâches et responsabilités? Comment défendre cette précarité quand la course à la députation attire de si nombreux candidats.

Mais que faire alors? Les réformes attendues par les français sont celles d'une plus grande justice afin de réduire et non d'aggraver les inégalités entre la France d'en haut et celle d'en bas. Que les patrons, et en premier lieu ceux du CAC 40, réduisent leur prétention salariale en signe de solidarité afin de rassembler la Nation autour d'un projet de redressement qui profite à tous et non à une élite de la France des privilèges. De telles considérations devraient inspirer la politique de réformes attendues d'Emmanuel Macron et de son gouvernement. Simultanément acceptons que l'état fasse appel à l'impôt et à la CSG afin de protéger les plus démunis tout en incitant ces derniers à adhérer à des programmes de formation adaptés aux besoins des employeurs.

En conclusion si la France a besoin de réformes celles-ci doivent  contribuer à plus de justice sociale.

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