Bling-bling, l'Ex tel qu'en lui-même

Dans un entretien publié le 5 juillet par le Monde, Nicolas Sarkozy s'est donné le beau rôle dans la gestion internationale de la crise engendrée par la défaillance du système bancaire en 2007 confronté aux excès de la titrisation. Revenons sur le contenu de ses confidences tant sur le fond que la forme. Rendre-compte de son action est un devoir pour un président de la République sans attendre 10 ans. L'ancien chef de l'Etat s'attribue l'initiative de la genèse du G20, institution coordinatrice des politiques économiques des grands intervenants dans le monde. Pourquoi pas? Plus surprenant et déconcertant pour ses concitoyens respectueux de la fonction présidentielle est sa pratique du tutoiement lorsqu'il évoque ses interventions auprès de la chancelière Allemande afin d'obtenir son soutien. La relation de la France avec L'Allemagne justifierait plus de respect mutuel. Le caractère bling-bling et exhibitionniste des propos de l'ancien président est à rapprocher du spectacle donné par Emmanuel Macron dans ses effusions très médiatisées avec le président des Etats-Unis. De telles démonstrations sont loin de répondre aux attentes des français qui ont voté pour lui, donnant crédit à sa promesse de faire baisser le taux de chômage. La France est prise dans l'étau de deux contraintes que n'ont su desserrer les deux quinquennats précédents à savoir l'incapacité à maîtriser le déficit budgétaire avec pour corollaire l'envolée de la dette publique. La réforme du code du travail et sa remise en cause du contrat social n'apporte aucune réponse à nos attentes sur les mesures économiques à prendre pour libérer les énergies afin de favoriser l'emploi. Réduire la dépense publique sans initiatives compensatoires nous laisse loin du compte.

Ils ne nous restent qu'à espérer ne pas avoir élu en Emmanuel Macron qu'une caricature de Nicolas Sarkozy!

 

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