Notre nucléaire, un cauchemar

Faudra t-il remettre en service nos vieilles centrales à charbon sans compter faire appel à la prolifération des champs d'éoliennes et de panneaux solaires sur nos maisons ?

En ces temps ci, les mauvaises nouvelles tombent sur EDF comme à Gravelotte. Après les déboires dans la construction de l'EPR de Flamanville démarrée en 2012 pour une durée de 5ans et dont la date de mise en service est repoussée d'année en année sans compter un dépassement de coût exorbitant qui ne cesse d'augmenter, voici qu'EDF nous annoncé coup sur coup que les deux réacteurs de la centrale de Flamanville qui n'ont rien à voir avec l'EPR, présentent des malfaçons sur des générateurs de vapeur, condenseurs à eau qui se transforme en vapeur pour alimenter les turbines productrices d'électricité et il est question d'envisager leur arrêt provisoire afin de les mettre à niveau du point de vue sûreté. Pour éviter toute rupture d'approvisionnement, la fermeture d'une centrale au charbon en Loire-Atlantique serait retardée. Dans les jours suivant, EDF fait état des mêmes malfaçons concernant seize générateurs de vapeur répartis entre six réacteurs susceptibles d'affecter leur sûreté dans cinq centrales aux quatre coins de la France. À ces seize générateurs de vapeur ainsi concernés, s'ajoutent, cerise sur le gâteau, quatre générateurs de vapeur installés sur l'EPR de Flamanville. Il s'agit encore de problèmes de soudure. La décision d'arrêter provisoirement les réacteurs en service dans les cinq centrales est entre les mains de l'autorité de sûreté nucléaire, l'ASN.

Face à cet enchaînement de mauvaises nouvelles qui frappent EDF alors que le gouvernement ne sait comment faire face au poids grandissant de la dette de l'établissement, le président de la République s'est muré dans le silence, lui qui en 2018 pour faire preuve d'autorité avait décidé lui même du choix de deux centrales parmi les plus anciennes du parc qui devaient fermer à brève échéance. Pourtant les enjeux sont de la plus grande importance quand la question va se poser à l'entrée de l'hiver des moyens de production pour faire la soudure avec l'interruption de service si c'était le cas, de 8 réacteurs avec les 2de Flamanville sur les 58 qui équipent nos 11centrales. Plus problématique encore est l'avenir de notre énergie nucléaire alors que se pose pour les prochaines années la question du renouvellement de notre parc par une génération d'EPR dont la construction du premier exemplaire à Flamanville accumulé les retards et les surcoûts.

La seule réaction du gouvernement jusqu'ici a été la désignation de Jean-Martin Folz pour un audit indépendant sur les causes du désastre de l'EPR de Flamanville mais nous ne connaissons toujours pas les objectifs précis de cette mission. Comme nous l'avons vu, le gouvernement n'est pas prêt de fermer nos dernières centrales au charbon.

Les difficultés rencontrées par EDF dans l'exploitation de son parc nucléaire font l'affaire du milliardaire Tchèque Kretinsky qui bien avisé a fait récemment l'acquisition auprès d'un tiers et à prix bradé de deux centrales au charbon à St Avold en Moselle et à Gardanne Bouches du Rhône dont la fermeture était prévue à brève échéance ! 

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