Ce 24 décembre le parlement populaire national Algérien a voté une loi visant les réparations dont la France est redevable pour les crimes commis au cours des 132ans de la colonisation de ce pays au premier rang desquels les conséquences imprescriptibles de nos essais nucléaires. Dans l'immédiat la seule réaction de la présidence de la République à cette initiative de l'Algérie lourde de conséquences pour l'avenir de nos relations a été celle du ministère des affaires étrangères par la voix du quai d'Orsay jugeant cet acte comme hostile. C'est la politique de l'étouffoir appliquée par la France depuis la signature des accords d'Evian du 18 mars 1962
En d'autres temps des réparations furent demandées à leur pays par les appelés du contingent enrôlés par milliers dans ces campagnes d'essais nucléaires à Reagan et In Ekker de 1960 à 1966 dont beaucoup d'irradiés moururent de leurs cancers et souffrance sans reconnaissance et encore moins d'indemnisation par les gouvernements qui se sont succédés sous cette 5ème République.
Il fallut attendre 50 ans avec en 2010 la loi Morin du nom du ministre de la Défense de l'époque pour indemniser au rabais les victimes qui avaient réussi à franchir toutes les étapes administratives dans l'élaboration de leur dossier. Leur prise en charge ne fut jamais considérée comme une cause nationale et aujourd'hui ils n'ont droit à aucun monument et musée . Tout fut mis en œuvre pour fragiliser leur demande de réparations. Sur les 17 essais le plus connu est celui de Béryl qui a tourné à la catastrophe le 1er Mai 1962. Ce jour là deux ministres étaient présents et furent irradiés mais pris en charge aussitôt pour leur décontamination contrairement à la troupe. Le premier Gaston Palewski ministre de la Recherche scientifique y attribuera la maladie dont il succombera alors que le second Pierre Messmer ministre des Armées dans un show télévisé exhibera son bicep pour prouver sa bonne santé. Plus tard Le Hervé Morin de la loi affirmera que les doses d'irradiations des victimes de nos essais ne furent que faibles .
Nos essais ont fait autant d'irradiés sinon plus c'est à dire des milliers parmi la population Touareg exposée à nos tirs mais aucun président de la République n'a pris en considération leur état de victimes pour les avoir utilisé sous la présidence de Charles de Gaulle comme cobayes plus ou moins que nos jeunes appelés. Cette injonction du Parlement algérien à l'adresse de son ancien colonisateur fait cause commune avec celle des oubliées côté français victimes de nos essais nucléaires. Je m'exprime ainsi en tant que témoin incontournable de l'essai Béryl.