Renault, tête d'affiche de l'évasion fiscale

Récemment, Challenges célébrait Le macronisme avec Jean-Louis Beffa qui dans un entretien a déclaré " Le macronisme survivra à Macron". Jean-Louis Beffa, ancien PDG de Saint Gobain, a été un grand patron toujours très écouté. Soulignons cependant qu'après son départ de Saint-Gobain, la plus  ancienne vitrine du capitalisme à la française, la compagnie est aujourd'hui en quasi perdition. Au fil des éloges dont il gratifie le Président de la République, issu comme lui de l'élite  de la technocratie française, Jean Louis Beffa pour élever le débat va jusqu'à lui attribuer le mérite de proposer dans le questionnaire du grand débat « l'obligation pour les PDG de payer leurs impôts en France ». Mais qu'a fait jusqu'ici Emmanuel Macron en tant qu’ancien ministre de l'économie et de l'industrie et aujourd'hui président de la République sans concession, pour dénoncer et sanctionner Carlos Ghosn, Président démissionnaire de Renault, qui depuis 2012 a choisi les Pays-Bas comme domiciliation fiscale pour échapper à une imposition plus lourde en France? Au détour de ses confidences à Challenges, Jean-Louis Beffa aurait pu s'interroger sur le rôle des administrateurs représentant l'Etat, 1er actionnaire de Renault avec 30% des droits de vote, dans la complaisance dont a bénéficié  Carlos Ghosn issu comme lui du prestigieux corps des mines.

 Jean-louis Beffa n'a pas poussé trop loin son analyse du questionnaire du grand débat à propos de l'évasion fiscale, oubliant d'évoquer le cas d'une grande entreprise du CAC 40 comme Renault qui depuis la décision d'un gouvernement socialiste en 2010 de délocaliser son centre de profit aux Pays-Bas pour bénéficier d'un taux d'imposition moins élevé, échappe à l'impôt en France. Ce sont ainsi des millions d'euros, des milliards d'euros d'une année à l'autre, perdus  pour le budget du pays. A l'instar de Renault, Schneider electric bénéficie de dispositions comparables.

Comment ne pas s'interroger sur le laxisme d'Emmanuel Macron qui arrivé aux affaires ne s'est pas penché sur le cas de Renault champion de l'évasion fiscale? Elu Président de la République et grand donneur de leçons au petit peuple quand il dénonce par exemple ceux des sans emploi, bénéficiaires de l'allocation chômage et font des conneries, comment ne pas lui retourner le compliment sur ses propres conneries!

Laissons la conclusion à Jean-Louis Beffa en lui demandant si l'évasion fiscale survivra à Macron.

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