Soldats en Algérie

Ce 27 septembre sur France Culture, l'émission "Les Pieds sur terre" que je remercie, a livré les témoignages de 2 anciens appelés confessant leurs vues  de "crimes de guerre" commis sur le terrain...

Appelé du contingent, sursitaire, classe 60 2B, après mes classes j'ai effectué mon temps en Algérie loin des zones de combats. Ma connaissance de la guerre fut très poussée, d'abord  à l'époque, avec la lecture des journaux dont mon quotidien le Monde puis  surtout après avec celle de la série  des ouvrages de l'historien Yves Courrière. Ma rencontre avec des anciens fut l'occasion d'évocations assez superficielles.

Ce 27 septembre sur France Culture, l'émission "Les Pieds sur terre" que je remercie, a livré les témoignages de 2 anciens appelés confessant leurs vues  de "crimes de guerre" commis sur le terrain alors qu'ils étaient confrontés aux attaques meurtrières des algériens. Ils furent l'un le complice, l'autre l' exécuteur de basses besognes. Le premier de la classe 57, fermier Vendéen, âgé de 80 ans a évoqué la torture de prisonniers. Le second, 78ans, ancien instituteur, a tué sur ordre un prisonnier après avoir vu les cadavres de deux camarades. Ces 2 hommes ont été marqués à jamais par leurs actes exécutés  en service commandé . Ils ont encore aujourd'hui la force et le courage de dénoncer les crimes commis au nom de l'Algérie française qui avaient pour noms "Les crevettes de Bigeard" et les "corvées de bois". La gravité de leurs propos sur l'antenne m'a profondément bouleversé et nous tous, anciens d'Algérie, au seuil de nos vies, avons le devoir de dénoncer ce que fut l'attitude de la France tous partis confondus, des socialistes aux gaullistes, en réponse à la volonté du peuple algérien de recouvrir l'indépendance de leur pays.

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