Desindustrialisation et chômage

D'année en année, des grandes entreprises françaises perdent le contrôle de leur actionnariat au bénéfice d'intervenants étrangers avec pour conséquence des suppressions et des delocalisations d'emplois. Dix ans après son démantèlement, la Compagnie Générale d'électricité, CGE, forte de ses 140 000 emplois n'est plus que l'ombre d'elle même. Après son éclatement Alcatel, fusionné avec l'américain Lucent en 2006 a été repris par le Finlandais Nokia en 2015 sans laisser de traces. Alstom est réduit à sa branche transport après la cession en 2015 à Général Electric, GE, de sa branche énergie qui représentait les 2/3 de ses activités. De son côté Thomson devenu en 2010 Technicolor ne vaut plus rien. Le cimentier Lafarge après son mariage réputé entre ego en 2013 avec son concurrent le suisse Holcim a été absorbé par celui-ci. Essilor spécialiste mondial des verres progressifs après son mariage entre égaux en 2018 avec le lunetier italien Luxottica risque de passer sous sa coupe. Aujourd'hui, Renault en perte de crédit auprès de son allié Nissan étudie un projet de mariage avec le groupe Fiat-Chrysler beaucoup plus puissant que lui.

Les pertes d'emplois en France vont ainsi se succéder. GE vient d'annoncer la suppression de plus de 1000 emplois sur un effectif de 6000 en France pour la branche énergie cédée par Alstom. Si Renault réussit son rapprochement avec le constructeur italoamericain, les synergies attendues conduiront à la fermeture d'usine en France.

Notre système productif fragile et vulnérable demeure la cible d'investisseurs étrangers à la recherche de rentabilité au prix de nouvelles suppressions d'emplois. Confronté à cette desindustrialisation qui a vocation à se poursuive, l'état français est un piètre arbitre sans défense. Comment escompter réduire le taux de chômage en France avec une telle déperdition d'emplois à laquelle s'ajoutera celle des sous-traitant, en laissant croire que l'avenir est dans le développement des services aux personnes. 

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