«Massilia Antifascista»

Environ 300 personnes se sont rassemblées sur le Vieux Port à Marseille jeudi soir vers 18 heures en mémoire de Clément Méric, militant anti-fasciste battu à mort par des skinheads la veille à Paris.

Environ 300 personnes se sont rassemblées sur le Vieux Port à Marseille jeudi soir vers 18 heures en mémoire de Clément Méric, militant anti-fasciste battu à mort par des skinheads la veille à Paris.

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«Il y a un peu beaucoup de drapeaux pour un tel rassemblement », râle un militant «antifasciste de cœur», qui craint les récupérations politiques. «Je ne pense pas que Clément aurait voulu aujourd'hui une minute de silence, alors criez», lance la représentante du syndicat Solidaire. «Massilia Antifascista», «No Pasaran !», hurlent les manifestants avant de scander le prénom du jeune homme.

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Puis ils commencent à remonter la Canebière pour rejoindre la préfecture des Bouches-du-Rhône derrière plusieurs membres d'Action antifasciste. Le cortège est rapidement stoppé par un barrage de CRS. Les policiers veulent les faire passer par la rue Breteuil plus bas. «Pour éviter qu'on s'approche d'un rassemblement de la Manif pour tous, en haut de la Canebière», croit savoir un militant NPA. Négociations, protestations -«police du capital», tentative d'échappée par la droite, renégociations... et les CRS reculent, sous les hourras, laissant le cortège emprunter la rue Paradis. «Merci, merci, vous êtes au top !», leur lance une jeune femme. «Ben non tu peux pas dire ça !», proteste son ami.
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De chaque côté de la rue, des policiers de la BAC en civil devancent le cortège. Gazeuse dans la poche arrière et tonfa à la main ou glissée dans la ceinture, ils sont casqués (pour certains de simples casques de moto).

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Le rythme est rapide. «Pas de facho dans les quartiers, pas de quartier pour les fachos». A l'angle de la préfecture, les manifestants se heurtent à nouveau à un barrage de CRS. «Les gazeuses, les gazeuses, vous avez des gazeuses ?», recommande un CRS à ses troupes. «Si c'était votre fils, vous ne pensez pas que vous seriez de l'autre côté ?», demande une vieille dame à un CRS. «Laisse, ils entendent rien avec le casque», lui indique son amie. «Ce qu'il faut virer, c'est pas les Roms, c'est pas les immigrés, c'est les fachos!», crient en piétinant les manifestants.

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«On va les recevoir en salle Erignac, tu peux bloquer ?», préconise un homme en costard de la préfecture. Il est 20 heures, la délégation partie à la préfecture, les manifestants repartent peu à peu par grappes vers les terrasses de La Plaine.

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