A la recherche de l'heure bleue

Pour moi, toute photographie est une quête, une recherche, une méditation sur cet objet insaisissable, multiforme et évanescent, la lumière. L'heure bleue est de ce ces moments, où la lumière se pare de magie, et apparaît de nature à faire surgir toutes sortes d'enchantements et de sortilèges.

 

«  L’art ne reproduit pas le visible, il rend visible. » Paul Klee, Credo du créateur, in Théorie de l’art moderne.

«  Les beautés sont apparues de l’invisible pour t’inviter. » Djalal Od -Din Rumi, Odes mystiques.

 

 

heure bleue, matin, 15 mars 2019 © Lucile Longre heure bleue, matin, 15 mars 2019 © Lucile Longre

 

 

A la recherche de l’heure bleue

 

 

Pour moi, toute photographie est une quête, une recherche, une méditation sur cet objet insaisissable, multiforme et évanescent, la lumière. C’est cette quête de la lumière qui, en tant que photographe, nous fait nous lever avant l’aube et nous fait veiller toute la nuit, c’est cette recherche effrénée des mille et une métamorphoses de cet esprit de lumière qui nous fait avancer et courir encore, pour tenter, une fois de plus, d’en capturer l’essence, d’en fixer l’apparition ultime.

 

Pour ma part, après des années passées à traquer les levers de soleil, toujours recommencés, jamais semblables, je suis partie dans une nouvelle aventure, une nouvelle quête, celle de l’heure bleue.

 

Heure mystérieuse entre toutes, l’heure bleue, qui apparaît avant l’aube et après le coucher du soleil, est un moment indéfinissable, mystérieux et subtil, qui sait condenser en lui tous les sortilèges de la lumière. C’est un espace de temps charnière, entre le jour et la nuit, entre l’avènement de la lumière et la tombée de la nuit, une durée intermédiaire, à la limite entre deux mondes, comme flottant un peu sur la surface de réalité, un moment où le cours du temps ordinaire se retient un peu et où toutes sortes de choses peuvent arriver.

C’est une heure magique, où le cours de la réalité quotidienne se suspend quelque peu et où le monde des songes et des rêves reprend ses droits, c’est un temps pour les fantômes et les sortilèges, un temps de l’entre-deux, où toutes les créatures et les esprits de l’invisible se réveillent et peuvent se manifester. J‘aime ce moment-là, où l’univers des contes et légendes semble à portée de main, et où la présence des fées et des elfes se fait palpable et concrète. J’aime sentir leur souffle à mon oreille et la caresse de leurs mains sur ma peau. C’est un temps pour les amoureux des rêves, les fidèles du monde des songes, les amants de la lumière.

Car c’est cela, finalement, être photographe : c’est rechercher, à travers cette quête sans fin de la lumière, un passage vers l’invisible, vers cet autre côté de la réalité, cet au-delà du miroir ; être photographe, c’est croire en un autre monde, au-delà de la réalité ordinaire, au-delà de nos sens émoussés d’humains, être photographe, c’est croire en l’invisible et dans les sortilèges et enchantements de la lumière.

 

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