ici commence le jardin d'Eden

une échappée vers le jardin d'Eden, vers le jardin des origines, que je ne cesse de photographier et d'enregistrer, encore et encore.

                        

Chants d'oiseaux à l'aube, Yzeron, 7 mai 2018 © Lucile Longre
       ICI COMMENCE LE JARDIN D’EDEN

 

 Ecouter, dans le silence, écouter, seule,  n’être qu’une oreille, en compagnie des arbres, fleurs  et oiseaux.

Souvent, au printemps, je me lève à l’aurore, et tandis que je prépare mon matériel pour faire le timelapse du soleil levant, fenêtre ouverte, j’écoute les premiers oiseaux chanter. J’installe sur une table, à l’extérieur, l’enregistreur pour enregistrer ce concert matinal, et je retourne à mon travail photographique.

J’attends, fébrile, les premières lueurs de l’aube tandis que la mélodie des oiseaux prend de l’ampleur et c’est bientôt dans un véritable bain sonore que je suis plongée. Impression d’un matin du monde, de revenir à un univers vierge, pur et sans trace ; chaque matin est l’occasion d’une nouvelle renaissance.

 

Lorsque l’été arrive, divers insectes et oiseaux arrivent aussi, et l’on entend alors le bourdonnement insatiable des butineurs de toute sorte. Abeilles, bourdons, syrphes et papillons s’en donnent alors à cœur joie, sans oublier les guêpes et tout le petit peuple de l’herbe.

 

A l’été, outre les noces avec l’aurore, c’est  aussi à des épousailles avec les bruits de la nuit que je suis conviée. Je m’installe sur la terrasse, avec mon enregistreur, à la tombée de la nuit, et progressivement le chant des martinets, là-haut dans le ciel, fait place au chant des grillons, tandis que dans la campagne alentour, petit à petit, le silence se fait. Bientôt, on n’entend plus que les grillons et le bruit de la fontaine, tout est calme et paisible, c’est le temps bienvenu du repos.

 

Parfois, le ciel se réveille, et la pluie tombe alors  en averse, tandis que le tonnerre gronde en longs rouleaux, c’est comme des vagues de la mer qui rouleraient le long de la colline. Depuis la véranda, le spectacle des éclairs qui illuminent le vaste paysage est fabuleux, et l’on se  prend à souhaiter que l’orage dure un moment encore.

 

En automne et en hiver, l’ambiance sonore change, et dans la brume qui recouvre souvent le paysage, les sons paraissent plus atténués, comme ouatés. Dès que la neige se met à tomber, une sorte de silence se fait, et l’on entend alors le bruit sourd des flocons qui tombent sur le sol et les plantations. C’est une ambiance un peu irréelle, quelque peu magique et je n’ose bouger ni respirer de peur de troubler la  quiétude de ce moment et de ce lieu.

 

Le jardin, mon jardin, est bien un « paradis «  en réduction, comme un souvenir du jardin d’Eden ou des  jardins de l’ancienne Perse.

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