En attente de l'aube

J’aime ces heures d’avant l’aube, où tout est encore imprécis et indistinct et où l’on a l’impression que tout, et surtout l’inattendu et l’inouï, pourrait arriver.

 

en attente de l'aube, octobre 2020 © Lucile Longre

 

 

En attente de l’aube

J’aime ces heures d’avant l’aube, où tout est encore imprécis et indistinct et où l’on a l’impression que tout, et surtout l’inattendu et l’inouï, pourrait arriver. J’aime ces heures d’avant l’aube, dans la pénombre et le silence, à peine interrompues, parfois, par le chant d’un rouge-gorge ou d’un queue-rousse, je prends plaisir à regarder, dans ces heures d’avant le lever du jour, l’obscurité peu à peu disparaître au fur et à mesure que la lumière advient

 

Assise dans l’ombre de la demeure, j’apprécie de voir, par la fenêtre, le jardin peu à peu de se dessiner avec ses grands arbres et j’adore par-dessus tout guetter le premier chant d’oiseau, saluant le jour à venir. Et alors, dans le calme et le recueillement de ce moment, je sais pourquoi je suis venue au monde et la raison de ma présence sur cette terre, rendre grâce à la nature d’exister et d’enchanter, à chaque instant, mon existence et la vie de tous les êtres humains. Lorsque j’entends ces premiers oiseaux, à ces heures d’avant l’aube, j’ai le sentiment que je ne suis née que pour cela, écouter un chant d’oiseau s’élever, mélodieux et sublime, dans la nuit finissante.

 

A cet instant, un frisson me parcourt toute entière et une onde de joie pure comme un lac de montagne se répand dans toute mon âme, et je deviens la mélodie de l’oiseau saluant le soleil naissant, je deviens comme l’aile de l’oiseau, aussi légère qu’une plume, et je flotte sur cette symphonie ailée comme sur la mer des origines, enfin apaisée et délivrée de tout souci et de toute peur.

 

J’aime ces heures d’avant l’aube, quand tout paraît encore possible et imaginable, quand tout est encore à advenir, j’aime le calme et la paix de ces instants, dans le silence et la solitude, qui peuplent mon âme de toutes sortes de songes et de rêves, avant d’affronter le tumulte du jour à venir.

 

 

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