créer le merveilleux, au quotidien

On pense souvent que le merveilleux et l’extraordinaire ne peuvent venir que de contrées très lointaines et inexplorées. Cependant, il est possible de connaître aussi l’inouï, à côté de chez soi et de découvrir du merveilleux, dans un quotidien que l’on pensait pourtant bien connaître.

entre ombres et lumières, © Lucile Longre

Créer le merveilleux au quotidien.

 

 

On pense souvent que le merveilleux et l’extraordinaire ne peuvent venir que de contrées très lointaines et inexplorées. Il est vrai qu’apercevoir des photos de la panthère des neiges est souvent un plaisir rare, et que découvrir des photos du grand nord arctique et des animaux qui y habitent et n’ont jamais vu un être humain est souvent un moment d’une grande émotion.

Cependant, il est possible de connaître aussi l’inouï à côté de chez soi et de découvrir du merveilleux dans un quotidien que l’on pensait pourtant bien connaître.

 

J’ai toujours adoré découvrir de nouvelles choses, explorer l’inconnu, que ce soit dans le domaine des rêves et de la fiction, en lisant et écrivant des œuvres dépeignant un monde imaginaire et féerique, ou bien en laissant mes yeux et mes oreilles découvrir les beautés de notre planète, que ce soit en me déplaçant moi-même ou bien par l’intermédiaire de photos, de films ou d’enregistrements.

 

Depuis un certain nombre d’années, ma santé me contraint à réduire mes déplacements de plus en plus, et à présent, je ne puis guère aller plus que  dans mon jardin, et même parfois, je dois juste me contenter de le regarder depuis mes fenêtres.

Néanmoins, je n’ai jamais perdu le goût de la découverte, et le sentiment du merveilleux, de croire que si on le veut bien l’inouï peut surgir même des situations les plus ordinaires. Je suis photographe de nature depuis une dizaine d’années à présent, et je sais que jamais je ne pourrai produire de ces photos animalières de loups ou de renards qui vous enchantent, et que les paysages qui nous font rêver ordinairement ne sont pas pour moi. Je dois me contenter de ce que j’ai devant les yeux, soit mon jardin à Caluire, dans le Rhône, ou mon jardin à Yzeron, dans les Monts du Lyonnais, dont la vue est assez splendide, il faut le reconnaître.

Je suis limitée à ces deux jardins et d’aucuns me diraient qu’une fois que j’ai pris deux ou trois photos, ça y est, j’en ai fait le tour.

Eh bien, non, et c’est là qu’intervient le métier du photographe et la croyance du rêveur en un monde de l’au-delà du miroir, un monde de féerie, de contes et légendes, pour qui veut bien se donner la peine de regarder autour de soi.

 

Pour le métier du photographe, il y a au cours des saisons et des heures de la journée différentes occasions de varier les points de vue et les sujets. Ainsi, à Yzeron, les levers de soleil sont toujours fabuleux, et jamais un lever de soleil n’est semblable à un autre. A Caluire, les couchers de soleil et surtout l’heure bleue du soir peuvent être souvent assez fantastiques, et propices à la rêverie.

A différents moments de la journée, comme par exemple la brume à l’aube, ou bien les orages d’été pendant la nuit, le ciel peut prendre des lueurs incroyables, il suffit de guetter le moment opportun et de prendre les photos désirées, et alors, ce décor ordinaire devient tout de suite méconnaissable, et propre à susciter des envies d’inconnu et de découvertes prodigieuses.

Les différentes saisons composent des paysages qui peuvent changer du tout au tout, si l’on sait choisir ces prises de vue et varier les moments de la journée. Ainsi, pour illustrer un conte de Noël, des vues du jardin sous la neige, au lever du jour, seront les bienvenues, alors que des vues des arbres en fleur ou bien des roses épanouies pourront être des images propres à illustrer un poème en hommage au printemps. Je compose souvent ce que j’appelle des « vidéopoèmes », des poèmes en vidéos, où je fais voyager et rêver le spectateur grâce à la lecture d’un poème, illustré par des photos ou des vidéos prises dans un de mes deux jardins, ou, éventuellement, dans un autre endroit que j’aurai pu visiter.

Mon but dans ces vidéopoèmes, comme dans mes contes en vidéo ou dans mes autres œuvres visuelles, est de transporter mon public, le temps de la vidéo ou de la série de photos, dans une autre réalité, celle du monde des rêves et des contes et légendes, mais toujours à partir de mon cadre de vie quotidien.

C’est que je crois fondamentalement que, si l’on sait bien observer autour de soi, la réalité ordinaire peut s’avérer, en fait, être tissée de songes et de féerie. C’est ce que je m’efforce de faire connaître et comprendre par mes œuvres, qu’il n’est pas besoin forcément, d’aller au bout de la planète pour trouver des occasions de s’émerveiller. L’inouï et le voyage vers l’inconnu peuvent très bien commencer juste en regardant par sa fenêtre, pour qui sait regarder et observer comme il faut.

 

 

Pour qui voudrait voir des exemples de ma production, il peut

 

 

  • Voir mes contes en vidéo

https://vimeo.com/channels/1193097   l’enfant-loup

https://vimeo.com/channels/1428899   le retour du printemps

 

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