Il va falloir apprendre à profiter d'Internet

Il va vraiment falloir que je poste plus souvent, parce que je risque de ne pas pouvoir le faire très longtemps.

Une fois n'est pas coutume, voilà que je poste deux billets le même jour. Ne vous inquiétez pas, je ne prendrai pas trop de votre temps. Simplement, grâce à des collègues, je suis tombé sur un article du café pédagogique ( http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2018/12/12122018Article636801966942543096.aspx ) intitulé "Loi Blanquer : ce que la confiance veut dire".

Or le mot confiance semble pas mal polysémique dans le projet de loi. Il semble qu'il s'agisse d'une valeur à protéger à tout prix. Non pas en engageant plus de profs ou de moyens matériels : ne tombons pas dans la démagogie. Non, il faut faire en sorte que tout le monde ait confiance en l'école, peu importe ce qui s'y passe, ou du moins fasse suffisamment bien semblant pour que l'on puisse dire que tout va bien jusqu'au prochain buzz cataclysmique qui ne manquera de débouler sur la place publique. Et pour cela, il ne faudrait que des éléments séditieux viennent tâcher l'immaculée réputation de notre Mère à tous.

Cela amène au présent PROJEEEEET législatif. Nous serons, nous fonctionnaires de l'Education Nationale, surveillé-es sur le net. En outre, nous ne risquerons plus simplement des poursuites pour diffamation ou pour propos calomnieux comme tout un chacun, non. Nous pourrons être punis pour toute parole risquant de menacer le contrat de confiance scolaire. De là à dire que l'on veut faire taire toute critique de l'école venant de l'intérieur, il n'y a qu'un pas, que je fais le plus paisiblement du monde, tant que j'en ai le droit.

En effet, au rythme où vont les choses, les petites plaisanteries acides que je laisse à mes amis sur ce blog ou sur mes différents profils numériques deviendront assez vite éteintes par les circonstances. Elles, ou ma carrière, que je n'imaginais déjà pas très longue ne raison du climat régnant dans l'institution ces dernières années. Un climat qu'un jeune prof aigri par la destruction progressive de sa vocation pourrait qualifier de "foutrement merdique".

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