Nous ne sommes plus un état, mais un marché. Partie 1

Rien d’étonnant que plus rien ne fonctionne correctement dans un pays et un continent où le marché régit tout. Pour les ultralibéraux et leurs sous-fifres, l’ultralibéralisme doit administrer tout, et tout se fera à travers le fil tranchant de la finance sans limites. Dès lors si le chaos a une définition, nomme le Capitalisme.

Encore trop peu de personnes ont le courage de désigner sans équivoque, ce qui est à la genèse des catastrophes et désastres à répétition que subit notre société. Et pourtant, voici de ça des décennies et à la succession d’innombrables gouvernements, que notre continent et les pays qui constituent celui-ci se saignent pour l’épanouissement du marché et de ceux qui s’en délectent. Cela au détriment des populations, de leurs besoins et de la nécessité des services publics. Le fléau sanitaire que nous éprouvons en est une des conséquences et néanmoins, c’est le marché qui semble davantage mettre en émoi ceux qui passent leurs journées à œuvrer à le favoriser et à le renforcer. Oui, le capitalisme, sa finance, sont les responsables. La cause est ceux qui les servent. Ceux qui les servent sont le pouvoir politique de carrière, d’intérêt, d’influence et ceux qui acquiescent à leurs instructions par nominations, avantages, salaires.


Plus personne n’entend dorénavant ce qui est appelé gouvernement, puisque dans les faits, il n’en est pas un ; sauf quand cela permet de voter des lois, mais cela se fait contre la majorité pour une minorité de profit et visant ainsi à déstructurer l’état. Ce sont les collectivités, les organisations locales, les syndicats de travailleurs, les associations, les initiatives civiles, les Villes qui s’articulent et cela, sans les ministères. Car à travers les décennies d’autorités ultralibérales, la population a compris que ceux qui se présentent favorisés aux scrutins nationaux, accompagnés avec ferveur disséminée par les médias d’industriel, veulent continuer avec l’inchangé schéma dévastateur. Tout cela avec la collaboration des gens qu’ils nomment et la complicité des membres de leur classe sociale ; dès lors qu’ils sont prêts à se dévouer par intérêt individuel, pour le bénéfice de l’idéologie en vogue et leurs intérêts de classe. Alors du fait que nous n’avons pas la possibilité de lutter contre ceux qui braquent le pouvoir, nous abandonnons le devoir de faire un choix dans des bureaux de vote. Ces lieux où l’on y rencontre moins d’envies à cause des supplices décrétés et endurés pour leur marché, et où aussi certains élisent par défaut les moins pires. Et cela soulage grandement ceux qui réussissent à accéder à l’autorité suprême par la méthode de l’écœurement du politique, même si devant les éditocrates de connivence, ils déplorent que la démocratie en soit parvenue là. Mais de moins en moins de citoyens sont naïfs en écoutant leurs messages faussement attristés, face à des interviewers fictivement choqués ou justes, en ce jour et lendemain de scrutin qui n’en ait plus un. Alors, on se coordonne de plus en plus sans ceux qui conquièrent. Mais on persévère quand même à payer des taxes à un état qui n’en ait plus un. Ils utilisent nos impôts, nos cotisations et nos ressources, mais pour privilégier les marchés, la finance, le capitalisme, leurs entreprises et non pour le peuple. Mais je me demande jusqu’à quand la récolte se fera autrement que par leurs institutions dirigées par un élitisme se comportant comme des sachants. Je l’espère par des collectes et redistributions décentralisées, par nos fonctionnaires dévoués à la communauté entière, avec un contrôle et des choix budgétaires par les cotisants.


La population est de plus en plus consciente, par le fait de subir elle-même les catastrophes qui se succèdent et qui les mettent devant les réalités collectives. Elle s’engage depuis de nombreux mois à se jeter en cours de route hors de ce wagon-là. Cette rame dernière classe, que l’on nous a recommandée par impostures et traîtrises depuis des décennies. Cela va leur faire mal à ceux qui y restent dans ce train, vu qu’il se précipite et s’allège. Ce à quoi le conducteur de connivence et la classe business ne s'attendent pas, car ils se sont confinés dans leurs sphères, leur rame, sans prendre en compte l’intégralité de l’appareil, ceux qui l’ont construit et cela, jusqu’aux rails. S’auto-convaincent à longueur de journée que le trajet est agréable par le service rendu et excitant par la vitesse risquée. Mais le voyage va s’achever brusquement et de quelle façon ?


Voilà que depuis quelques mois, le pouvoir en vigueur et leurs initiateurs commencent à avoir l’angoisse d’un réveil de ceux qu’ils utilisent et manipulent : le peuple. Ce qui le démontre est la répression, l’autoritarisme, les discours de guerre qui sont désormais monnaie courante et reproduits par leurs classes sociales dont ils dépendent, contre ceux qui anciennement était baptisés « les sans dents » et dorénavant sont promus les « ceux qui ne sont rien ». Cela s’accompagne par le sang coulant dans les artères de nos rues ; le gaz qui nous fait vomir et nous brule les yeux ; les mutilations à vie sur les corps déjà meurtris par « l’effort budgétaire », les maladies, la productivité et la pauvreté ; cela par ceux qui sont supposés protéger la population, et non le capital et qui ont pourtant choisi « un camp » alors qu’il ne devrait pas y en avoir. Ceux qui nous dominent doivent douter à l’heure où j’écris leurs maux. Il y a de l’anxiété dans leurs cages thoraciques. L’incertitude revient de manière lancinante et douloureuse. Ça envisage un point de chute, au cas où. La confiance n’est plus tellement ressentie comme ils l’espéraient. Le vent tourne, mais ils se mentent et continuent à se ressasser que tout va bien pour eux. Mais la population qui souffre du capital et donc de leur réformisme, qui est de plus en plus grande, s’éduque politiquement à une vitesse qui ne s’est jamais observée dans la société. Cette prise de conscience ils ne l’aperçoivent pas, ils n’y supposent pas, ils préfèrent mettre cela sur du bluff quand on leur en bavarde. Les révoltes qui durent depuis des mois n’étant qu’une prémice. Aucun discours, aucune allocution et aucune propagande médiatique n’arriveront à contrer cela, au contraire ça s’accélère par une soif de justice et une envie de changement de cap de l’ensemble de la société pour l’humain.

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