Faut-il sauver le soldat Fatshi ?

Congo gagnera la bataille de sa libération. La récréation va vers sa fin avec la transmutation de l’épicentre de l’action politique vers un Gouvernement piloté et dominé par les vomis d’hier. N’ayant des comptes à rendre qu’à un Parlement régenté par la même oligarchie, celui-ci va cristalliser les frustrations et raviver l’aspiration au changement. Vérité des urnes est donc un sujet d’actualité

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A 70 jours de règne, UDPS et Fatshi se sont déjà bien illustrés : essai de bilan !

Son patriotisme est immense et exubérant ! Mais, souvent approximatives, voire complètement erronées, les explications de Christian Bosembe, dans son émission « Congo Buzz », ne sont que rarement, on en convient volontiers, à la hauteur de la noble et très haute ambition d’instruire et d’éduquer qu’il s’est assignée ; surtout lorsqu’il renie des évidences ou extrapole à partir des données lacunaires des sujets déjà largement scrutés par des institutions à autorité scientifique indiscutable. Mais, dans son épisode du 2 avril 2019 ci-dessus, le chroniqueur aborde l’un des problèmes cruciaux de survie de la Nation congolaise : la destruction des icônes nationales. Ceci s’inscrit dans la stratégie globale de liquidation du Congo. En effet, dans son projet d’anéantir notre Patrie pour s’en approprier officiellement des morceaux, Kagamé ne s’est pas seulement appliqué à démolir notre système éducatif et à y généraliser la corruption, il s'emploie également à humilier et à détruire les icônes congolaises. Il s’appuie alors sur les déficiences intellectuelles et morales des collabos scrupuleusement recrutés à cette fin. C’est une question de foi ; ainsi que l’affirme Daniel Polletti. Appréciez !

« Chance eloko pamba ! », paradigme plus que jamais d’actualité au Congo aujourd’hui !

Avant toute chose, pour quiconque saisit le mode de fonctionnement américain et, surtout, la personnalité controversée de Donald Trump, une évidence s’impose : quel que soit le génie de stratagèmes dont il a le secret, Hyppolite Kanambe, alias Joseph Kabila Kabange (Le Raïs) ainsi que la Kanambie se conjuguent définitivement au passé. Leur allié de circonstances, Félix-Antoine Tshilombo Tshisekedi (Fatshi), a une mission de transition à exécuter dans un contexte exigeant une extrême habilité. Qu’il la réussisse lui-même ou pas, il n’est pas nécessairement celui sur qui les Américains tablent dans leur volonté d’intervention directe au Congo pour stopper les influences croissantes et l’accaparement des minerais stratégiques par la Chine et la Russie. Fatshi sera toléré et soutenu pour faire de transition dans les limites de ce qu’il peut…

Hélas ! L’histoire de l’humanité fourmille des situations, au cours desquelles, de grands peuples ont été anéantis ; trahis par l’opportunisme matérialiste de leurs propres rejetons. Mais, Le paradoxe est également légion. De braves et glorieuses résistances patriotiques existent. Ainsi, succédant aux Burkinabè, les Algériens sont en cours de conquérir l’alternance politique et le changement par la simple pression de rue. Alors qu’au Congo de Lumumba et de tout temps, on a beau mobilisé la population et sacrifié les meilleurs de nos patriotes, il y a toujours de vils félons pour rafler funestement la mise. C’est dire que pendant que les vaillants patriotes se sacrifient pour la révolution libératrice, les lâches conspirent pour en profiter, allègrement ! Malgré les multiples expériences douloureuses déjà endurées, une nouvelle inextricable et saumâtre épreuve est en cours. En fait, à quand remonte la conjuration de l’UDPS et Fatshi contre des forces vives acquises au changement ? Honoré Ngbanda en situe le début du vivant d’Etienne lui-même et invoque les négociations de mai 2015ii. Depuis, les choses n’ont fait que s’empirer !

Félix Tshisekedi et l'Udps recadré par le professeur Yiombi Tona © MUNDOTV Flavien MUNKATU

Dans la conjoncture en cours, le plus angoissant réside dans le fait que ces opportunistes, profiteurs du martyr de Rossy Mukendi, de Luc Nkulula, de Thérèse Kanpangala et de bien d’autres encore, cumulent, aux tragiques faiblesses morales avérées et partagées, d’inquiétantes défaillances intellectuelles. Professeur Patrick Thona Yiombi parle d’idiotie et évoque même des problèmes de santé. Ne faut-il pas s’en inquiéter davantage ? Jadis, Kagame sélectionnait ses collabos en fonction des aptitudes « intellectuelles » de ces derniers à faire avaler des couleuvres à leurs compatriotes congolais. Boshab, Atundu et autres Mende, quasi passionnément, n’ont pas manqué de s’illustrer dans cette infâme vilénie. Et on voit où ils nous ont amenés. Au moment où l’épopée tutsi au Congo chemine vers son épilogue, force est de réaliser que le choix a été orienté vers les moins futés et les plus humainement démunis de la communauté afin qu’ils facilitent le dénouement mijoté. Car, après 70 jours aux affaires, il est devenu difficile de ne pas s’apercevoir que ce sont des maladresses, incompétence, ignorance et déficit de discernement qui caractérisent le règne de l’UDPS et Fatshi. Les lignes, qui suivent, se veulent un florilège aussi bien de la teneur que de l’ampleur, et c’est une litote, des bévues qui, ici et là, se répètent pour laisser entrevoir un aboutissement cataclysmique d’une trahison aux contours mal évalués. Il faut espérer que les intérêts et le dessein des Américains rejoignent occasionnellement les nôtre pour que la trahison en cours de l’UDPS et de Fatshi ne nous emmène dans un gouffre.

Pactiser avec le diable pour s’ostraciser et s’exposer !

Autrefois, faire allégeance à la Kanambie débouchait sur le double avantage de goûter à la mangeoire et de profiter des autres prérogatives de la kleptocratie ; notamment de l’hyper protection dans un pays où on est constamment exposé à des formes infiniment variées de danger. Mais avec la radicalisation du peuple congolais dans son rejet absolu de la Kanambie et la venue à sa rescousse, également bien affermie, par une large partie de la communauté internationale, toute coalition ouverte avec le régime honni de Kinshasa s’apparente désormais à l’auto-bannissement. C’est la quintessence du message résolument donné par l’engouement populaire aux élections du 30 décembre 2018 et leurs authentiques et mémorables résultats. Or, avec suffisance et triomphalisme, Fatshi a étalé sa fierté d’avoir conquis le rapprochement avec Le Raïs et conclu un pacte avec ce dernier. Surpris et infiniment abasourdi, le peuple congolais ne semble pas prêt à le lui pardonner. Comme tous ceux, qui l’ont précédé dans cette voie de suicide politique, Fatshi doit prendre conscience qu’aucun peuple au monde n’absout facilement ses traîtres. Mais il ne perd pas que son assise populaire ; ainsi que le déclarait sans ménagement l’ignoble criminel Thambwe Mwamba, Fatshi est désormais à la merci de ses encombrants alliés.

Les turpitudes de Jean-Marc Kabund confortent le verrouillage du débat parlementaire !

Député à l'Assemblée nationale, le Président ad intérim de l’UDPS a l’occasion en or de faire la démonstration de ses connaissances et de ses compétences en politique. Malheureusement, à ce jour, il s’est illustré par des positionnements alambiqués face à l’une des questions les plus sensibles traitées dans l’hémicycle : introduction de la motion incidentielle dans le Règlement intérieur de l'Assemblée nationale. En toile de fond, cette disposition prévoit de rejeter, sans débat, les motions de censure ou de défiance à l’encontre d’un membre de l'Exécutif. Une texture énergiquement défendue par le machiavélique roublard Evariste Boshab du FCC. Jean-Marc Kabund ne s’est pas fait prier pour défendre également cette disposition. Pourquoi ?

Lamentablement isolé dans un groupe très minoritaire dans cette auguste Assemblée, mais néanmoins appelé et logiquement mobilisé à soutenir, en priorité, l’action présidentielle dans une coalition de circonstances, dont il ne maîtrise pas encore les paramètres, quelles ont donc pu être les motivations du Président ai de l’UDPS pour rallier les positions de la puissante machine politique du FCC à ce stade ? A moins que M. Kabund croit encore plus aveuglement à son deal de dupes avec Le Raïs, nous serions plutôt portés à lire, dans ses présentes turpitudes, une incapacité à saisir la portée de la dangerosité du bourbier dans lequel il a entraîné l’UDPS à mettre pleinement les pieds et ne semble pas se rendre à l’évidence quand il donne encore plus d’armes et de latitudes à un adversaire ; qui attend le bon moment pour l’abattre. C’est dans la même veine que d’aucuns placent également l’apport de l’UDPS au FCC pour les sénatoriales.

La quête maladroite de légitimité d’extraversion !

Parti profondément transformé, c’est l’évidence même pour l’UDPS de l’après-Etienne ! Mais, peut-elle survivre avec le même aplomb ? C’est bien là toute la question ! Depuis son deal, Fatshi lui-même semble avoir réalisé qu’il n’est plus en complicité avec le peuple congolais ; mais bien sur une voie parallèle. D’où sa quête résolue de légitimité ou de complicité à l’étranger. Ici et là, on relève et salue ses avancées majeures ou des perspectives prospères à l’international. Mais il y a aussi des maladresses graves, voire des fautes politiques déroutantes, à l’instar de celles de Kigali, qui ne manqueront pas de conséquence. Le cas de la propension des Etats-Unis à le surprotéger est révélateur d’un dessein facile à deviner. En effet, en sanctionnant sévèrement les fabricants des résultats frauduleux, générateurs de son ascension à la présidence de la République, l’Administration Trump donne un message clair d’agir par étape, par phase et par pallier. Dans cette stratégie, Fatshi ne serait qu’un tremplin ; alors assigné à permettre le déracinement en douce de la Kanambie. Ainsi, celles que les Congolais ont longtemps et ardemment appelée de tous leurs vœux, la transition politique et la libération nationale, sont désormais en cours grâce et par la volonté de l’Oncle Sam. La trahison de Fatshi en aurait donc facilité et accéléré le processus. Toutefois, le receleur aura son tour pour rendre des comptes…

Faut-il sauver le soldat Fatshi ?

Fière d’avoir contribué à la tenue des élections de 2018, l’Eglise catholique congolaise ne réalise cependant pas que l’issue de ce scrutin a plus complexifié la donne politique du pays qu’elle n’a apporté des solutions. Alors qu’aussi bien en 2016 qu’en 2018, le peuple congolais était prêt pour une révolution populaire ; qui l’aurait définitivement libéré de l’emprise tutsi, les nantis calotins ne cessent de brandir le prétexte de la paix pour donner constamment des béquilles à la Kanambie et justifier, malgré eux, leur accompagnement de l’occupation. Mais, combien y a-t-il eu encore des morts depuis l’Accord de la Saint-Sylvestre ? La Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) doit urgemment se ressaisir et arrêter ses pénalisantes contradictions. Elles n’ont cessé de désorienter le peuple. Le récent appel de l’Archevêque de Kinshasa, Son Excellence Monseigneur Fridolin Ambongo, à protéger Félix Tshilombo de Joseph Kabila relève de la même rengaine traduisant la naïveté, sinon la complicité. En effet, l’évêque métropolitain aurait-il oublié que Fatshi a choisi lui-même, et en pleine conscience, de trahir et de faire allégeance aux bourreaux de son peuple ? Sait-il jusqu’où ce collabo est allé dans sa compromission et ce que le Congo peut encore payer en cherchant à s’immiscer dans un deal dont les tenants et aboutissants sont précieusement cachés ? Fatshi a surtout réussi la brillante parade de mettre tout le monde d’accord sur aussi bien ses aptitudes à rouler les autres dans la farine que sur son inconstance et son infiabilité. Le sauver alors de qui et pour quoi faire en suite ?

Par des Comités locaux de résistance patriotique, vers le soulèvement populaire !

D’aucuns ne cessent de préconiser le soulèvement populaire comme voie royale menant à la libération du Congo. Si cette virtualité entretient toute sa pertinence dans son articulation intellectuelle et stratégique ; ce pari apparaît fort risqué et hypothéqué dans le contexte actuel de redistribution bassement opportuniste des alliances ; à la lumière de l’inimaginable coalition UDPS-FCC, du deal Raïs-Fatshi, de la concession volontariste au FCC des voix par l’UDPS aux sénatoriales de mars 2019 etc… Comme souvent, dans ce microcosme politique congolais, le jeu des alliances se déroule à l’image d’un serpent qui se mord la queue. Si l’UDPS, à l’instar de PALU avant elle, ne s’offusque pas à célébrer fièrement sa fusion dans le FCC, quels positionnements faut-il logiquement attendre de ses nouveaux alliés objectifs du Mouvement Lumumbiste Progressiste (MLP) de Franck Diongo ou du Front pour la Survie de la Démocratie au Congo/Démocratie Chrétienne d’Eugène Diomi Ndongala ; que Fatshi vient de sortir de prison.

Quand on connait les capacités de mobilisation des masses de ces mouvements actuellement en quête de positionnement, tout appel spontané au soulèvement populaire au Congo apparaît comme un pari risqué et exposé à un échec palpable ; dont il serait difficile de se relever. Toutefois, le soulèvement populaire garde toute sa justesse et peut rester en point de mire comme objectif à préparer dès à présent ; notamment par la mise en place des Comités locaux de résistance patriotique. Du reste, l’aura et l’auréole, dont jouissent aujourd’hui aussi bien Martin Fayulu Madidi (Mafa) que « LAMUKA ! », n’invitent qu’à une telle stratégie !

Personnellement, je suis convaincu que le Congo gagnera incessamment la bataille de sa libération. Le deal de dupes se confirme bientôt avec la fin brutale et amère de la récréation, en cours autour de l’ignoble scénario à la présidence de la République ; dès que l’épicentre de l’action politique va se transmuter vers un Gouvernement piloté et dominé par les honnis d’hier. N’ayant par ailleurs des comptes à rendre qu’à un Parlement largement régenté par la même oligarchie méprisée et vomie par le peuple, ce gouvernement des collabos va cristalliser les frustrations et raviver l’aspiration au changement. Le combat pour la vérité des urnes est donc un sujet d’actualité, une préoccupation aussi bien majeure qu’incontournable et une aspiration inflexible pour un peuple désormais conscientisé et vivement mobilisé pour se réapproprier son destin. Ne prenons pas des lanternes pour des vessies ; car le changement n’est pas encore là ! Il est encore à conquérir et nous en serons des lauréats ; si nous réhabilitons Fayulu dans ses droits.


Eclairage,
Chronique de Lwakale Mubengay Bafwa

i « Quand les peuples ne croient plus en rien, ils sont prêts à croire en tout. Ceux et celles qui exploitent les peurs et les humiliations nourrissent des tentations bien plus fortes que celles et ceux qui tentent de porter des espérances. »

ii Le double jeu de Félix Tshisekedi : https://www.youtube.com/watch?v=GPNopP2baZk

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