Décrétée Année de Libération, 2020 est déjà à un quart consommée. Où en sommes-nous ?

Malgré les prévisibles désillusions brutalement récoltées, 2019 s’est soldée sur des élans prometteurs : le discours d’A. Muzito, invitant les Congolais à la guerre de Libération et l’Appel de M. Fayulu décrétant 2020 Année de Libération du Congo avaient ragaillardi le résidu des résistants et donné une feuille de route assez fascinante. Qu’en est-il aujourd’hui ?

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YOUYOU MUNTU-MOSI NUE, VERSION ORIGINALE. © kinshasa makambo

2020, Année de Libération du Congo !

Où en sommes-nous ?

Malgré l’option, vivement critiquée et rejetée par la diaspora, de la participation, fort redoutée, aux simulacres d’élections de la Kanambie par l’Opposition politique congolaise et ses prévisibles désillusions finalement brutalement récoltées, 2019 s’est toutefois soldée sur des élans prometteurs et, donc, dans une ambiance néanmoins réconfortante. En effet, le discours inattendu d’Adolphe Muzito, inaugurant son mandat aux commandes de LAMUKA par une analyse enfin réaliste de la situation politique réelle du pays et invitant le peuple congolais à la mobilisation en vue de la guerre de Libération, qui s’impose, contre le Rwanda ; les timides, mais malgré tout piquantes, tentatives de Martin Fayulu de lui emboîter le pas et, surtout, l’alléchant solennel Appel du Président élu, décrétant officiellement 2020 Année de Libération du Congo, avaient, ensemble, ragaillardi le résidu des patriotes congolais encore résistants mobilisés et déterminés, redéfini une orientation dans la mobilisation, désormais considérée comme ultime avant qu’il n’en soit trop tard et, somme toute, doté la résistance patriotique d’une feuille de route après tout assez fascinante. Qu’en est-il aujourd’hui ? Les lignes et pages, qui suivent, se veulent à la fois une volonté de faire le point sur une lutte collective, ressentie comme à un point mort, qu’une occasion recherchée pour s’appesantir sur de nouvelles pistes à explorer pour relancer et redynamiser le combat.

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Parler moins et dissimiler stratégiquement ce qu’on va faire, mais agir concrètement, amplement, même beaucoup et vite…

Pourquoi l’un des principaux ténors de la Résistance patriotique congolaise, l’Honorable Mike Mukebayi, en dépit de ses immunités parlementaires et malgré les interventions solennelles des plus hautes instances judiciaires du pays, annulant toutes les poursuites pénales contre lui, il reste néanmoins fermement écroué en prison, en véritable état de captivité ? Parallèlement, d’intempestives déclarations sur sa libération et d’oiseuses menaces à l’encontre des présumés commanditaires de l’acharnement judiciaire, dont il est victime, ne cessent de s’amplifier. C’est que la communication médiatique au sein de la Résistance patriotique congolaise souffre de beaucoup d’imperfections, de tares, de vices, voire même de perversions. En effet, pendant que le nôtre est encore en captivité, dans les sales mains de nos ennemis, dont on ne connaît que trop bien les capacités, le degré et le penchant à la nuisance, pourquoi faut-il allègrement menacer de représailles, sans en avoir réellement les moyens, ceux qui sont en pleine possession de tous les atouts de lui nuire gravement ?

Le cas judiciaire de l’Honorable Mike Mukebayi Nkoso est révélateur de multiples faiblesses et travers stratégiques, plutôt obtus, dans la Résistance congolaise. Avec de grands renforts médiatiques, on annonce gaiement des libérations des prisonniers en graves dangers, en en apeurant les commanditaires par des spectres de vengeance dont on ne maîtrise pas les paramètres de concrétisation. Ces parraineurs finissent par se braquer, voire même fulminer, et nous renvoyer à l’affligeante réalité de nos limites effectives, de notre impuissance. C’est pareil au niveau de la lutte politique ; où on a longtemps brandi, parfois avec une assurance frôlant l’arrogance insultante, la Guerre de Libération comme l’unique option de salut ; avant de se taire abruptement cette option. Parce que, finalement, on a fini par se rendre à l’évidence que l’on en était dépourvu de moyens. Que du temps et des occasions perdus !

On ne sera pas pour autant plus sage par la suite ; parce que la même rengaine renaît et avec pareille fermeté de conviction pour prêcher, pendant une belle lurette, le soulèvement populaire comme la voie royale à emprunter, toutes autres choses cessantes, pour extraire le Congo du joug rwandais méthodiquement en consolidation par l’expertise exquise de Paul Kagamé et du Tutsi-power. Depuis et corrélativement, l’ennemi s’applique rigoureusement à casser le front patriotique congolais et, non seulement à émietter notre communauté nationale, mais aussi à semer des tensions intercommunautaires, voire inter-institutionnelles et interpersonnelles. Faut-il être un perspicace sociologue pour voir l’actuelle communauté nationale congolaise plus proche des guerres civiles et d’implosion que d’une quelconque once d’un hypothétique soulèvement populaire ? Mis sous pression par les combattants par procuration et chantres du soulèvement populaire comme seule voie de libération du Congo, victime par ailleurs de son inébranlable vaillance personnelle, le Soldat du Peuple s’est retrouvé à maintes reprises seul devant la soldatesque de la kleptocratie. Comme à Rossy Mukendi, tout peut lui arriver… Et, à voir d’où nous venons, en quête d’un leadership national patent, indéniable, faire émerger un autre crack de sa trempe, incontestablement sur les traces de Lumumba, ne sera que bien loin d’une sinécure !

Aussi, sont-elles dorénavant suffisamment instruites par l’expérience et, surtout par de douloureux et mortifiants fiascos successifs, pourque certaines grandes gueules de la pseudo résistance soient enfin bien inspirées de se rendre un petit peu discrètes sur des sujets qu’elles ne maîtrisent pas ! Car, parfois, certains d’entre nous semblent plus enclins à se faire remarquer, à jouer aux stars ou en quête de récupérer les positions de leaders politiques déjà conquises par d’autres, qu’à se livrer au vrai combat qu’inspirent les exigences stratégiques de la Libération. Parler et annoncer moins ce qu’on n’est pas sûr de réaliser ; mais agir réellement, beaucoup et même beaucoup plus vite pour peut-être surprendre et s’illustrer par le concret, voilà qui s’apparente plus à l’attitude de lutte qu’il convient méthodiquement d’adopter…

Priorité : urgente restructuration de LAMUKA !

Ceux, qui ont eu le privilège ou le courage - c’est selon - de suivre le versatile Franck Djongo sur Tshangu TV, le dimanche 8 mars 2020, ont pu évaluer à quel degré se hisse la force du paradoxe dans les discours des acteurs politiques congolais. Par moments, le Président du Mouvement Lumumbiste Progressiste (MLP) a débité du sérieux en s’appuyant sur des arguments aguichants de cohérence certaine. Mais, dans l’ensemble et sur l’essentiel de la problématique politique congolaise, l’ex-pensionnaire du Centre Pénitentiaire de Rééducation de Kinshasa (CPRK), aussi appelée prison centrale de Makala, n’a pas semblé se rendre lui-même compte de la contradiction entre sa reconnaissance plutôt totale, mais à demi-mots, d’illégitimité persistante des institutions et de leurs animateurs issus du scrutin du 30 décembre 2018 et son option préférentielle en faveur d’un dialogue de réconciliation nationale pour accompagner ces mêmes institutions ainsi que leurs animateurs illégitimes vers une sortie de crise par des élections sous les mêmes détenteurs décriés de l’impérium.

Le nœud du problème, que Djongo, malgré ses savantes pirouettes, n’a pas réussi à dissimuler est qu’il est enquête d’une place à la mangeoire et, il est tellement avide d’y arriver que ses appels du pied sont quelque peu patauds, qu’il s’y prend avec des maladresses ; certes moins patentes que celles de ses rivaux, prétendument issus de la société civile, à l’instar du quémandeur invétéré Timothée Tshaombo Shutsha. Néanmoins, entre ses simagrées dans le discours de docte universitaire rigoureux et ses parodies d’acteur politique sérieux, Franck Djongo est finalement apparu comme un plaisant archétype de la classe politique de son temps : égoïste, hypocrite, prévaricateur, magouilleur et revanchard. Il a tout le temps cherché à se mettre à la hauteur charismatique du déjà déifié Président élu ; sans convaincre bien sûr. Pathétique ! Et toutes ces clowneries, bien que la Mère-patrie soit profondément confrontée à une grave crise existentielle ! Un avertissement néanmoins ; un tsunami politique, d’une ampleur majeure, est imminent. Il peut tout emporter !

Et une petite étincelle peut tout déclencher. Mais ce sont surtout les parrains de la mise en esclavage du Congo qui, comme en 1996, examine avec minutie le moment propice, à leur convenance, pour le provoquer. Avisé et lucide, le Front Commun pour le Congo (FCC) d’Hippolyte Kanambe s’y prépare activement. Maladroitement en expectative punissable, certains « dealeurs » risquent de ne ramasser que de la pure poussière. Une véritable descente aux enfers se dessine inexorablement pour d’autres. Au-delà du pire spectre, qui épouvante toute la Nation elle-même, il sera difficile, pour de larges pans de cette désolante classe politique, d’échapper à l’enfer, d’éviter des pleurs et grincements de dents. Au LAMUKA, où le bal de chauves a déjà fait quelques révélations, l’épilogue et le verdict finaux ne sont plus tellement loin. Mais, d’ores et déjà, pour nous, les pendants au credo jusqu'auboutiste de la Vérité des urnes, nous ne prospectons pas seulement des actions à même de mettre les tricheurs et les « dealeurs » à l'épreuve ; nous estimons surtout que l’heure de la restructuration de la plate-forme patriotique a sonné. Un congrès, convoqué en bonne et due forme, muerait « Lamuka de pseudos leaders » en un mouvement de masse ! Voilà une virtuosité qui, à l’instar de brise-glace, peut forger un nouvel esprit de groupe ; sinon, s’adapter à l’état d’esprit dominant ; qui sous-tend l’élan majoritaire de l’heure dans Lamuka et dans l’ensemble du peuple congolais encore mobilisé en vue de la Libération totale du joug rwandais.

EYINDELI FALLY BA MESURES GRAVES VATICAN NA BA SANGO BA ZUILI YE KE BA FALLY CONCERT NALONDRES EZATE © SOUS LE BAOBAB LA DANOISE

Passage mécaniquement structurant : un Gouvernement de Libération !

La plus grande faiblesse du peuple congolais, il est devenu difficile de ne pas s’en rendre compte, qui hypothèque et rejaillit également et gravement sur l’organisation de notre Résistance patriotique, réside dans sa forte propension à susciter l’émergence des roitelets, champions d’infinitésimales querelles de clocher et démons de divisions. Voilà le terreau, ô combien fertile, que les envieux des terres et richesses congolaises, les impérialistes étrangers de tout bord sont prompts à exploiter pour introduire ; en introduisant leurs diktats au Congo de Lumumba ! Depuis la nuit des temps, les Tutsi l’ont singulièrement compris et, avec Paul Kagamé en commandeur suprême, ils repèrent avec une aisance ahurissante, dans des formations politiques à la mode, des faibles d’esprit et des moralement faibles à recruter comme collabos à leurs conquêtes. Aujourd’hui, où ceux qui, jadis ont fait illusion de patriotisme, sont désormais, tous, à la masse, il faut une initiative forte pour un nouveau départ.

La cécité, voire même le tragique aveuglement, consisterait à attendre que, dans l’actuel contexte, l’initiative de telle envergure se prenne encore au niveau des structures, désormais lourdement sclérosées et réduites par Kagamé en lambeaux, que sont dorénavant le minable Parti Lumumbiste Unifié (PALU), le pitoyable Mouvement de Libération du Congo (MLC) ou, plus hasardeux encore, la moribonde Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS). Mesure-t-on l’insolite prouesse, que vient de réaliser ce marais à crabes, en fournissant aux génocidaires des Congolais le plus impressionnant nombre de traîtres et collabos en un record de temps difficile à égaler ? Et le processus est d’autant plus terrifiant que les nouveaux traîtres et collabos, issus des rangs de l’UDPS, obnubilés par une une vive, forte voire délirante propension à s’enrichir, ne semblent pas capables de discernement et de conscience claire sur le degré de dangerosité de la menace à laquelle ils ont exposé la Patrie. A voir la manière, si niaise, dont l’ingénu Tshilombo a pris son rôle de pantin et mis sa main dans l’engrenage, il est impérieux et urgent de stopper l’escalade ; avant que le Congo, déjà happé, ne soit davantage broyé.

La mise en place d’un Gouvernement de Libération, avec un grand ministère - dédié à la Guerre de Libération - répondrait à cette préoccupation. La course aux postes, dans ce Gouvernement de Libération, n’exacerberait-elle pas les épouvantables et dévastatrices querelles de clocher ? Pour éviter ou prévenir les mesquins combats de leadership, le projet d’un Gouvernement de Libération devrait, au préalable, faire l'unanimité dans son approche comme voie privilégiée de sortie de crise auprès de tous les résistants identifiés. D’où l’impérative nécessité de mettre en place une Commission d’initiative, chargée d’information, de repérage, d’un subtil lobbying et de persuasion auprès des acteurs jugés prépondérants et des structures focales incontournables ; telles que Lamuka, Conseil National de la Résistance Congolaise (CNRC)  etc... Face à l’urgence et pour faciliter l’entrée en matière, il serait judicieux que le CNRC amorce la démarche ; c’est-à-dire, prenne langue avec Lamuka pour constituer cette Commission d’initiative ; d’où s’amorcerait le processus.

Lwakale Mubengay BAFWA

Avis et considérations exprimés sous cette rubrique n’épousent pas nécessairement les positions officielles de la Convention des Congolais de l'Etranger (CCE) ; dont l’auteur ci-dessus n’est d’ailleurs plus membre.

 

 

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