Face aux enjeux de l’heure, quelles conséquences tirer de la disparition de Ngbanda ?

« Terminator », Honoré Ngbanda l’a été, mais, c’est le héros de la Résistance congolaise que le Tutsi-power vient de liquider définitivement. Au pire moment de l’histoire du Congo, ils ont créé un vide criant ; qu’il est impérieux et urgent de combler… Voilà la gageure que tous les patriotes congolais sont appelés à relever. Quel rôle pour l’APARECO elle-même en pareil contexte ?

LES 3 MISSIONS DE FÉLIX TSHILOMBO AU CONGO © congoflash infos

Face aux enjeux de l’heure, quelles conséquences réalistes tirer de la disparition brutale de Ngbanda ?

Résistance, Résistance, orgueil des certains, mais quel bilan au moment où s’éteint son géniteur ?

Des fois, le silence vaut mieux que la grandiloquence des discours déclamatifs ou la terne vacuité des déclarations inopportunes. Ainsi, la longue absence de réaction officielle de l’Alliance des Patriotes pour la Refondation du Congo (APARECO) après la circulation, comme une traînée de poudre, de la triste nouvelle du décès d’Honoré Ngbanda, son fondateur, avait-elle suscité et entretenu une vive curiosité constructive que, malencontreusement, le Message de Candide OKEKE, fraîchement désignée Présidente nationale Ad interim (a.i.) de l’APARECO, vient d’anéantir. C’est dire que, malgré la douleur, la vive émotion et le traumatisme générés par le choc d’une disparition si brutale, la dualité de la personnalité de l’illustre disparu suscitait corrélativement la curiosité des perspectives d’une autre dynamique au sein du mouvement-mère de la « Résistance » congolaise et, donc, l’intérêt d'un nouveau départ. « Le roi est mort, vive le roi ! » Pouvait-il en être autrement ? En effet, si face à une étape aussi cruciale, toutes les têtes pensantes, que compte l’APARECO, à dessein réunies n’ont pu produire que le message d’une teneur aussi pauvre, si insignifiante, force est de se rendre à l’évidence que ce n’est sûrement plus sur l’APARECO qu’il faut s’appuyer si c’est la « Libération » effective du Congo qui est envisagée avec sérénité.

Car, si pour l’essentiel de son message, Madame OKEKE peut avoir raison d’appeler légitimement les patriotes congolais à rejoindre l’APARECO en vue de consolider la « Résistance », il lui reste à prouver, par un bilan effectif et attractif, que son mouvement est bien sur la voie de concrétiser son ambition : la « Libération » du Congo. Ce qui est déjà bien loin du compte ! Si, du vivant de son géniteur, avec l’expertise politique, le bagage intellectuel, la maîtrise éprouvée de l’histoire et toutes les vertus et latitude d’une intelligence exceptionnellement brillante, dont il a su faire montre, Ngbanda lui-même n’a, pendant plus de deux décennies, pu porter aucun coup déstabilisant à l’Occupation du Congo, difficile de fonder des espoirs avisés sur une APARECO brutalement orpheline de son ingénieux géniteur. Et ce d’autant que, corrélativement, l’Occupation, elle-même, semble avoir franchi un nouveau cap et a accédé à une dimension encore plus redoutable que jadis avec les « métastases de la kagamisation généralisée des Congolais »[i] et avec une bourrique avérée détentrice de la signature suprême de chef d’Etat congolais à la solde totale de Kagamé ! Alors que, parallèlement, la branche politique de la « Résistance », LAMUKA, ne semble préoccupée que par des réformes institutionnelles comme voie royale de conquête d’une alternance, qu’on se le dise ouvertement, plus hypothétique que jamais.

L’inconvenante guerre de succession est ouverte !

Simultanément, dans les réseaux sociaux, c’est un flot envahissant de conseillers spéciaux et de conseillers particuliers du défunt président-fondateur qui jaillissent de leurs tanières pour dévoiler, de manière subliminale ou avec brutalité contenue, les dernières volontés prétendument révélées dans l’exquise intimité par leur mystique guide. Laissant ainsi entendre, en sourdine, que c’est bien à chacun d’eux, individuellement et respectivement, qu’une mission spéciale aurait été délibérément impartie pour assurer la continuité. Pire encore, la Présidente nationale a.i. de l’APARECO ne s’est pas du tout offusquée de restructurer concurremment le parti selon sa vision, à son avantage et de manière discrétionnaire. Tout cela démontre à suffisance, à ceux qui ne le percevaient pas encore, que beaucoup se servent depuis des lustres du slogan de la « Résistance » comme d’un statut de distinction sociale procurant un prestige particulier ; avec lequel on frime allègrement, sans autre perspective. L’absence tragique de bilan édifiant de l’APARECO sur le plan de la « Libération » du Congo, dont le processus effectif ne semble toujours pas encore amorcé, n’est qu’une illustration, somme toute logique, d’une incongruité solidement installée dans les mœurs de la « Résistance » congolaise. L’occasion faisant le larron, l’heure de donner un bon coup dans cette fourmilière semble avoir sonné. Mais, comment s’y prendre ?

La Libération effective du Congo est la bonne manière d’honorer la mémoire de Ngbanda !

« Terminator »[ii], Honoré Ngbanda l’a été ; mais, c’est un « plus-que-patriote-résistant » que le Tutsi-power vient de liquider définitivement. Car, avec l’élimination physique d’Honoré Ngbanda, disparaissent aussi l’une des intelligences politiques congolaises les plus aiguës, probablement l’expertise la plus exquise du Congo en matière de renseignement politique et militaire, la mémoire vive la plus prolifique de l’histoire du Congo, la constance et la détermination les plus inébranlables en vue de la Libération du Congo de Lumumba… Au-delà de l’énormité de la perte, du vide qu’elle génère brutalement et de la consternation consécutive, quelle serait la manière idoine de gérer une perte de telle envergure et quelles perspectives de lutte pour la Résistance, dont il a été reconnu comme géniteur ? Les lignes et pages, qui suivent, se veulent aussi bien une volonté d’éclairage sur un contexte à même de sombrer dans la décrépitude qu’une force de propositions, occasion faisant le larron, à tous les patriotes congolais pour s’extraire de la torpeur et s’organiser en vue de la Libération totale et définitive du Grand Congo. Ce qui serait la manière la plus honorable de laver l’affront, de venger et d’honorer la mémoire du vaillant et illustre disparu !

Dans quel contexte Ngbanda a-t-il été arraché aux espoirs de la « Résistance » ?

Quoiqu’on en dise, le premier acteur politique congolais à dénoncer ouvertement l’invasion tutsi du Congo n’est pas Honoré Ngbanda. Ce privilège, nous devrions le reconnaître à Maître Gérard Kamanda wa Kamanda. Alors détenteur du portefeuille des Affaires étrangères pendant la pleine crise de gestion des réfugiés Hutus rwandais et suspectant un piège machiavélique des Tutsis, il tint tête, avec ferme radicalité, aussi bien à Mobutu qu’à Mitterrand en s’opposant au déversement des combattants rwandais vaincus sur le sol congolais. Nous lui devons en outre la paternité des expressions, aujourd’hui à la mode, de « Hutu de service », de « Congolais de service ». Usant de leur pouvoir discrétionnaire, Mobutu et Mitterrand contraignirent le Ministre Kamanda à quitter son poste et l’« Opération Turgeoise » put alors s’effectuer avec l’étendue des dégâts que l’on continue à comptabiliser et à déplorer jusqu’à ce jour. Néanmoins, convaincu de son habileté et espérant saper le nouveau régime redouté de l’intérieur, bien mal lui en a pris, lorsque Me Kamanda tenta un comeback périlleux après la chute de Mobutu.  Il n’a plus eu l’occasion de regretter d’avoir tenté le diable…

Les cas semblables à celui de Me Kamanda wa Kamanda, ceux d’assassinats insidieusement orchestrés, sont légion au Congo de l’après-Mobutu. Même les personnes les plus avisées, qui s’y sentaient clairement exposées, y ont néanmoins tristement succombées. C’est dire combien sont énormes les capacités de nuisance de l’Occupant ! Considérer Honoré Ngbanda comme l’une de ses victimes, c’est admettre que, désormais, nulle part au monde et qui que ce soit, quelle que soit sa dextérité, n’est plus à l’abri de ses insondables tentacules. En plaçant un godiche comme stipendiaire à la tête de l’Etat congolais, Kagamé dispose dorénavant de tous les atouts privilégiés cumulés des Etats rwandais et congolais pour se livrer machiavéliquement à ses méprisables besognes. Il s’appuie notamment sur d’abyssales recettes financières, que lui assure sa criminelle main mise sur les richesses du Congo, pour stipendier d’affreux vénaux à travers le monde et dans toutes les couches de la société ; tel que l’illustre la troublante percée du mercenariat pro-Kagamé dans les hautes sphères politiques, universitaires et médiatiques françaises, expressément mise ne lumière par Patrick Mbeko[iii].

C’est donc vraiment au pire moment qu’Honoré Ngbanda a brutalement été arraché aux justes espoirs résiduels de la « Résistance » congolaise. Il était le seul à même de décortiquer, à tout moment et avec maestria, les complots que les Occupants du Congo et leurs commanditaires orchestrent et d’en alerter le martyr peuple congolais, en incitant et indiquant à la « Résistance » d’éventuelles réactions les plus congruentes à entreprendre. Dorénavant, malgré la vitalité sans précédent du double front, interne avec les collabos stipendiaires et externe avec leurs cruels parrains, la « Résistance » congolaise devrait se débrouiller sans…

Quelles priorités pour combler ce vide à dessein et expressément créé ?

Dans l’une de ses ultimes sorties médiatiques, le « Père » affectueusement adulé de la « Résistance » congolaise s’est montré particulièrement préoccupé et s’est rigoureusement appliqué à démontrer les trois missions imparties au vénal Tshilombo malencontreusement investi de la signature suprême de chef d’Etat congolais et potentiellement engagé pour faire les pires torts au peuple congolais. Sentant l’imminence de la légalisation de l’annexion ou de la balkanisation du Congo, Honoré Ngbanda appelait quasi ouvertement à liquider urgemment le stipendiaire. Car, en confiant la signature de chef d’Etat au mercenaire Tshilombo, Paul Kagamé et son frère Museveni savaient à quel point ils pervertissaient et anéantissaient la « Résistance » congolaise de manière irréversible.

Néanmoins, malgré les alertes, le premier réflexe d’une bonne partie du peuple congolais instruit par le cas M’Zee Laurent-Désiré Kabila, a consisté à croire et à miser sur l’hypothétique patriotisme du stipendié Tshilombo pour jouer le kamikaze. Beaucoup ont même pensé que c’était dans les propres plans du dealeur usurpateur de chercher à surprendre l’ennemi par un volte-face inspiré par le patriotisme pour retourner la situation. Quelle naïveté ! En effet, c’était sans prendre en compte la soif maladive de pouvoir et l’impétueux goût de lucre du vendu. Jouissant des prérogatives inespérées et se prélassant dans une situation à laquelle il est bien loin d’accéder dans des conditions normales, l’usurpateur et ses acolytes sont désormais prêts à tout pour conserver leurs acquis. Entre les triomphalistes mal placés et les profondément médusés par la tournure des événements, les tensions sont à leur comble et la guerre civile est possible à la moindre étincelle. L’émotion et le vide générés par la disparition brutale du « Père » de la « Résistance » assignent donc une gageure majeure à la « Résistance » congolaise dans la perspective d’une révision totale de l’approche de la situation et invitent à la restructuration, la plus globale que possible, du mouvement. D’où ce légitime et vibrant appel, de plus en plus audible, de plus en plus pressant en divers terreaux fertiles au patriotisme congolais, à la nécessaire tenue des Etats-généraux de la « Résistance » congolaise ! L’APARECO serait bien inspirée et idéalement placée pour en prendre l’initiative et la direction.

A quelque chose, malheur peut servir…

Certes, le roi est définitivement mort ; car, on ne s’exaltera plus devant la vitalité des belles formules littéraires du pétillant orateur, que fut Honoré Ngbanda, on ne débattra non plus de manière cancéreuse sur la véracité de ses tonitruantes et incessantes révélations ; parce que le corps physique, qui réussissait à les créer, s’est désormais affaissé pour toujours. Mais, bien plus que nous le proposent les hommes ordinaires, le charismatique leader de l’APARECO avait bien réussi à mettre en valeur la dualité de sa riche personnalité ; qui n’a cessé de s’étoffer au fil du temps avec la multiplication de ses séduisantes sorties médiatiques. Son personnage intellectuel et politique nous a tellement abreuvés, enrichis et émerveillés qu’il ne lui a pas seulement ménagé une place de prédilection dans l’histoire ; il est également une sève devant assurer la survie et l’expansion de la « Résistance » jusqu’à la victoire finale espérée. Oui, « le roi est mort ; certes, mais vive le roi ! » Et, que son décès soit naturel ou que Ngbanda ait été victime d’une quelconque trahison, la meilleure façon d’honorer la mémoire de l’illustre disparu consisterait à mener le combat, auquel il a consacré la part importante de sa vie, à son terme ; c’est-à-dire à la « Libération » totale du Congo de Kimbangu.

Une occasion pour changer de paradigme !

En effet, il en est de la vie militante, comme il en est de la vie professionnelle ou de la vie tout court : les résultats réels sont rarement conformes aux résultats escomptés. Parce qu’ils sont souvent le reflet de l’aptitude d’adaptation au contexte ou plus précisément d’acceptation des changements devenus nécessaires ou indispensables pour accéder à ce à quoi on aspire. Or, les habitudes sont, pour la plupart des gens, une forme de résistance ou de véritables obstacles aux changements. C’est ce qu’affirme la psychothérapeute Dominique Chapot ; lorsqu’elle soutient que « La vie dont nous rêvons nécessite parfois de grands changements… qui nous font peur ! »[iv]. Il n’est en effet pas simple de changer des comportements auxquels on s’est habitué pour opérer d’autres choix impliquant, non seulement des renoncements, mais surtout entraînant dans l’inconfort déstabilisant d’affronter des réalités inexpérimentées. Ainsi, pour Ngbanda, tout comme pour Lamuka, la « Résistance » n’a que trop longtemps fait illusion ; ne se limitant qu’au niveau des discours, certes convaincants, mais sans lendemain.

D’ailleurs, depuis des lustres, la plupart des membres d’APARECO ne se limitent qu’à frimer avec ce slogan de « Résistance » comme d’une quelconque position sociale génératrice des privilèges mal identifiés par le commun des mortels. La « Résistance » proprement dite, dans son authentique contexte politique, en tant que cris de guerre, de ralliement, de dessein de la mobilisation ou devise, semble donc avoir fait largement son temps au Congo. La longue absence de résultat probant du mouvement, le contexte actuel de déliquescence quasi-totale du patriotisme et le défaut criant de moindre véritable contre-poids à une Occupation ragaillardie par l’afflux massif des plus malléables des stipendiaires à la tête du pays, à une Occupation encore plus envahissante que jamais, appelle à changer de paradigme. Ceux que le malheur n'abat point, dit le proverbe, il les instruit ! Ainsi, pour aller à la conquête de la « Libération » effective du Congo, l’APARECO devrait saisir l’inopportunité du vide créé par le brusque trépas de son émérite leader pour abandonner des habitudes contestables, qui l’ont longtemps enfermée dans le statu quo, pour empoigner des postures gagnantes à même de la propulser vers le succès si énormément, si interminablement et si vainement escompté.

En fait, sous l’angle de l’APARECO, qu’entendons-nous par la « Résistance » congolaise ? A la suite de la chute de Mobutu, « Terminator » a fait une insigne, louable et salutaire renaissance politique en dénonçant l’invasion du Congo en des termes si appropriés que la supercherie de l’Occupation du pays n’a aujourd’hui plus aucun refuge pour se camoufler. Ainsi, sous le prisme, où l’entend l’APARECO, la « Résistance » englobe les différentes formes qu'a pu prendre l'opposition active des Congolais à l'Occupation de leur pays par leurs voisins de l’Est, le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi dans une certaine mesure ainsi qu’à leurs auxiliaires locaux. Cependant, il s’avère que jusqu’à ce jour, les formes les plus apparentes de cette « Résistance » se limitent à la dénonciation, à des menaces sans lendemain ainsi qu’à des manifestations spontanées, sans impact médiatique à l’étranger et, généralement, durement réprimée par le régime.

Plus de vingt ans sans issue, ni perspective encourageante, cette « Résistance » fragmentaire, lacunaire, plus symbolique qu’agissante, semble révolue. Du reste, même le soulèvement populaire, auquel Ngbanda accordait une importance indéfinie, apparaît de plus en plus explicitement plus improbable que jamais. Il est donc plus que temps de saisir le mot « Résistance » dans toute sa complexité politique et historique pour mieux l’étendre à des opérations les plus à même de conduire le mouvement vers son épilogue souhaité, la « Libération », ou la décliner en des termes nouveaux, plus idoines et porteurs du dessein auquel on aspire. Ainsi, avant le « Débarquement »[v], la « Résistance » contre les Nazis en Europe ne prit réellement une tournure décisive que lorsqu’elle passa par l'organisation d'une presse clandestine, lorsqu’elle créa ses propres réseaux de renseignements, lorsqu’elle constitua des groupes pour saboter des lieux stratégiques, liquider des personnalités et désorganiser le régime, lorsqu’elle forma et implanta des mouvements de lutte armée. Comme l’affirme le Conseil national de la Résistance française, c’est la « Résistance organisée », donc la guérilla, qui encouragea et finit par convaincre les Etats-Unis à intervenir dans une guerre inter-européenne et c’est sur les sites de cette « Résistance organisée » que les « Alliés » prirent des appuis stratégiques pour anéantir l’ennemi.

A l’instar de la « Résistance organisée » en Europe sous la coupe nazie, il urge pareillement que la volonté de « Libération » du Congo se décline également en différents scenarii de véritables actions prometteuse de terrain. On ne le dira jamais assez : il est plus que temps de quitter le terrain de simples slogans pour chercher stopper effectivement les atroces massacres de Congolais, embrasser la matérialité du recouvrement de la liberté et reconquérir la souveraineté sinistrement et honteusement perdue. Ainsi, la « Libération », dont rêvent tous les patriotes congolais et que nous souhaitons tous de tous nos vœux, nécessite-t-elle un changement d’approche et d’actions concrètes auxquels le contexte nous convie. C’est dans cette perspective que le changement de paradigme s’impose. Abandonner la sentence contextuellement obsolète de « Résistance » au profit de l’aphorisme plus suggestif, plus expressif et plus mobilisateur de « Libération » ou, plus précisément, de « Guerre de Libération », voilà ce qui, inéluctablement, se prescrit désormais impérativement et urgemment aujourd’hui.

L’APARECO peut jouer le rôle de fer de lance de cette subtile opération. Mais, attention ! Elle devrait alors préalablement se préoccuper de se considérer comme un acteur parmi d’autres, de se limiter au rôle d’adjuvant et de se contenter d’initier le processus de mutualisation des synergies. Si, toujours empêtrés dans leurs incongrus soucis d’apparaître, de se prendre pour ce qu’ils ne sont et de frimer, les membres de l’APARECO continuent à se considérer comme les seuls centres appelés à rassembler, par effet de brise-glace ou par caporalisation, toutes les velléités encore persistantes de la « Résistance » congolaise, l’échec est sûr...

 Eclairage,
Chronique de Lwakale Mubengay Bafwa

 

[i].  Référence à cette analyse très opportune de F. Okito, sous cet intitulé très éloquent de, « LES CONGOLAIS "KAGAMISÉS" : un cancer métastasé » :

C'est le plus grand désastre auquel l'avenir du Congo est exposé. Les Congolais de notre génération ne verront pas un Congo heureux de leur vivant à cause de ce phénomène terrible : des compatriotes "kagamisés", c'est-à-dire des Congolais de souche mais dont tout l'esprit a été formaté et conditionné pour obéir, sans réfléchir, au Rwanda de Kagame. Le lavage de cerveau est tel qu'ils ont perdu toute forme de conscience patriotique et de pensée autonome, et fonctionnent comme des zombies.

Honoré Ngbanda, avant sa mort, venait de publier un rapport selon lequel tous les agents des services de renseignement de la RDC se livrent en compétition pour être dans les bonnes grâces du régime de Kagame. Tous ! 

La déclaration du conseiller de Tshisekedi en matière de sécurité, à Kigali, n'a été qu'un bout de vérité sur l'ampleur du désastre que représente cette kagamisation généralisée des Congolais opérant dans la politique, l'armée, les administrations, les ambassades... jusqu'au sommet de l'Etat. Le phénomène rappelle celui que les habitants du Congo avaient subi au cours de la tragédie des razzias des esclavagistes arabes. Les chefs politiques et militaires arabes avaient créé une catégorie d'autochtones qu'on appelait "les arabisés". Ces arabisés étaient pires que leurs maîtres arabes au cours des razzias. Un Congolais était nettement mieux traité s'il tombait entre les mains d'un esclavagiste arabe que s'il tombait entre les mains d'un "Congolais" arabisé. Depuis la guerre de l'AFDL jusqu'au pacte Tshisekedi Kagame, le président rwandais a fabriqué des milliers de Congolais kagamisés dont le zèle et la méchanceté sont tels que le Congo est devenu un pays invivable pour les patriotes congolais, comme ce fut du temps des arabes et leurs arabisés. Lorsqu'on dit que ce sont les tueurs rwandais qui massacrent les Congolais dans les provinces de l'est, le premier constat est qu'il n'y a pas assez de tueurs rwandais visibles pour commettre autant de tueries. Mais ces tueries sont rendues possibles par la masse des autorités congolaises kagamisées dans tous les recoins des services de l'Etat : armée, police, services de renseignement, cours et tribunaux... 

Comment la nation congolaise peut-elle se guérir d'un cancer métastasé à un tel stade ? 

Si on était à l'hôpital, le médecin prendrait l'une ou l'autre des deux décisions ci-après : soit il envoie le Congo en service de réanimation, s'il croit qu'il peut guérir, soit il l'envoie en soins palliatifs, c'est-à-dire le service où on fait comprendre au patient qu'il va mourir, et qu'il est en train de vivre ses derniers jours sur terre. 

Lorsqu'on regarde ce Congo kagamisé dans tous les recoins de l'appareil d'Etat, on est tenté de croire qu'il s'achemine vers la prescription médicale au pavillon des soins palliatifs.

 F. Okito

 

[ii]. L’une, sinon la personne, la plus redoutée à un moment donné du régime du Maréchal Mobutu pour son ténébreux rôle dans la terreur instaurée, Honoré Ngbanda fut surnommé « Terminator » pour traduire en langage abrégé la personnalité, le profil, la mission impartie au personnage et, surtout, la terrifiante crainte qu’elle inspirait…

[iii]. Mbeko, Patrick, Le régime de Paul Kagame et le contrôle des médias publics français, page : Géopolitique Afrique-région des Grands Lacs, sur Facebook, lien : https://www.facebook.com/groups/2339518849618266/

[iv]. Chapot, Dominique, Si on changeait ! Vaincre la force des habitudes et réinventer sa vie, Editions Ixelles, le 16 octobre 2013.

[v]. A dessein, nous évoquons ici, l’opération militaire amphibie et aéroportée des Alliés pendant la Seconde Guerre mondiale lancée ; elle a été lancée dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, en Normandie.

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