Quête de la Reconnaissance du Génocide des Congolais : 1ère pierre posée à Nuremberg

Édifiée par les exemples des Juifs, des Arméniens ou des Tutsi, la bataille pour la reconnaissance d’un génocide favorise des performances au niveau du lobbying et sur le plan diplomatique. Aussi, la Communauté internationale offre à la quête de la Reconnaissance du Génocide des Congolais des opportunités circonstancielles à saisir opportunément si on est organisé lorsqu’elles se présentent...

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Quête de la Reconnaissance du Génocide des Congolais
1ère pierre posée à Nuremberg

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Illustrée par les exemples des Juifs, des Arméniens et autres Tutsi notamment, la bataille pour la reconnaissance d’un génocide, surtout lorsque celui-ci est réel et effarant, favorise des performances au niveau du lobbying et sur le plan diplomatique. En effet, cette quête s’illustre comme une des voies royales pour provoquer des gênes dans des face-à-face, conquérir des sympathies et asseoir une stratégie de grande visibilité dans le concert des nations. Pour preuve, une éloquente expérience professionnellement vécue il y a si peu ! Effectivement, à certaines de mes dernières réceptions professionnelles, j'ai été souvent agacé par le comportement d'une collègue Tutsi d’origine rwandaise. Celle-ci ne cessait d’étaler sa version de l’histoire du drame rwandais et ne s’offusquait pas à s’exposer doctement en victime de cette regrettable tragédie. Elle était alors, bien souvent, l’une des attractions de la rencontre du début à la fin. Pour mon avant-dernière soirée de travail, je me résolus, images à l’appui, de l’affronter de manière plutôt dramaturgique sur l'ensemble d'horreurs de la Régions des Grands-Lacs. Je crois même que ce fut le jour où elle était la plus à l’aise et la plus volubile. En fin de repas, lorsque certains des hôtes commençaient à s’éclipser, je me suis approché de sa table et je lui ai tendu des images, sélectionnées sur les cruautés commises au Congo, en lui demandant si elles lui parlaient et si elles pouvaient les commenter. Il s’en suivit un long silence embarrassant à la table… L’intéressée ne toucha aucun des papiers, que j’ai fini par déposer devant elle, elle n’esquissa aucune expression verbale. Mais deux, de ses voisins de table, finirent par briser le gênant silence avec des questions d'usage sur les horribles photos. A cœur joie, je me lançais alors dans des réponses tous azimuts en brandissant les images les unes après les autres, en dispatchant et commentant une interview de Pierre Péan sur France 3 fourni dans mon paquet sous forme d'article. Après des discussions nourries avec certains des jeunes collègues sur la question, je me rendis compte que j’étais parmi les tout derniers à quitter le lieu. Avec une certaine satisfaction, je réalisais que les photos et les articles avaient circulé sur d’autres tables et plusieurs avaient été emportés. A ma dernière collation, je relevais, avec quelques interrogations, certes, mais aussi avec quelques hypothèses, l’absence de cette ancienne collègue Tutsi d’origine rwandaise…

Manifestement, bien qu’à une échelle insignifiante, j’en conviens volontiers, un gain de situation a été néanmoins acquis. C’est, à mon avis, par de petites victoires au détriment des Tutsi dans des domaines où leurs lobbies altèrent constamment les tragiques réalités de la Région des Grands-Lacs, qu’il revient également aux Congolais de miser pour contrecarrer l’Ubwenge ou l’idéologie Tutsi de mensonges avérée. Un succès, qui m’autorise à croire qu’il existe donc des moyens simples et évidents à même de permettre aux Congolais de changer le sort infâme que leur imposent ces cruels tueurs ; si, avec un peu de discernement, une volonté et un effort d’organisation étaient réhabilités dans les rangs de la diaspora congolaise. Certaines, de ces possibilités, font partie de notre quotidien ; mais, malheureusement, nous n’avons pas encore cultivé la conscience de les mettre en pratique au profit de la cause de notre sort communautaire. Mais il n’est jamais trop tard pour bien faire ; parce que j’ai senti alors naître, avec forte détermination, cette conscience et cette volonté à Nuremberg, du 2 au 3 novembre 2019 ; lors de la Conférence internationale sur les Génocides des Congolais. Quasiment, tous les intervenants ont ramé, lors de cette rencontre, dans le même sens. Avec gravité et conviction manifestes, les conférenciers ont, à tour de rôle, invité les derniers résistants congolais à l’occupation rwandaise du pays à cultiver la confiance en soi, à des attitudes de persévérance, à la discipline patriotique, à se fixer des objectifs clairs et accessibles et à oser passer à l’action. Détruits dans leur dignité d’homme, les Congolais ont souvent tendance à se décourager au moindre signe d’échec et à abandonner ; alors qu’ils sont parfois déjà tout près du but… Les Assises de Nuremberg semblent avoir posé la première pierre pour fonder un processus irréversible, non seulement vers la reconnaissance du plus grand génocide de tous les temps, mais aussi vers la Libération totale et définitive du Congo de l’inqualifiable cruauté tutsi. Dès à présent, il revient à chaque patriote résistant congolais à imaginer des actions individuelles et collectives à même d’entretenir et de consolider l’élan lancé à Nuremberg !


Nuremberg, le dimanche 3 novembre 2019 © Mubengay Lwakale Bafwa

De la vision et de la détermination !

Comment dans ce monde, globalisé et structuré autour de la défense des Droits de l’Homme, de l’après-Yalta et Nuremberg, un individu, fut-il le génie du machiavélisme, peut-il encore construire son ascension politique sur les horreurs les plus abominables, en détruisant méchamment, sciemment et systématiquement l’humanité ? L’affreux Führer de la Région des Grands-Lacs, dont l’ampleur et la cruauté des crimes ont largement dépassé la fureur décriée d’Adolphe Hitler, est désormais dans le viseur d’une prise de conscience universelle. Ainsi, le processus structuré, résolu et irréversible de Reconnaissance officielle et internationale du Génocide des Congolais a-t-il été solennellement lancé le samedi 2 novembre 2019, à Nuremberg, sur un air de vive détermination, dans une vision de longues et ambitieuses perspectives et avec de grands et exaltants espoirs de succès. Pendant deux jours d’intense réflexion, quelques experts, minutieusement sélectionnés, de la Résistance patriotique congolaise ont pu, non seulement exposer leurs connaissances et inquiétudes sur le flot de massacres en cours au Congo depuis des décennies, mais aussi inviter l’assistance à la quête des voies et moyens pour stopper l’inacceptable et sortir le pays des affres de l’impunité.

Outre la cruciale et lancinante question d’extermination des Congolais sur leur propre sol, les retrouvailles patriotiques ont également offert le cadre et des opportunités pour aborder, en aparté, le problème de remédiation globale et définitive de la crise en passant par la Libération du Congo. La conférence a été ouverte par sa Maîtresse de cérémonies et modératrice des échanges, Madame Jeanne-Marie Sindani. Dans son mot d’introduction, Mme Sindani a lié la tragédie congolaise à l’acuité des rivalités dans la course à la conquête des richesses du pays. Pour elle, l’issue se situe dans la capacité des Congolais à unir leurs synergies pour proposer aux avides et puissants conquistadors des partenariats internationaux alléchants ; à même de les obliger à se passer des sous-traitants régionaux. A la manière de François Hollande lors du Débat présidentiel de 2012 face à Nicolas Sarkozy, le Président de la Conférence et Coordonnateur général de l’institution organisatrice, le Conseil National de la Résistance Congolaise, CNRC en sigle, Monsieur Paul Kahumbu Ntumba, s’est appuyé de manière alléchante sur une anaphore pour énumérer, en recherchant un effet de renforcement, les différentes formes de génocide que les Tutsi imposent aux Congolais. Combattant résolu et lucide, M. Kahumbu s’est en outre appesanti sur la suite à donner aux Assises de Nuremberg et posé en point de mire la Libération du Congo comme objectif ultime de la mobilisation.

De l’angoissante utopie dans la quête de remédiation, malgré le diagnostic percutant !

Avec un récit fort saisissant, pittoresque, voire romanesque, mais également angoissant, ou sérieusement terrifiant, par l’ampleur et l'ambiguïté de ses révélations, l’ancienne star de la radio et de la télévision zaïroises, Monsieur Dieudonné Kwebe Kimpele, affirme avec une assurance pétrifiante que le Génocide des Bantous congolais a été conçu et planifié en même temps que la création de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) ; qui envahit le Zaïre de Mobutu en octobre 1996. Le Pacte de Havilai, entre les dirigeants juifs et les leaders tutsis rwandais, mandatait ces derniers à renverser le régime de Mobutu en leur garantissant, en contrepartie, un solide bouclier juridico-diplomatique ainsi que l’occupation militaire du Congo jusqu'à l'émergence d'un tutsi-land sur les vestiges d'un Congo liquidé par la destruction programmée de ses infrastructures et l’extermination de son peuple. La désorganisation volontaire de l’Administration publique, l’éloge de la prévarication dans toutes les institutions du pays, la pulvérisation des archives de l’Etat civil congolais ainsi que l’absence, jusqu’à ce jour, de pièce valable d’identité sur l’ensemble du territoire national relèveraient de ce plan machiavélique d’anéantissement du peuple congolais et de sa patrie. Percutant dans la manière dont il a été étayé, le récit de M. Kwebe a beau convaincre et subjuguer dans son diagnostic conforté par la cohérence des surprenantes révélations et des références historiques défendables ; mais il a péché par la naïveté ou l’irréalisme dans son dénouement ; notamment par les propositions de sortie de crise qu’il a préconisées. Comment un peuple occupé, affaibli, désorganisé et démuni jusqu’aux simples moyens de survie quotidienne peut-il, sans autre forme d’acrobatie, se défaire de l’emprise militaire qui l’étrangle ? Il y a peut-être une étape préalable que le journaliste a escamotée dans sa pertinente et séduisante analyse. Mais, malheureusement, le débat contradictoire, générateur attitré de discernement, a fait défaut pour permettre de sortir des ambiguïtés.

Labor improbus omnia vincit !ii

Toutefois, réconfortante consolation, néanmoins avec l’intervention de Monsieur l’Abbé Evariste Pini Pini Nsansay. S’appuyant sur un matériel documentaire aussi bien varié que d’une fascinante richesse, l’indocile calotin échappe à la classique et sans nuance critique de conjuration générale que les Congolais formulent allègrement à l’encontre de la communauté internationale en démontrant, preuves en images et illustrations écrites à l’appui, que ce sont des initiatives, au niveau de cette même communauté internationale, et même au niveau de l’Europe envahisseuse plus précisément, qui mirent un terme au premier Génocide des Congolais sous le mégalomane Léopold II. Laissant ainsi entendre que le premier pas, ainsi posé à Nuremberg par la Conférence internationale en vue de la Reconnaissance du Génocide en cours au Congo, s’il était suivi d’autres actions concrètes et de manière aussi bien cohérente qu’assidue, devrait aussi déboucher sur le succès historique qu’ont connu Edmund Dene Morel et ses compagnons face au souverain belge ; nonobstant la fortune et l’aura de ce dernier. Malgré un gros bémol, magistralement émis par le journaliste Kerwin Mayizo, toujours empêtré dans ses considérations pessimistes tant à l’égard des chancelleries occidentales et organisations internationales que vis-à-vis des acteurs politiques congolais en lice réduits quasi tous aux collabos ou accompagnateurs de l’Occupation, le bouillant Combattant Wilkens Alhongo est revenu à la charge en relevant les diverses opportunités qu’offre la communauté internationale au combat engagé et en appelant à la détermination dans l’action et dans la mobilisation pour espérer saisir opportunément les occasions circonstancielles ; lorsqu’elles se présentent.

Eclairage,
Chronique de Lwakale Mubengay Bafwa

 

Avis et considérations exprimés sous cette rubrique n’épousent pas nécessairement les positions officielles de la Convention des Congolais de l'Etranger (CCE) ; dont l’auteur ci-dessus n’est d’ailleurs plus membre.

i Scellé le 10 octobre 1999, en banlieue bruxelloise, plus précisément à l’hôtel Mercure de la région, entre les deux communautés - les Juifs et les Tutsi -, le secret accord autorise en outre les Tutsi à se présenter comme une communauté hébraïque.

 

ii Tirée des Géorgiques de Virgile et, donc, d’origine latine, cette citation laisse entendre qu’avec un travail opiniâtre, on vient à bout de tout ...

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