Lwakale Mubengay BAFWA
Citoyen patriote, originaire du Congo-Kinshasa ; Agrégé de l'enseignement secondaire supérieur, vit à Genève (Suisse)
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Billet de blog 20 août 2021

Trouver des alliés à l’international peut conduire les Congolais à Libérer le Congo !

L’heure a sonné de doter la parodie congolaise de Résistance des caractéristiques de la réalité parodiée ! C’est par des Etats généraux de la Résistance que l’on peut dégager un nouveau leadership éclairé, plus à même de conduire le Congo à sa Libération ; en nouant des alliances géopolitiques stratégiques au-delà des frontières congolaises…

Lwakale Mubengay BAFWA
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BRAVO AU PRÉSIDENT TOUADÉRA DE LA CENTRAFRIQUE - QUE DIRE DE KAGAMÉ ALORS ? © SIMON PAUL BANGBO NDOBO

Trouver des alliés à l’international peut conduire les Congolais à Libérer le Congo !

Mieux que les Talibans en Afghanistan et les voisins centre-africains, une stratégie volontariste, consistant à susciter et à réussir l’affrontement des appétences des grandes puissances internationales sur le Congo, est une délicate gageure, certes ; mais qui vaut néanmoins la peine d’être relevée ; puisqu’elle peut permettre aux Congolais de stopper indirectement leur extermination planifiée et de déboucher sur la Libération de la patrie d’Emery-Patrice Lumumba ! Teneur, forces et orientations de cette volontariste stratégie !

Mercenaires et génocidaires tutsis ne sont que des sous-traitants à la solde des vautours de Berlin !

Sous l’emprise occidentale en tant que terres d’exploitation depuis sa naissance, le Congo aurait bien de mal à s’en extirper aujourd’hui ; alors diverses richesses découvertes sur son sol et dans son sous-sol sont essentielles à l’avenir industriel et déterminantes aux équilibres géopolitiques. Les mercenaires et génocidaires Tutsis rwandais et ougandais semant la terreur et la désolation actuellement au Congo n’étant que de simples sous-traitants à la solde des Américains, des Britanniques et autres Canadiens, on ne saurait envisager d’extraire le Congo de leur domination sans tenir compte des réactions intéressées de leurs mandants. Comment peut-on expliquer qu'un petit état, tel que le Rwanda, puisse avoir le courage et les moyens d’envahir et de contrôler pendant des décennies un pays immense comme la république à démocratiser du Congo (RDC) ? La force et l’arrogance, dont jouit le Rwanda, lui viennent tout droit du mandat de sous-traitance régionale que lui ont imparti l’Administration américaine depuis Bill Clinton ainsi que Her Majesty's Government (le Gouvernement de Sa Majesté) sous l’impulsion d’Anthony Charles Lynton Blair, dit Tony Blair.

A l’instar de l’Afghanistan, la RDC peut conquérir sa Libération en jouant la carte de la néo-guerre-froide ; en opposant les intérêts occidentaux au Congo aux appétences russes, chinoises ou iraniennes notamment sur le pays très convoité de Lumumba. Car, dans ce monde actuel sous diktat anglo-saxon, toute alternative contrariant les desseins américains ne peut que buter sur l’impasse ou semble forcément vouée à l’échec ; tant que les contre-poids géostratégiques n’ont pas été sollicités à la rescousse. Au vu de la diversité, de la teneur et de l’ampleur des avantages géostratégiques, dont il est confirmé et reconnu détenteur, le Congo est un enjeu assez alléchant dont la conquête peut valablement déclencher et justifier une guerre mondiale. Au vu de tout ce que le pays a déjà enduré, après une hécatombe de plus de quatorze millions de morts, un tel risque vaut d’autant mieux loin la peine d’être tenté que d’attendre étourdiment, rêveurs et fatalistes, le dénouement catastrophique et irrémédiable ; qui semble désormais inéluctable dans une imminente perspective.

La Russie s'implante solidement en Centrafrique et met la France dehors © 

A coup sûr, un conflit international majeur, déclenché par l’enjeu congolais, stopperait inéluctablement cet affreux, incoercible et grouillant holocauste savamment planifié et machiavéliquement entretenu. Conscients du niveau de ruines, qu’elle pourrait entraîner, les grandes puissances ne sont pas enclines à se livrer à une guerre ouverte proprement dite. D’où, à l’instar des tensions sur l’Ukraine, l’Iran et la Corée, le blocage des fronts dès les préliminaires ! Une situation de guerre froide ; qui ne manque pas de vertu. Il pousserait spécialement à une révision des alliances politico-stratégiques, entraînerait une redistribution des cartes du multilatéralisme et engendrerait également un remodelage des rapports de forces sur l’échiquier international. Corrélativement, certains sous-traitants régionaux, qui ont le vent en poupe aujourd’hui, verraient leurs positions péricliter subitement comme des châteaux de cartes.

A quelque chose, dit l’adage, malheur peut être bon ! A voir l’état de délabrement caractérisé, dans lequel le Congo patauge si misérablement aujourd’hui, même si la gageüre est hautement périlleuse, le jeu en vaut bien la chandelle ; surtout lorsque d’autres alternatives prometteuses ne sont pas légion. Mais, pour réorienter le combat dans cette perspective, il urge d’abord de sortir la Résistance de sa léthargie et de ses travers actuels ; afin de repenser la lutte de la Libération sous d’autres paradigmes.

Quels rôles la ressurgissante Russie et l’émergente Chine sont-elles enclines à jouer ?

Pour la première fois, en plus de deux décennies de gémissements, le régime d’Occupation en RDC se retrouve, enfin, confronté à des dénonciations et des accusations ouvertes et extensibles d’invasion et de violation des règles fondamentales, tant du droit interne congolais, que du droit international. Enfin, dirions-nous surtout, pour la toute première fois, ces dénonciations et ces accusations ont désormais des porte-paroles visibles, audibles, constants et crédibles aussi bien au niveau national que dans le macrocosme planétaire. Il y a d’abord le très populaire « Président élu » Fayulu au plan politique interne. Et, plus visible encore, il y a le prestigieux Prix Nobel Mukwege, assidu lobbyiste dans une frénétique mobilisation dans toutes les directions, par tous les moyens, à l’international. Malgré leurs exceptionnelles qualités personnelles ainsi que les performances engrangées par leurs prestations et leur mobilisation tous azimuts, force est de relever qu’ils ont aussi échoué.

En effet, à tous les niveaux, l’utopie des Congolais consiste à compter sur les commanditaires de leur mise en esclavage et ultimes bénéficiaires de leur extermination pour les aider à s’en extraire. Tragique utopie ! Le Congo étant sous une tutelle régie selon les principes et critères de la « Pax America », sa Libération ne peut se concevoir qu’en cassant le carcan tutélaire séculaire. Une manœuvre possible en provoquant, par exemple, des rivalités économiques, voire des antagonismes géopolitiques, entre alliés de l’OTAN, ou en cherchant, à l’instar de la Syrie et de la République Centrafricaine (RCA), des alliances stratégiques en dehors du carcan occidental. D’où la nécessité de réinventer la Résistance, en ayant à l’esprit que le système capitalisme mondial, triomphant, n’a jamais revêtu les vertus de cohésion ; que lui prêtent inopportunément, ici et là, certaines interprétations défaitistes ; induites en erreur par des positions officielles.

En réalité, il n’y a, ni en Belgique, ni en France, ni en Allemagne, ni au Royaume-Uni, ni aux Etats-Unis, une vision politique monolithique sur le Congo. A la manière dont Macron a mis en accusation la politique de François Mitterrand au Rwanda, il y a dans chacun de ces pays, ci-dessus cités, autant de lignes politiques congolaises qu’il y a des partis politiques idéologiquement distincts. En France, la sévère critique de la politique africaine d’Emmanuel Macron par la « France insoumise » de Jean-Luc Mélenchon, en est une probante illustration[i]. Elle peut, certes, inspirer l’amorce des alliances à même d’extirper le Congo de l’emprise tutélaire séculaire occidentale et néo-libérale. Au-delà de cette interpolation, et par extrapolation, des ligues du même acabit peuvent se concevoir au niveau planétaire. D’où l’appel à ré-évaluer les rôles que la ressurgissante Russie et l’émergente Chine semblent enclines à jouer avec délectation. Mais, qui es-tu pour interpeller la Russie ou la Chine ? Comment faire pour que tu sois vu, pris en considération par l’une ou par l’autre ? En son état actuel, la Résistance congolaise n’est qu’une grotesque parodie. Il est plus que temps de lui doter des vertus caractéristiques de la réalité parodiée !

L’heure a sonné de doter le semblant congolais de la Résistance des caractéristiques de la réalité parodiée !

Banda Kani fait des révélations fracassantes sur la visite de corruption de Macron au Rwanda © 

En effet, convient-il de s’entendre sur le sens du terme « Résistance ». S’il est difficile d’embrasser le phénomène dans sa totalité, étant donné qu’il est mouvant et en perpétuelle adaptation à une situation qui, elle-même, évolue sans cesse, il est néanmoins possible d’en cibler quelques objectifs et de privilégier une stratégie pour en dégager des caractéristiques tangibles. Par Résistance, entendons, par exemple, cette ferme volonté à s'opposer à l’hégémonie impérialiste. Vue sous cet angle et dans la situation actuelle du Congo, la Résistance est donc une attitude consciente, volontariste, morale et patriotique affichée par les Congolais, qui se refusent à intégrer la capitulation face à l’invasion de leur pays. D’où l’engagement et la mobilisation concrète dans la lutte pour repousser l’ennemi et son emprise sur les institutions nationales. Refuser la reddition et la tutelle implique donc l’engagement dans une voie politico-militaire.

Ainsi, prise dans sa globalité, la véritable Résistance congolaise devrait se matérialiser par la constitution des mouvements visibles, audibles et opérationnels des combattants sur terrain. D’où l’impératif et l’urgence de franchir, d’ores et déjà, quelques paliers préliminaires ! Parmi ces impérieux préalables, si elle veut revêtir le tablier d’un mouvement à prendre sérieusement en compte, la Résistance congolaise aurait déjà dû se concrétiser par l’éclosion des réseaux agissants et efficaces entre ses Combattants. Un réseautage tactique (networking), devant se bâtir davantage sur l’engagement personnel, certes ; mais prompt également à se structurer, à s’harmoniser et à se renforcer d’abord dans la clandestinité. Il s’agirait alors d’un processus d’étroite proximité pouvant alors s’appuyer et compter sur le rassemblement des anciens officiers et sous-officiers des ex-Forces Armées Zaïroises (FAZ), sur la provocation des déserteurs de ces Forces Armées de la république à démocratiser du Congo (FARDC) à la solde de l’Occupant et de leur implication dans le mouvement amorcé  ainsi que sur la sollicitation des divers apports des brevetés des académies militaires étrangères ; qui végètent actuellement dans la diaspora.

C’est par des opérations de guérilla tous azimuts que la véritable Résistance se concrétisera !

La Résistance congolaise effective se concrétisera dès lors que ces cellules maquisardes commenceront à opérer sous diverses formes. A la manière de la Résistance européenne contre les nazis, elle pourrait ainsi recourir à des techniques de guérilla pour s'attaquer au système d’asservissement servant de soubassement au régime d’Occupation en vue de désorganiser celui-ci. Ouverte sur plusieurs fronts, cette guérilla viserait, non seulement les envahisseurs, mais aussi les traîtres de la Patrie, et la cinquième colonne des Occupants, où qu’ils soient ; au Congo même, tout comme ailleurs ; les impénitents thuriféraires, qui désorganisent la diaspora notamment.

Les combattants pourront provenir de tous les milieux sociaux et de toutes les zones géographiques. Leurs divergences idéologiques, politiques et stratégiques pourront générer des antagonismes et des affrontements. Néanmoins, il est essentiel que l’élan concret de Résistance parvienne, à la manière du Conseil national français de la Résistance[ii], à un haut degré d'unification et de cohésion pour être efficient et probant. Ce n’est qu’à ce niveau d’organisation et de maturité que la Résistance pourra valablement envisager, enfin, la Libération du Congo. Plus concrètement, une Résistance congolaise, enfin organisée, devra passer, entre autres, par la mise en place d'une presse complice, le déploiement de ses propres réseaux clandestins de renseignements, l’injonction d’une guérilla généralisée, dans tous les sens et par tous les moyens. Elle constituerait notamment des groupes clandestins chargés de saboter des lieux stratégiques, de liquider, de manière exemplaire, des traîtres et collabos reconnus comme tels par leur complicité avec l’Occupant. Pour provoquer l’effet boule de neige, elle s’en prendrait surtout aux acteurs les plus en vue, elle humilierait, de manière ostentatoire, les collabos les plus zélés, elle s’attaquerait à des organes névralgiques en vue de désorganiser le régime. C’est cette Résistance ordonnancée, agissante, visible et audible qui suscitera, à coup sûr, de l’intérêt au-delà des frontières congolaises et pourra conclure des alliances ; préludes à des contrats post-occupation…

Il faut donc des Etats généraux pour dégager un leadership à même d’amener le Congo à sa Libération !

Plus que le challenge afghan, syrien ou centrafricain, l’enjeu congolais est l’une des très rarissimes mises, les plus fascinantes dans la compétition internationale pour conquérir le statut de super-puissance. Il est donc le gage le plus à même de rapprocher Russes et Chinois dans une alliance stratégique en vue de contester l’insolente propension américaine à l’hégémonie ainsi que pour retorquer, par des faits utilement dissuasifs, à aux incessantes tourne-boulantes attitudes américaines d’arrogance dans des négociations internationales. Mais qui, dans le microcosme congolais, peut approcher ces hypothétiques alliés dans cette perspective salutaire pour venger Lumumba et Kimbangu ? Face à la criante et cruelle absence d’alternative crédible de Libération, une restructuration ambitieuse et audacieuse de la Résistance s’impose donc afin de prospecter, enfin, plus sereinement et plus concrètement, le processus de Libération du Congo.

C’est cette indispensable restructuration de la Résistance congolaise qui pourrait déboucher sur un leadership plus au fait et mieux inspiré pour ouvrir la lutte à d’autres horizons, à de nouvelles perspectives… Parallèlement, c’est également au sein d’un pareil leadership que ceux, qui cherchent à aider le Congo à sortir de la sempiternelle emprise occidentale, pourraient repérer des interlocuteurs crédibles, alléchants selon leurs critères ; avec qui pactiser, se liguer et prendre des risques majeurs ; d’ores et déjà pressentis comme périlleux, mais déterminants.

Eclairage,
Chronique de Lwakale Mubengay Bafwa

[i] Visant à incarner une « autre France » que celle de courbettes obséquieuses au génocidaire Kagame, le leader de la « France insoumise » s’est montré profondément « sankariste » dans un brillant discours, le mercredi 21 juillet 2021, qui fait date, devant des étudiants véhémentement emportés de l’Université Joseph Ki-Zerbo d’Ouagadougou…

[ii]. Fondé le 27 mai 1943, par Jean Moulin, sous l'autorité de la France libre.

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