Il est plus que temps de tenir, enfin, les Etats généraux de la Résistance congolaise

Face aux massacres d’une cruauté inouïe et d’une ampleur hadale, à la dégradation aussi profonde et si nocive des mœurs, à la menace imminente de liquidation du Congo, la riposte, la plus propice, devrait s’apparenter aussi bien aux leçons à tirer des douloureuses épreuves vécues qu’à un lucide élan vers l’avenir. D’où la pertinence et l’urgence des Etats généraux de la Résistance congolaise !

Plaidoyer en faveur de l’urgente tenue des Etats généraux de la Résistance congolaise !

Malgré la présence massive et sous diverses formes de la communauté internationale au Congo, la situation du pays de l’icône de la décolonisation de l’Afrique et du panafricanisme agissant, le héros de l’Indépendance congolaise, Patrice-Emery Lumumba, est sévèrement apocalyptique. Il suffit de relever quelques points illustratifs, les plus saillants de ce cataclysme, pour se rendre compte combien le pays est au paroxysme de la tragédie. En effet,

  • depuis son invasion par la coalition tutsie rwando-ougando-burundaise, 1997, le processus de destruction, de pillage, d’implosion, d’anéantissement du Congo se poursuit de plus belle sous le joug des Occupants farouchement déterminés à liquider définitivement la Patrie de Lumumba ;
  • toutes ses infrastructures, notamment les voies de communication, les sources d’énergie, l’incontournable source et maintien de la vie, l’eau, le principal véhicule de transmission des connaissances et des valeurs ainsi que l’indispensable moteur de développement, le système éducatif, sont toutes à l’abandon, si elles ne sont pas expressément visées par une machiavélique stratégie de désagrégation ;
  • le patriotisme et le nationalisme, catalyseurs de la décolonisation, jadis exubérants jusqu’au martyre, s’illustrent aujourd’hui par un effritement exacerbant, alors que les valeurs sociétales, morales notamment, sont dorénavant si perdues ou inversées que les acteurs politiques en lice restent constamment en émulation pour des postes de collaboration avec l’ennemi et ne s’offusquent pas à se bousculer aux portillons des Occupants avec des enchères à la baisse pour trahir davantage et accélérer la liquidation du Congo ;
  • l’extermination des populations congolaises sur leurs propres terres ancestrales, pour les remplacer par des immigrants importés à dessein[i], n’est pas seulement d’une ampleur abyssale - déjà plus de quatorze millions (14'000'000) de morts ! - elle s’accompagne en outre de la cruauté et de la bestialité des plus inouïes, des plus odieuses afin de dissuader les pauvres rescapés à tenter la moindre résistance ; donc, pour les contraindre à l’errance ;
  • parallèle à l’émulation de la classe politique pour des postes de collabos dans le régime d’Occupation et pour l’enrichissement ostentatoire, la population est chosifiée au summum de l’expression et, endémique, la misère populaire atteint des proportions hadales et prends les allures d’une calamité irréversible, exterminante à son tour ;
  • aujourd’hui, la trahison et la Collaboration avec les Occupants atteignent le point culminant et de non-retour avec, au plus haut sommet de l’Etat congolais, de simples et ignobles stipendiaires prêts à exécuter ostensiblement les plans plus machiavéliques de leurs commettants et génocidaires du peuple congolais jusqu’à la liquidation totale de la Mère-Patrie…

Que faire pour arrêter ce fiasco ? Le cataclysme majeur, aussi imminemment menaçant, est-il encore évitable ? M’Zee Laurent-Désiré Kabila, qui connaissait bien ses ex-alliés ainsi que le sort et traitement qu’ils réservaient aux peuples sous leurs bottes, avait une ardente obsession face à l’invasion tutsie : subir leur domination ; qu’il qualifiait de pur et pire esclavage. Edifié par du vécu, il redoutait de voir les Congolais perdre leur humanité en tombant sous l’exécrable assujettissement des Tutsis et exposés à être traités la pire des cruautés et, tour à tour, comme des choses, des animaux ou, voire même encore, comme de simples machines au service de leur confort. D’où son appel sans ambages à la guerre populaire de Résistance et sa détermination au combat jusqu’au dernier Résistant ! Face à la dégradation des mœurs d’une ampleur aussi énorme et si nocive, telle qu’elle a été décrite ci-dessus, prenant en compte les deals successifs semi-dévoilés ou pas depuis 2018, force est d’observer que la hantise, obsédant l’ancien chef de l’Etat congolais, est en voie de tragique et humiliante concrétisation. Pour conjurer cette catastrophe annoncée et largement dépeinte comme un effondrement définitif de la Patrie, la riposte, la plus propice, devrait s’apparenter aussi bien aux leçons à tirer des douloureuses épreuves déjà endurées depuis l’invasion du pays et largement décrites notamment par le Papport de l’avocat chilien Roberto Garretón, alors Rapporteur spécial des Nations-Unies (ONU) [ii] ou par le Rapport Mapping[iii], qu’à un lucide et pragmatique élan vers l’avenir. D’où la pertinence et l’urgence des Assises citoyennes et patriotiques, en guise d’Etats généraux de la Résistance congolaise, pour envisager, sur base de l’éclairage des experts les plus avisés, des historiens et politologues les plus stratèges aux militaires et combattants les plus expérimentés, sinon, les plus avisés.

Perdons-nous de vue que d’autres pays prospèrent et émergent sur l’échiquier mondial ; pendant qu’au Congo, l’extrême misère populaire se conjugue à l’opportunisme des dealers, usurpateurs et opportunistes de tout genre, qui ne cessent d’accroître vilement les rangs des traîtres, des collabos et accompagnateurs de l’Occupation pour freiner et réduire la Résistance congolaise jusqu’à son anéantissement total. Les velléités patriotiques sont ainsi constamment brisées, souvent au moment où on s’y attend le moins ; parce qu’avec de frivoles et véreux acteurs actuellement en lice dans la classe politique congolaise, la propension à s’accrocher à l’opulence et aux honneurs de façade est en perpétuelle recrudescence. Ainsi, pendant que le Congo sombre, le monde progresse ! Le fait que le minuscule Rwanda, notre humiliant oppresseur, soit désormais, grâce aux richesses pillées au Congo, une puissance émergente, courtisée par les grands de ce monde[iv], a de quoi affoler le plus flegmatique des Congolais. L’urgence de réagir s’impose !

 

A quel but, après les réfugiés érythréens et Somalie, Kagame accueille les réfugiés afghans ? © Mubengay Lwakale Bafwa

A l'instar de l’inoubliable et glorieux Front Commun des Pères de l’Indépendance…

Bien que la classe politique congolaise s’affiche aujourd’hui comme l’une des plus égoïstes, des plus frivoles et des plus véreuses au monde, s’illustrant par une prévarication caractéristique tous azimuts ainsi que par des inepties les plus affligeantes, l’histoire du Congo a néanmoins été marquée par, au moins, trois hauts sommets de lucidité collective et de superbes sursauts patriotiques désormais vénérables. Les remémorer nommément rafraîchirait la mémoire, certes ; mais, surtout, donnerait également une idée sur les objectifs, les orientations et l’ambition que l’on peut à imprimer aux assises des Etats généraux de la Résistance congolaise. Ainsi, nous n'oublierons pas de sitôt ces vives émotions et ces exaltantes images autour de :

  • l’inoubliable et glorieux Front Commun des Pères de l’Indépendance à la Conférence de la Table ronde belgo-congolaise (20 janvier - 20 février 1960). Son illustration par la belle et célèbre chanson, « Indépendance Chacha !»[v], qui a fait le tour du monde, en témoigne de sa force en résonance et en percutance ;
  • l’inopiné « Front commun » contre le mégalomane dictateur Joseph-Désiré Mobutu à la Conférence Nationale Souveraine (CNS) de 1990 à 1992. Grâce à l’inspiration spontanée, à la combativité et à la détermination de ses vaillants acteurs sur le champ de combat, la CNS du Congo, alors Zaïre à l’époque, reste dans les annales de l’Histoire comme le dialogue politique le plus long, le plus réfléchi et le mieux abouti des affrontements politiques africains ;
  • l’émouvant « Front commun » -  - subtilement finalisé du 9 au 11 novembre 2018, à Genève (Suisse), pour dégager un candidat commun à la présidentielle de décembre 2018 et une plate-forme fédérative pour le soutenir, en opposition à la mouvance sortante d’Hippolyte Kanambe, alias Joseph Kabila.

Même si ces brillantes prouesses ont vite été ternies par des désillusions postérieures, même si, à chaque fois, la gestion de la suite a été calamiteuse ; néanmoins, ces réussites ponctuelles montrent que, parfois, les Congolais, généralement très brillant individuellement, peuvent également être capables du mieux collectivement ou de parvenir à des exploits communs ; lorsque les circonstances, la fortuité et la coïncidence rapprochent les grands esprits d’entre eux. Mais, dans un monde désormais archidominé par la propension à l’initiative, à l’entreprenariat et à l’audace, la naïveté, voire l’erreur, consisterait à attendre encore le concours du hasard, de la concordance et le miracle, là où s’imposent le discernement, la volonté d’agir et la témérité. En effet, vouloir sortir le Congo du grand fiasco, qui menace aujourd’hui sa survie, est d’abord et avant tout une question et combat politiques. Et, un combat politique ne peut qu’implique une mobilisation collective.

Aussi, à l’instar de nos valeureux Pères de notre chère Indépendance, acquise dans le sang, mais aujourd’hui cruellement étouffée ou amèrement perdue, le devoir patriotique nous interpelle et nous invite à nous rassembler pour réfléchir de manière concertée. Nous créerons ainsi les conditions de réflexion et méditation opportunes pour nous amener à trouver les voies et moyens de constituer un nouveau noyau névralgique à même de concevoir pertinemment ces assises de dernière chance et de les piloter harmonieusement ensemble. Ce sont ces assises qui constitueront le cadre idoine en quête des solutions, les plus propices, pour sortir le Congo de l’apocalypse généralisée ; vers laquelle il ne fait que s’acheminer de manière si inexorable.

De l'esprit de Résistance aux compagnons de la libération…

Au vu de la voie et du processus dans lesquels l’usurpateur et marionnette Tshilombo l’a engagé, le Congo est plus menacé de disparition que de Libération. La liste noire des traîtres, collabos, acteurs et responsables de cette tragédie redoutée ne sera pas difficile à établir ; celle, qui circule déjà dans certains milieux, se contente actuellement de recenser ces renégats, poussés par l’avidité, la cupidité et la perversité à hypothéquer l’avenir commun… Cependant, si le Congo ne disparaît pas définitivement et que la souveraineté est reconquise, comment reconnaître ces braves martyrs, qui auront contribué à la Libération ? En France, le Général Charles de Gaulle, en tant que « chef des Français libres », créa, dès le 16 novembre 1940, l'Ordre de la Libération destiné à récompenser les personnes ou les collectivités militaires et civiles qui se seront signalées dans l'œuvre de libération de la France et de son Empire. Une disposition qui stimula fortement la spontanéité d’initiatives individuelles et collectives de Résistance.

Toutefois, la Résistance est un état d’esprit et il est désormais bien répandu au Congo ; où une large majorité de la population, malgré le joug de l’Occupation et les conditions de vie particulièrement pénibles, est prête à redresser le front, à s’engager, à se mobiliser, aux sacrifices pour l’illustrer. A l’instar de l’avènement de la Conférence Nationale Souveraine (CNS), de 1990 à 1992, il faut une initiative forte pour servir de catalyseur, sinon de porte-drapeau, au rejet de la sujétion que le Tutsi-Power fait subir aux Congolais depuis des décennies. En effet, même si c’est le Président Mobutu, dans une habile manœuvre politique visant à redorer le blason d’un pouvoir à bout de souffle, qui lança, le 14 janvier 1990, le projet d'un grand débat national, auquel le peuple prendrait part pour exprimer son opinion sur l'amélioration du développement du pays, et qu’il concrétisa dès le 30 janvier 1990, en décrétant les consultations populaires destinées à entendre les préoccupations de la population, le chef de l’Etat contesté venait ainsi officialiser et institutionaliser un débat national déjà palpable par des remous et des revendications plus ou moins ouvertes dans plusieurs couches de la société. La brèche fut notamment ouverte par l'épiscopat du Zaïre avec célèbre « Message aux fidèles catholiques et aux hommes de bonne volonté ». Le mouvement fut rapidement repris par d'autres groupes de la société civile ; où la vitalité du débat politique reste intense jusqu’à ce jour. C’est sur ces bases incitantes qu’il nous revient aussi de tabler aujourd’hui avec espoir de relancer un sursaut patriotique salvateur.

Le discernement, à la lumière du débat contradictoire !

Au sens où nous l’entendons, la Résistance congolaise est une lutte à mener contre ceux qui ont déjà réussi à remporter une victoire absolue sur nous et ont décidé de nous maintenir sous leur domination. Par voie de conséquence, ils nous connaissent donc assez bien ; ils se sont certainement donné les moyens de repérer aussi bien nos forces que nos faiblesses et, forcément, ils nous surveillent de près pour prévenir toute éventualité de révolte. C’est pourquoi la Résistance est une activité hautement complexe et délicate ; corrélativement, elle implique qu’on s’y prenne avec le maximum de précaution. Malheureusement, c’est tout l’inverse avec la platitude des slogans stéréotypés et des phrases toutes faites, qui pullulent dans les réseaux sociaux au nom de l’exaltation de la Résistance congolaise ; mais qui, en réalité, poussent les vrais Résistants au summum de l'exaspération. C’est pour casser ce sinistre élan qu’il urge de nous mettre autour d’une table pour confronter nos hétéroclites points de vue dans une perspective volontariste de rechercher convergences et synthèses les plus appropriées possibles à la complexité de la situation imposée par l’Occupation.

A l’instar de la verve impulsée, jadis par la CNS, les assises des Etats généraux de la Résistance congolaise créeraient un cadre, qui stimule à la fois la réflexion à partir des synergies collectives que l'intériorisation discursive des écarts de considération des uns par rapport aux certitudes des autres. Autrement dit, « du choc des idées jaillit la lumière ! », comme ne cessait de le marteler Nicolas Boileau. En effet, tenu dans les règles de l’art, le débat contradictoire fini par déboucher, non seulement sur de nouvelles idées plus enrichissantes ; mais également sur des compromis bien compris et donc plus à même de mobiliser tout le monde à tirer à la même corde et dans le bon sens. Plus que de simples approbations, les résolutions issues des assises voulues si profondément réflexives et méditatives, invitent nécessairement à un engagement volontariste et pointu dans la mobilisation et dans les actions prescrites. Face à cette situation apocalyptique, dans laquelle le Congo n’a cessé de s’enfoncer depuis des lustres, et qui atteint aujourd’hui son paroxysme, en exposant désormais le pays à des risques incalculables, un rassemblement patriotique, visant à dégager, par conjugaison des synergies collectives, des stratégies d’action, des pistes de solution à même de juguler la catastrophe annoncée ou des et scénarii de Libération, est assurément une démarche indispensable et urgente à entreprendre ; avant qu’il n’en soit trop tard…

L’urgence de réagir s’impose !

La très singulière situation politique en cours au Congo, avec un Congolais, certes, à la tête de l’Etat, mais en simple « proxy » pour exécuter, en minable stipendiaire, des directives lui prescrites depuis l’étranger, conjuguée à l’infiltration et au marionnettisme dans toutes les institutions régaliennes nationales, à l’extermination incessante de la population et à l’errance des rescapés depuis des décennies dans l’indifférence totale de la communauté internationale, au pillage en règle de toutes les richesses du pays, au délabrement abasourdissant des infrastructures, à la ruine déconcertante généralisée et à la misère populaire suffocante sur toute l’étendue du Congo etc… révèlent un contexte assez effroyable pour placer les patriotes congolais devant le défi majeur, non seulement de la riposte, mais également de l’urgence de celle-ci.  Sursaut patriotique ou réaction citoyenne, voire révolte nationaliste, il s’agit d’abord d’une exigence qui s’adresse et interpelle toutes les forces vives du Congo dans toutes leurs diversités.

Mais dans ce Congo de manipulés, on l’a souvent vu, notamment avec le parti, qui s’est, pendant des lustres, attribué le monopole de la légitimité nationale - l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) - le premier réflexe a toujours été la méfiance ; débouchant rapidement à contre-courant sur des anathèmes, sur des calomnies, en répandant machiavéliquement de fausses accusations, en insistant lourdement sur des récriminations et polariser méchamment sur des diabolisations sans preuve, mais d’une extrême dureté, avec en filigrane le dessein d’ostraciser ses adversaires. Combien pouvaient-ils imaginer qu’Etienne Tshisekedi et l’UDPS négociaient en douce le partage de pouvoir avec les régimes, de Mobutu à d’Hippolyte Kanambe (alias Joseph Kabila) qu’ils prétendaient combattre aux yeux des mortels ; qu’ils ne s’offusquaient pas à vilipender à la moindre divergence d’approche ? Qui aurait conjecturé que le fils d’Etienne des deals pour blanchir les génocidaires avérés du peuple congolais et exécuter ouvertement le plan de balkanisation du Congo ? Face à la dégradation des mœurs d’une ampleur aussi énorme et si nocive, la riposte, la plus adéquate, devrait suffisamment s’appesantir d’abord sur de nombreuses et cruelles méprises du passé ; si nous comptons nous projeter avec discernement et assurance vers un autre avenir que le paroxysme de la médiocrité que nous subissons à présent.

Pourtant, malgré l’énormité de la perfidie, l’incommensurable trahison de Tshilombo et ses corrélats, notamment la rupture de l’élan dans le processus de Libération du pays et le reflux au niveau du patriotisme et de la cohésion nationale, elle n’a provoqué aucune secousse notable dans le pays. Il semble, en revanche, avoir accentué la propension, la course et l’émulation pour des postes de trahison de la Patrie pour collaborer avec l’ennemi et accéder facilement aux privilèges sociaux ainsi qu’aux avantages matériels. L’aisance et la rapidité avec lesquelles les transhumances se sont opérées pour faire jaillir une nouvelle mouvance à même d’accélérer la liquidation du Congo a de quoi accroître nos inquiétudes au summum de leur paroxysme. Car, chaque jour, par extermination, par errances ou par transhumance vers la Collaboration avec l’ennemi, les velléités de la Résistance congolaise s’effritent inexorablement. On ne peut non plus surestimer sempiternellement les capacités de résilience de ceux qui endurent tout et n’importe quoi sur le terrain. L’urgence de la riposte s’impose !

 

Eclairage,
Chronique de Lwakale Mubengay Bafwa

[i]. Kagame s’était déjà subtilement illustré en se proposant de donner refuge aux ressortissants du Soudan, de Somalie ou d’Erythrée à évacuer du bourbier libyen... Malgré ses complaintes sur sa surpopulation, le Rwanda de Paul Kagame revient à la charge et rivalise avec l’Ouganda et la Somalie pour accueillir des réfugiés afghans. Elan de générosité, de solidarité ou diplomatie intéressée, toujours est-il que la destination finale de ces masses d’émigrés est forcément la (RDC) ; que Kagame et Museveni s’appliquent à déstabiliser jusqu’à la balkanisation planifiée. Le soutien, subreptif des Occidentaux, des Anglo-saxons plus particulièrement est indéniable. Ces derniers semblent déterminés à stopper la percée chinoise sur les riches sols et sous-sol congolais. Avec leurs précieux services de sous-traitants régionaux, les pays du Tutsi-Power gagnent d’inestimables faveurs sur la scène internationale. Mais, c’est la RDC, qui en paie le prix ; et ce prix pourrait s’avérer beaucoup tragique qu’il n’apparaît aujourd’hui…

[ii]. Un Rapport très officiel sur la situation des droits de l'Homme au Zaïre (RDC, aujourd’hui), présenté par l’avocat chilien Roberto Garretón, alors Rapporteur spécial des Nations-Unies (ONU), conformément à la résolution 1996/77. Dépêché par le Haut-Commissariat aux Droits de l'Homme de l’ONU dans la zone occupée par les envahisseurs et génocidaires tutsis venus du Rwanda, de l’Ouganda et du Burundi dans l'est du Zaïre, il a effectué sa mission entre le 25 mars et le 29 mars 1997.

[iii]. Le Rapport du Projet Mapping, finalement publié dans une version édulcorée en août 2010, amputée notamment de la liste présentée comme celle des auteurs des crimes décrits à la suite d’un bras de fer d’une rare intensité dans les coulisses genevoises du Conseil des Droits de l'Homme, sur la question des « procédures spéciales » opposant la présidence du Conseil à la ferme résistance et à l'offensive d’un collectif d'ONG inhabituellement déterminées, concerne et détaille, en effet, nombreux et probants témoignages en appui, les violations les plus graves des droits de l’Homme et du droit international humanitaire commises entre mars 1993 et juin 2003 sur le territoire de la RDC.

[iv]. En visite officielle au Rwanda, du 26 au 27 mai 2021, le président français, Emmanuel Macron, a accablé son prédécesseur François Mitterrand sous les regards de plusieurs observateurs médusés, en demandant aux Rwandais de pardonner à la France pour son rôle dans le génocide rwandais de 1994, au cours duquel environ 800 000 Tutsis et Hutus modérés ont trouvé la mort. On devine les dividendes escomptés de cette courbette exorbitante…

[v]. Composée par Thomas Kanza et interprétée de manière sublime par celui que d’aucuns considèrent comme le Père de la Rumba congolaise, Joseph Athanase Kabasele Tshamala (Grand Kallé), accompagné par son mythique groupe dénommé l'« African Jazz », et s’appuyant sur un refrain entraînant et joyeux, chanté en toutes les principales langues du Congo de Lumumba, cette chanson, diffusée sur Radio Congo belge, fut le principal canal par lequel les habitants du Congo, dès le mois de février 1960, apprirent l’indépendance future de leur pays. Immédiatement, elle provoque une onde de choc ; mais pas seulement qu’au Congo… Progressivement, elle deviendra l’hymne-fétiche des mouvements anticolonialistes de toute l’Afrique noire, racontant l’enthousiasme de cette émancipation tant espérée par les populations locales. Jusqu’à aujourd’hui, elle demeure l'extraordinaire tube politique, le premier symbole des indépendances africaines...

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