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Lwakale Mubengay BAFWA

est un observateur engagé de la vie politique et sociale en République Démocratique du Congo. Analyste des dynamiques de résilience communautaire, il œuvre pour l’éveil de la conscience civique et la défense de la souveraineté nationale face à la prédation des ressources.

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Billet de blog 21 décembre 2025

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Congo : cohésion sociale et organisation communautaire comme stratégies de libération

Ces mouvements de réarmement moral et de réaménagement communautaire en vue de la libération du Congo sont déjà en marche au pays et prouvent que le génie congolais est sa plus grande ressource de délivrance. Les identifier, les renforcer, les unifier et les ajuster mèneraient sûrement à l’émancipation rapide, totale et irréversible du pays. Mais, qui, pour en prendre l’initiative ? Voilà le défi

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✍️2ème Tribune : ֎ Nous ne sommes plus des ombres !

🙏Nous sommes l’aube qui refuse la nuit !

🙏Chaque voix compte !

🙏Chaque pas libère !

🙏Peuple du Congo, levons-nous !

🙏La vérité est notre flambeau !

🙏La justice, notre horizon

  • Quand la conscience s’éveille, les chaînes tombent !
  • La critique n’est pas une menace, c’est l’aube de notre libération !
  • Le peuple n’est pas un décor. Il est le moteur de notre libération !
  • Le Congo ne ploie plus sous le joug, il se réaménage pour se relever !
  • Nous sommes les auteurs de notre histoire, pas ses victimes !

Renforcer la cohésion sociale et l'organisation communautaire comme une stratégie de libération et un levier stratégique pour l’émancipation et la résilience du peuple congolais.

Illustration 1
Cohésion sociale, émancipation nationale ! © Lwakale Mubengay BAFWA

🌗 Introduction

La République Démocratique du Congo (RDC), riche en ressources naturelles et en diversités culturelles, traverse depuis de nombreuses décennies des crises politiques, sociales et économiques qui entravent son développement et l’épanouissement de son peuple. Stopper ces crises est une gageüre majeure face à laquelle le renforcement de la cohésion sociale et la réorganisation communautaire apparaissent comme des stratégies agissantes, fondamentales et suffisamment efficaces, non seulement pour la libération du pays des différentes formes de domination, qu’il n’a que trop subies ; mais aussi pour consolider la résilience intérieure et permettre une émancipation réelle et durable. Il ne s’agit donc pas d’évoquer de belles expressions de sociologie pour frimer ; c'est une démarche déterminante, qui touche au cœur des défis majeurs que les Congolais se doivent de relever. C’est notamment évoquer un véritable bouclier et un moteur de transformation pour un pays à la croisée des chemins ; car, il faut que le Congo neutralise, enfin, de vives pressions internes et externes qui s’exercent assidûment et sous diverses formes sur lui depuis des lustres.

Les lignes et pages, qui suivent, se proposent aussi bien d’explorer et de repréciser ces importantes représentations dans le contexte congolais que de prospecter comment ces mécanismes peuvent se traduire concrètement en stratégies judicieuses de libération du Congo et de résilience pour son peuple.

☘️Comprendre les concepts dans le contexte congolais

En effet, pour l’émancipation réelle et effective du Congo, la cohésion sociale et la réorganisation communautaire en sont d’autant des piliers déterminants du processus que, structurées et appliquées, elles sont de vrais artifices de réveil :

  • La cohésion sociale : c'est le refus de la division ethnique ou régionale souvent instrumentalisée par des acteurs politiques ou des puissances externes pour réussir à diviser pour régner. C'est redécouvrir et consentir l'identité congolaise comme un socle plus solide que les clivages internes ;
  • L'organisation communautaire : c'est la capacité des citoyens, à l'échelle d'un quartier, d'un village, d'une chefferie ou d’une zone de se regrouper pour résoudre des problèmes locaux, sans attendre une aide externe ; qui, souvent, tarde à venir (santé, sécurité, éducation, infrastructures de base).

🌷Cohésion sociale et organisation communautaire comme dispositifs de protection

Pour la libération du Congo des influences prédatrices et des ingérences déstabilisatrices, la cohésion sociale et l'organisation à la base de la pyramide communautaire sont de redoutables armes. Car, par sa propension à garantir le bien-être de tous ses membres, à réduire les inégalités en interne et à favoriser le mieux vivre-ensemble, chaque communauté de base renforce la solidarité et la confiance mutuelle en son sein. Et, corrélativement, plus la solidarité agissante et la confiance mutuelle règnent dans une société, moins il y aura des failles profitables aux intrusions et ingérences étrangères. De même, plus les groupes locaux sont mieux structurés pour s’auto-organiser, se mobiliser et agir collectivement pour défendre leurs intérêts, résoudre leurs problèmes et galvaniser leur développement, moins ils laissent des opportunités aux intrus.

Donc, renforcer la cohésion sociale et l’organisation communautaire en RDC implique ainsi reconstruire la confiance entre les membres de chaque communauté, créer des espaces de dialogue et d’action collective et mobiliser ses hommes, ses femmes, ses jeunes ainsi que ses leaders locaux pour qu’ils transforment des conflits en coopération. Assurément, c’est une stratégie de libération ; car, elle arme le peuple d’une résilience collective, le confortant à résister aux divisions imposées et à bâtir une souveraineté populaire durable[i].

🎄 Du renforcement de la cohésion sociale vers la libération du Congo

Pour restaurer le tissu social déchiré par les guerres intestines pendant des décennies, paralysé par des déplacements massifs en errance continue depuis des lustres et constamment haché par des violences d’une rare cruauté, force est de passer, au moins, par le dialogue, la médiation et la réconciliation entre individus et communautés. C’est par ces procédures qu’il revient possible de :

  • Briser les divisions ethniques et régionales : la RDC est caractérisée par une mosaïque ethnique, souvent exploitée par des intérêts extérieurs ou internes pour diviser, opposer et contrôler la population pour mieux l’assujettir. Renforcer la cohésion sociale aide à dépasser ces clivages[ii];
  • Créer une identité nationale forte : en mettant en avant les valeurs communes et la solidarité, la cohésion sociale favorise l’émergence d’un sentiment d’appartenance fort et moteur de l’émancipation collective ;
  • Favoriser la paix et la stabilité : des communautés soudées sont moins vulnérables aux manipulations, aux conflits et à l’instabilité politique ;
  • Générer la vigilance citoyenne (Early Warning) : par la quête volontariste de la cohésion sociale, le peuple congolais peut se ressouder comme jadis. Et, des communautés soudées sont efficaces pour détecter les infiltrations ou les mouvements suspects. Une base organisée est beaucoup plus difficile à affoler ou manipuler par des conquérants et pillards étrangers…

🎆 De l'organisation communautaire vers la libération du Congo

L’émancipation du peuple congolais passe par sa capacité à s’organiser et à s’unir face à ses défis multiformes. En favorisant l’entraide, la solidarité et la responsabilité collective, la société congolaise devient plus résiliente aux crises et moins susceptible de subir l’exploitation et la manipulation. Les communautés qui se réorganisent, se réarment pour devenir de véritables acteurs de leur propre destin, des changements qu’ils souhaitent et capables tant de négocier que de revendiquer leurs droits et de défendre leurs intérêts aussi bien sur la scène nationale qu’à l’international. Une solide organisation communautaire permettrait aux Congolais de reprendre le contrôle sur leur quotidien et s’émanciper face aux structures oppressives. Ce qui s'expose par :

  • La mobilisation citoyenne : la création de comités de quartier, de groupes de femmes et de jeunes, d’associations mixtes locales œuvrant pour la défense des droits, la transparence et l’accès aux services essentiels ;
  • La participation démocratique : encourager et créer les conditions de la mobilisation citoyenne en vue d’assister directement à des débats où s’exercice le droit à la parole pour défendre ses opinions et prendre part activement au processus décisionnel, tant au niveau local que national ;
  • La mutualisation des ressources : solidarité dans l’accès à l’éducation, à la santé, à l’eau, à l’électricité, à l’agriculture, à la sécurité permettant ainsi de réduire la dépendance aux pouvoirs centraux ou aléas extérieurs ;
  • L’autonomie économique : développement de coopératives, d’initiatives entrepreneuriales locales qui renforcent l’indépendance économique des communautés suppose une communauté ouverte à la collaboration ;
  • Le combat contre l'économie de prédation : en créant des coopératives agricoles et artisanales fortes, les communautés ainsi structurées se dotent des moyens de reprendre le contrôle de leurs ressources (minerais, terres) face aux exploitants illégaux. L'union fait la force de négociation ;
  • La légitimité et redevabilité : quand le peuple est organisé en structures communautaires solides (comités de développement, associations de jeunes ou de femmes), il devient un interlocuteur incontournable. Il peut alors exiger des comptes aux dirigeants locaux et nationaux, rendant la corruption et la mauvaise gouvernance plus difficiles à entretenir...

🌞 Cohésion sociale et organisation communautaire comme leviers de la résilience congolaise

Dans un contexte congolais largement marqué par des conflits armés majeurs, des déplacements massifs et continus des populations ainsi que la misère inouïe, la cohésion sociale et l’organisation communautaire sont des réconforts essentiels. Elles permettent de construire des réseaux de soutien, d’assurer la sécurité sociale et de renforcer la capacité de résistance face aux épreuves. Les exemples de villages, qui se relèvent après des massacres ou des catastrophes grâce à leur solidarité interne, illustrent le dynamisme de ces stratégies. La résilience est la capacité de "tenir bon" et de se reconstruire après un choc. Au Congo, ces mécanismes de résilience sont déjà multiples. On peut évoquer :

  • Solidarité organique : en l'absence d'un système de sécurité sociale étatique complet ou efficace, c'est la communauté qui joue le rôle de filet de sécurité (aide aux déplacés de guerre, prise en charge des orphelins) ;
  • Réparation du tissu social : après les traumatismes suite aux épidémies ou conflits, la cohésion sociale aide la guérison collective et la réinsertion ; évitant ainsi le cycle éternel de la vengeance qui nourrit les guerres…

🥇 Conclusion et perspectives : pyramide renversée

La libération de la RDC ne viendra probablement pas uniquement "d'en haut" ou de l'extérieur. A la lumière de ce qui précède, force est d’admettre qu’elle repose plutôt sur une pyramide renversée : si chaque village et chaque quartier renforce sa cohésion et son organisation, la base devient si solide que le "joug" ne trouve plus d’appui pour progresser. L'émancipation réelle consiste à passer de victime à acteur. Comment s'y prendre, à l’échelle communautaire, pour transformer cette volonté de survie individuelle en une puissance collective ? C’est la manœuvre de l'émancipation, la fin de la dépendance, qui passe par :

  • L'autonomie financière locale : dans un pays au système bancaire boiteux, la mutualité par tontines et micro-crédits communautaires permet de financer des projets locaux sans dépendre de l'aide extérieure, souvent assortie de conditions inabordables ou qui limitent la souveraineté ;
  • La réappropriation culturelle : par le recours actif aux mécanismes traditionnels de résolution de conflits, comme le Baraza à l'Est du Congo, pour restaurer la paix et faire échec aux interventions extérieures ;
  • L'éducation populaire : une communauté avisée sait l’agio d’investir dans l’instruction de ses membres. Un peuple maîtrisant ses droits et histoire est un peuple qu'on ne peut plus assujettir, en tout cas plus facilement...

Renforcer la cohésion sociale et l’organisation communautaire au Congo n’est pas seulement un idéal, mais une stratégie concrète pour la libération du pays des scissions qui l’étiolent, du joug tutélaire qui l’opprime, des pillages qui l’appauvrissent. C’est une voie vers une émancipation réelle, où chaque citoyen devient acteur de son propre destin et où la résilience collective prépare le terrain pour un avenir meilleur, actif et plus juste pour tout le peuple congolais.

Note d'espoir : Ce mouvement est déjà en marche dans de nombreuses provinces à travers des mouvements citoyens et des initiatives locales qui prouvent que le génie congolais est sa plus grande ressource. Un peu plus tard, nous lui consacrerons des publications spécifiques traitant notamment de structures communautaires qui fonctionnent déjà en RDC ou dans d'autres contextes similaires ; à l’instar des Mutuelles de Solidarité (MUSO) au Kivu, du "Baraza" et des structures de médiation locale globalement dans l’Est du Congo, des Mouvements Citoyens tels que LUCHA et Filimbi, du modèle "Harambee" au Kenya, des coopératives de femmes (collecte de noix de karité) au Burkina Faso.

Eclairage,
Chronique de Lwakale Mubengay Bafwa

  • Pas de paix sans vérité, pas de progrès sans conscience !
  • Autant le silence est complice, d'autant plus que la parole est pouvoir !
  • Citoyens conscients vivement debout, le joug congolais tombe incessamment !
  • Conscience citoyenne et critique ouvertement en marche, Congo illico libre !
  • Nous ne demandons pas la liberté, nous sommes déjà en train de la construire !

[i]. Cohésion sociale et résilience : les initiatives communautaires en RDC, dans Habari RDC, une plate-forme de blogueurs, issus de la République démocratique du Congo, créée en février 2016, publication du 8 avril 2025.

[ii]. Ibid

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