Agrandissement : Illustration 1
9 tribunes pour explorer des pistes à emprunter pour briser le joug sous lequel le Congo ploie depuis des lustres, déconstruire le mythe du sauveur providentiel surgissant notamment de l’étranger (Trump), renforcer la résilience collective interne et la souveraineté nationale…
8ème tribune, « Action E » ou spéciale offensive internationale pour la libération du Congo, est une mission spécifique conçue spécialement pour la diaspora congolaise. Celle-ci, en effet, y est investie d’un rôle particulier dans la perspective de la stratégie globale de libération du Congo ; parce qu’elle vit dans les pays qui abritent les acteurs économiques, politiques et médiatiques impliqués dans la crise congolaise, parce qu’elle est déjà là où se trouvent les leviers les plus performants de libération du Congo de Lumumba… La teneur de l’« Action E » consiste à conscientiser, engager et mobiliser la diaspora congolaise à assumer cette mission patriotique…
✨Introduction
Il existe des moments dans l’histoire où un peuple comprend que sa libération ne se jouera pas uniquement sur son propre sol. Que les leviers décisifs, les nœuds du joug, les centres de gravité de l’asservissement, de la dévastation, de la déprédation et des manipulations, qu’il subit depuis des décennies se trouvent ailleurs : dans ces capitales où se négocient des contrats opaques, dans ces chancelleries où se scellent des complicités, dans ces conseils d’administration où se décident les destins de millions de vies sans jamais prononcer leurs noms.
Pour le Congo de Lumumba, ce moment est arrivé depuis des lustres. Cependant, ce qui a longtemps fait défaut aux Congolais, c’est une stratégie idoine, à la hauteur du défi. Action E s’inscrit précisément dans l’optique de cette gageüre.
En effet, c’est depuis trop longtemps que le Congo endure un cycle de violences, de pillages et d’ingérences qui dépossèdent son peuple de ses richesses et de sa dignité. Les mécanismes traditionnels de lobbying et de plaidoyer, trop souvent timorés ou déconnectés des réalités du terrain, n’ont pas permis de renverser cette néfaste dynamique. Face à l’ampleur désormais accentuée de cette crise, il devient impératif de repenser, en termes d’amélioration, l’action politique du pays là d’où vient son malheur. C’est dans cette optique que s’énoncent et se formulent surtout les visées de l’« Action E ». Une stratégie politique offensive, coordonnée et professionnalisée, visant à mobiliser la diaspora congolaise pour que, par son action ciblée, elle dénonce et conditionne à agir dans l’autre sens les gouvernements étrangers et les multinationales complices du statu quo. Mobiliser la diaspora congolaise à cette fin et repenser le plaidoyer politique pour briser le cycle d’ingérences, d’humiliation et de pillages en sont les clés.
🌟 Aux origine de l’« Action E », définition, principes…
On ne le répétera jamais assez ! Car, depuis des années, le Congo endure un paradoxe tragique piteux : une richesse géologique immense, qui finance ostensiblement son propre asservissement. Si, jusque-là, le combat se mène sur le sol national, une vérité patente s’impose : les verrous du joug congolais se trouvent souvent à des milliers de kilomètres de Kinshasa, dans le feutre des chancelleries et des conseils d’administration des multinationales. C’est ici que surgit la conscience de changement de paradigme : l’« Action E ». Elle veut marquer un tournant stratégique majeur : on ne demande plus l'aide à la communauté internationale, on agit en son sein pour modifier les rapports de force. C'est « l’Action E », ou le réveil du géant par ses sentinelles extérieures !
L’« Action E » (pour « offensive internationale ») désigne ainsi une forme de lobbying et de plaidoyer politique mené à l’étranger, caractérisée par son intensité, sa coordination et sa capacité à cibler les véritables leviers des marionnettistes qui tyrannisent. Contrairement au lobbying classique, souvent limité à des démarches institutionnelles ou diplomatiques, l’Action E se veut militante, proactive et résolument tournée vers la rupture avec les mécanismes traditionnels. Son origine se trouve dans la volonté de la diaspora congolaise de devenir un acteur politique à part entière, capable de peser sur les décisions des gouvernements occidentaux et d’exposer publiquement les multinationales, impliquées dans la crise congolaise, à l’appréciation des opinions publiques.
Agrandissement : Illustration 2
✍️Différences avec le lobbying classique
Une approche offensive axée sur la cible, voilà la gageüre ! En effet, l'Action E (Extérieure) n'est pas un lobbying de salon. C'est une stratégie âprement et surabondamment offensive ; qui déplace le centre de gravité de la lutte. Contrairement au lobbying classique, qui quémande de l'attention, l'Action E vise à désarticuler les réseaux de complicité là où ils naissent. C’est la diplomatie de combat menée par ceux qui connaissent le système de l’intérieur : la diaspora.
Là où le lobbying traditionnel se contente d’interpeller ou de quémander, l’Action E attaque et entretient la pression visant à provoquer des changements structurels et opérationnels en attaquant sciemment et directement les racines du problème : la connivence internationale dans les pillages et la perpétuation tant des conflit que du joug sur le sol congolais. Elle ne cherche pas à négocier des aménagements superficiels ; elle exige plutôt des ruptures nettes, en s’appuyant sur des campagnes publiques, des actions de pression éthique et une exposition médiatique des responsabilités. L’Action E assume une posture offensive, qui ne craint pas d’interpeller directement les décideurs, d’organiser des mobilisations ciblées et de recourir aux outils numériques pour amplifier l’impact de l’action.
Conçue pour pallier les problèmes et les échecs aveuglants des pressions lobbyistes traditionnelles, jugées souvent trop timorées, assez dispersées, fort dépendantes des humeurs diplomatiques, l’Action E tire sa pertinence, sa force et sa légitimité morale d’un constat amplement simple et implacable : le joug, qui écrase le Congo depuis des lustres, n’est pas seulement congolais ni régional. Il est international. Subséquemment, la libération du pays doit l’être aussi. Elle vise alors à déplacer le point névralgique du combat vers ces hautes chancelleries où se prennent réellement ces décisions néfastes majeures qui affectent le Congo :
- capitales occidentales ;
- institutions internationales ;
- multinationales extractives ;
- réseaux d’influence structurant la géopolitique des ressources.
Loin de n’être qu’une fuite du terrain congolais au profit du confort étranger, tel qu’il paraît à première vue, il s’agit plutôt de l’élargissement du terrain de lutte…
🖼️Le rôle central de la diaspora congolaise
La gageüre improbable, que la diaspora congolaise se doit de relever avec brio dans l’optique de l'Action E, consiste ainsi à transformer cette vision de lobbying singulièrement combattif, voire provocateur, en impact réel sur le terrain. Ce défi appelle à une grande fertilité d’imagination pour concevoir, élaborer et mettre en œuvre des stratégies les plus à même de bousculer les dogmatismes les plus solidement établis. Les leviers, éligibles dans cette perspective sont variés.
Pour que l'Action E réussisse, la diaspora se doit d’opérer une mue radicale ; en passant de groupe de pression à acteur politique épouvantable. Elle ne doit plus être perçue comme une simple source de transferts de fonds (remittances ) ; mais comme un levier électoral et économique, quels que soient ses pays de résidence (Belgique, France, Etats-Unis, Canada, Allemagne, Suisse, Espagne, Inde, etc.) :
- Le vote de la diaspora comme Arme : en s’organisant en blocs électoraux dans les pays hôtes, les Congolais peuvent forcer les parlementaires et ministres de ces pays à rendre des comptes sur leur politique au Congo ;
- La démythification de l’allégorie du « sauveur étranger » : l'Action E se pose et se donne les moyens de déconstruire l'illusion selon laquelle le salut du Congo viendrait d'une intervention providentielle ou étrangère par des élans humanitaires dans le camp des envahisseurs. Le dessein étant de démontrer comment le changement peut venir des pressions exercées de manière bien ciblée sur les marionnettistes qui profitent de l'instabilité…
L’Action E assigne ainsi à la diaspora congolaise un nouveau statut, un profil sensiblement différent de celui sous lequel elle a été longtemps identifiée : de la passivité, elle lui confère l’influence politique. Ainsi, longtemps cantonnée à un rôle d’observateur engagé ou de soutien humanitaire, la diaspora congolaise, se doit aujourd’hui de franchir désormais un cap : celui d’organisation politique et d’instigatrice de la mobilisation stratégique. L’Action E invite chaque membre de la diaspora à devenir ainsi un relais d’influence, à s’investir dans des réseaux de plaidoyer et à utiliser son ancrage local pour interpeller les élus, les médias ainsi que les entreprises impliquées dans la crise congolaise. Passer de la torpeur à l’action, c’est transformer la diaspora congolaise en force politique à même de peser sur la politique étrangère et soutenir la dynamique de libération du Congo.
La diaspora congolaise a une position centrale dans la tâche dévolue à l’Action E, vu qu’elle est déjà là où se trouvent les leviers de l’intervention. Car, elle vit dans les pays qui abritent les architectes économiques, politiques et médiatiques du joug sur le Congo. Parce qu’elle détient ce capital unique : la double légitimité :
• Légitimité congolaise, par l’histoire, la mémoire, la douleur et l’espoir actifs ;
• Légitimité citoyenne, dans les pays d’accueil, où elle s’est battue pour acquérir la citoyenneté et peut dès lors voter, interpeller, mobiliser, participer…
L’Action E propose donc une transformation profonde de statut et de rôle. Passer d’une diaspora spectatrice à une diaspora actrice. D’un groupe de pression dispersé, inconscient de son réel pouvoir d’influence à un acteur politique structuré. D’une indignation émotive à une stratégie d’influence : voilà le défi !
🎯 Procédés et leviers d’action
La gageüre improbable, que la diaspora congolaise se doit de relever avec brio dans l’optique de l'Action E, consiste ainsi à transformer cette vision de lobbying singulièrement combattif, voire provocateur, en impact réel sur le terrain. Ce défi appelle à une grande fertilité d’imagination pour concevoir, élaborer et mettre en œuvre des stratégies les plus à même de bousculer les dogmatismes les plus solidement établis. Les leviers, éligibles dans cette perspective sont variés.
Essentiellement, l’opérationnalité de l'Action E peut notamment s’appuyer sur :
- Professionnalisation : la diaspora congolaise est immense, talentueuse, multiforme etc. Mais, sans structure et sans formation idoine, elle reste un géant désarticulé. L’efficacité de l’Action E repose sur la préparation de militants aux tâches. Car, bien outillés, aptes à structurer des campagnes, à rédiger des argumentaires solides et à affronter avec brio les décideurs, ces prosélytes volontaristes, à dessein engagés, se transforment forcément en redoutables protagonistes pour n’importe quelle chancellerie. Ce qui exige, au départ, des « Task Forces» spécialisées (juristes, économistes, experts en communication, spécialistes en négociation) capables de parler le langage des interlocuteurs (décideurs), tout en imposant l'agenda congolais ;
Révolu donc le temps des plaidoyers improvisés, mal apprêtés, risquant de tout hypothéquer lors de l’exécution de la mission ! Il s’agit de quitter l’amateurisme pour adopter les méthodes des groupes de pression aguerris, de confier la mission aux personnes formées aux codes et pratiques locaux ;
Coordination : la dispersion des initiatives nuit à la visibilité et à la force du plaidoyer. L’Action E préconise la création de plateformes de coordination, permettant de mutualiser les ressources, d’harmoniser les messages et de planifier des actions collectives efficaces à des échelles transnationales :
- des cellules de plaidoyer dans chaque grande ville stratégique ;
- des équipes formées aux codes politiques et stratégiques locaux ;
- des relais médiatiques, juridiques, académiques, économiques ;
- une coordination transnationale pour éviter la dispersion…
- Plaidoyer ciblé : plutôt que de s’adresser indistinctement à l’ensemble des interlocuteurs, l’Action E préconise d’identifier et de cibler les points focaux décisifs sur lesquels exercer des pressions ajustées : parlementaires influents, ministères éminents, multinationales visées, leaders d’opinions ;
- Outils numériques : à condition de savoir les exploiter, les réseaux sociaux offrent des possibilités illimitées. Campagnes en ligne, pétitions digitales et webinaires constituent des leviers majeurs pour mobiliser, sensibiliser et amplifier la portée du plaidoyer. L’utilisation intelligente de la data et du storytelling permet de toucher des publics variés et d’adapter le discours ;
- Pression éthique : en exposant publiquement leurs responsabilités et leurs profits faramineux tirés des minerais du sang et de l’esclavage moderne qui caractérisent la crise congolaise, l’Action E vise à noircir l’image publique et mise sur la honte sociale ainsi que sur la réputation négative notamment pour forcer les exploitants internationaux véreux à revoir leurs pratiques. Campagnes de boycott, appels à la transparence, information, éveil, sensibilisation, conscientisation et mobilisation des consommateurs sur leurs exactions sont autant d’armes pour faire plier les multinationales…
La pression éthique notamment n’est pas un simple slogan : c’est un instrument puissant dans les sociétés où l’opinion publique influence les gouvernements…
Agrandissement : Illustration 3
🧭 Impact potentiel et perspectives
L’Action E, si elle est bien structurée, parfaitement coordonnée et portée par une diaspora résolument et prestement engagée, a le potentiel nécessaire pour transformer et reconfigurer avantageusement les rapports de force autour du Congo. Elle peut contraindre les gouvernements étrangers à revoir leur soutien à des régimes complices, pousser les multinationales artificieuses à renoncer aux pratiques prédatrices, pour redonner au peuple congolais la capacité d’imposer ses priorités. Au-delà de ces résultats immédiats, l’Action E ouvre la voie à de nouvelles cultures politique, économique et administrative fondée sur le sens de responsabilité, l’engagement éthique et la solidarité universellement répartie.
L’Action E est donc une véritable révolution silencieuse, mais bien déterminante. Si elle est menée avec une bonne rigueur, elle peut produire des gains inopinés :
- Modifier la perception du Congo dans le monde, spécialement dans les pays occidentaux, où l’image du pays a été volontairement déformée pour justifier des attitudes paternalistes et mirages de sauveurs qu’il faut briser ;
- Contraindre les gouvernements hôtes à revoir leurs engagements douteux, leurs alliances problématiques, leurs contrats litigieux, leurs silences ;
- Exposer les multinationales prédatrices au procès des opinions publiques à même de les contraindre forcément à des pratiques plus responsables ;
- Créer un rapport de force inédit, où la diaspora richement informée, clairement avisée de sa double légitimité, conscientisée sur l’honorabilité et les conséquences de son action devient un acteur politique enflammé ;
- Renforcer la légitimité interne des mouvements congolais en montrant que la lutte est transnationale, globale, structurée, stratégique et déterminée…
L’Action E n’est donc pas un supplément d’âme. C’est un levier de souveraineté.
⚙️Conclusion
Le Congo ne manque ni de courage, ni de ressources. Sa riche diaspora, surtout, s’affiche comme front extérieur sûr de sa libération. Ce qui lui a manqué jusqu’à présent, donc trop longtemps, c’est une stratégie globale capable de s’attaquer aux racines internationales de ses malheurs. En proposant une diplomatie citoyenne, offensive, structurée, transnationale et ancrée au cœur du dispositif géniteur et ordonnateur du joug sous lequel le pays ploie depuis des lustres, l’Action E transmute la diaspora congolaise en force géopolitique redoutable, en acteur de rupture incisif, en vecteur de dignité irrémissiblement conquérant. Si elle réussit, elle évoluera désormais comme l’un des piliers les plus décisifs de la libération du Congo assurément par les indices, indélébiles, qu’elle laissera dans l’histoire de l’héroïsme congolais, mais aussi par l’ouverture de la voie à l’audace. Visant à libérer le Congo en partant du cœur du système de son assujettissement, l’Action E est donc un puissant outil de conquête de la souveraineté retrouvée hors des frontières congolaises, mais d’une efficacité redoutable. En s’attaquant aux racines extérieures du joug et de la prédation du Congo, elle fragilise sensiblement le dispositif prédateur de l’intérieur et libère corrélativement l’espace nécessaire pour que, de l’intérieur du Congo de Lumumba, le peuple congolais puisse enfin concevoir et bâtir son destin. La diaspora n’est plus un spectateur lointain, elle est le commando d’élite de cette libération systémique.
Visant à libérer le Congo en partant du cœur du système de son assujettissement, l’Action E est donc un puissant outil de conquête de la souveraineté retrouvée hors des frontières congolaises, mais d’une efficacité redoutable. En s’attaquant aux racines extérieures du joug et de la prédation du Congo, elle fragilise sensiblement le dispositif prédateur de l’intérieur et libère corrélativement l’espace nécessaire pour que, de l’intérieur du Congo de Lumumba, le peuple congolais puisse enfin concevoir et bâtir son destin. La diaspora n’est plus un spectateur lointain, elle est le commando d’élite de cette libération systémique.
Voilà pourquoi un appel à l’engagement, au lancement et à la structuration de l’Action E s’impose et son opérionnalité effective urge au vu de la gravité de la situation en cours ! Car, la libération du Congo ne se jouera ni dans les salons feutrés, ni dans les couloirs anonymes de la diplomatie. Elle dépendra également de la capacité de la diaspora congolaise et, surtout, de ses militants les mieux avisés, les plus lucides et mieux conscientisés à s’organiser, à professionnaliser leur action et à investir l’espace public international. L’Action E n’est pas une option ; c’est plutôt une nécessité historique pour briser le cycle d’ingérence. Elle est une offensive politique, éthique et digitale, portée par la conviction que le Congo mérite la justice et la liberté. À chacun d’y prendre sa part, dès à présent !
Eclairage,
Chronique de Lwakale Mubengay Bafwa
[i]. Remittances ou remises migratoires ou encore plus communément désignées par transferts de fonds, correspondent à la part des revenus gagnés à l’étranger que les migrants rapatrient chez eux pour investir ou soutenir leurs proches restés dans leur pays d'origine.