S’allier au pantin Tshilombo, c’est pactiser avec Tutsi-power et devenir collabo !

Qui est le plus ridicule dans cette course aux enchères inversées ? Est-ce Tshilombo, qui prétend déboulonner le système qui l’en a fait qu’un pantin ? Est-ce la délégation de l’UDPS qui implore la magnanimité du Raïs ? Ou Tshaombo qui, pour camoufler sa quémande de poste, fait semblant de reconnaître au pantin des pouvoirs qu’il n’a pas ?

Après tricheurs, traîtres et collabos, ces quémandeurs, qui hypothèquent définitivement la Libération !

NOS ENNEMIS ONT COMPRIS...ET NOUS? © TTS TV Timothée TSHAOMBO SHUTSHA

À l'instar des acteurs politiques eux-mêmes, les analystes politiques ne cessent aussi de proliférer et de fourmiller dans la communauté congolaise. Hélas ! On y trouve un peu de tout. Mais, doté d’une grande facilité d’élocution, Tshaombo est plutôt parmi ceux qui ont su briller, captiver et séduire par cet exercice. C’est dire qu’au-delà de l’aisance à couler ses opinions dans de belles phrases, il a également fait preuve de justesse et de cohérence par ses propos dans la logique où il les formulait ; de pertinence et d’évidence par ses conclusions dans l’optique où il les stipulait. Ainsi, jadis, ses analyses pullulaient dans les réseaux sociaux comme des champignons dans un champ ad hoc. Ce qui est désormais bien loin d’être le cas aujourd’hui. Récemment, un de mes débatteurs sur le web a sommé la charge en me balançant la vidéo de Tshaombo, ci-jointe, avec cette lancinante question : que faut-il lire à travers ce vibrant appel à la coalition avec l’allié du diable lancé par celui que tu encensais comme patriote convaincu et envoûtant ? C’est dans les échanges avec mon débateur que j’ai pris conscience de l’incidence funeste de l’action en cours de Tshaombo sur la communauté militante. C’est pourquoi il m’est apparu impérieux d’en faire une mise au point publique ; en scrutant aussi bien ce qui le motive que le danger évident dans lequel, si on y prend pas garde, Tshaombo peut entraîner d’autres patriotes distraits.

Le comble du ridicule : insolite course aux enchères inversées !

Qui est le plus ridicule dans cette course aux enchères inversées ? Est-ce Tshilombo, qui déclare sans rire aux Congolais qu’il s’est allié à leur bourreau et tyran consolidé dans une perspective de déboulonner ce dernier ; mais sur base d’un deal secret qui le dépouille de tout et l’exhibe ostensiblement dans un statut et rôle de pantin ? Est-ce la délégation de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) qui, bien qu’acculée et humiliée sur ordre du Raïs, dans ses négociations pour la formation du gouvernement, ne s’offusque néanmoins pas d’aller officiellement auprès de ce dernier pour solliciter sa magnanimité afin qu’il tempère les outrances de ses émissaires ? Est-ce les pseudos patriotes et analystes politiques congolais qui, malgré tout ce qui a été dévoilé sur son deal avec Le Raïs, ne se choquent pas de prôner l’alliance avec le pantin dans l’optique de déboulonner le marionnettiste ? Relevant de cette dernière catégorie, les propositions du stratège Tshaombo cachent mal leur véritable dessein.

Edifié par ce que nous avons pu observer dans la procédure de nominations successives de Gizenga, Badibanga, Tshibala et Tshilombo, nous serions tentés de lire, ici, une course insolite aux enchères inversées. Comme leur nom l’indique, les enchères inversées s’opèrent de manière antithétique au mécanisme classique des enchères. Autrement dit, c'est l'acheteur qui prend l'initiative de proposer un prix pour un produit qu’il veut se procurer. Il déclenche ainsi l’émulation des vendeurs en quête de gain et de l’écouler. Dans l’optique compétitive, les plus impatients sont alors prompts à faire des propositions alléchantes de prix pour attirer l’acheteur déclaré. Ce qui, en définitive, permet à ce dernier de conclure le marché au prix le plus bas. Dans son emprise sur le microcosme politique congolais, le Tutsi-power applique la version anglaise des enchères inversées courantes sur le marché de l’emploi. Ici, c’est l’entreprise qui propose une rémunération pour un poste. Les candidats intéressés postulent en enchérissant à la baisse leurs prétentions salariales. Finalement, c’est le profil requis, qui propose les exigences les moins élevées, qui acquiert le poste. Une belle illustration avec la cooptation de Tshilombo par Le Raïs.

A cause de cette voracité maladive des Congolais pour des postes, les plus beaux jours du Tutsi-power dans la conquête complète du Congo sont encore à venir !

En effet, face à l’insécurité et à la misère régnantes sur le Congo, l’opulence matérielle et l’aisance sociale des collabos exercent une attraction irrésistible sur la plupart des Congolais. Certaines conclusions hâtives se circonscrivent aux moralement faibles ; à qui elles reprochent l’égoïsme et la lâcheté de faciliter la tâche aux occupants en tombant allégrement dans leur piège pour leur servir de marionnettes. Quelque exactes qu’elles peuvent être dans l’optique où elles sont étayées, elles ne traduisent pas toujours toute la tragique réalité du quotidien congolais ; qui invite à les relativiser. Ainsi, à l’extrême où il est chosifié aujourd’hui, résister au prosélytisme du Tutsi-power pour un Congolais, relève de l’héroïsme, voire du martyr. Exploitant désormais au grand maximum toutes ses potentialités de nuisance au Congo, le marionnettisme est donc une stratégie à même de détruire, au paroxysme, tout le tissu socio-politique du pays. Et, par marionnettisme, il faut entendre une manœuvre politique consistant dans l’utilisation des autres acteurs comme pantins des détenteurs du pouvoir réel en leur faisant exécuter tout ce qui peut mettre ces commettants hors de portée des attaques prévisibles. Dans cet entendement, on admettra volontiers, et cela va de soi, que la puissance d'un marionnettiste dépend du nombre de marionnettes qu'il peut manipuler en même temps. Observer la scène politique congolaise sous cet angle, de Laurent-Désiré Kabila à Tshilombo, on est vite frappé par l’abondance de la moisson ; corrélativement, on s’aperçoit de la facilité d'épanouissement de l’impérialisme tutsi sur un terreau si bien fertile en égoïsme et inconscience. Demain, à qui le tour ? Une évidence tout de même persistante, croissante, troublante et frustrante, cette propension des Congolais à se réduire gracieusement aux marionnettes des étrangers !

« LAMUKA ! » forever !

Qui donc arrêtera ce développement exponentiel du marionnettisme au Congo ? Etat d’esprit d’abord, processus politique de sa canalisation ensuite, « LAMUKA ! » semble né pour enfin faire contrepoids à ce néfaste betuttelingi en passe d’avoir raison du Congo en tant que patrie des Congolais. L’exaltation du patriotisme et du nationalisme, au maximum où on peut aller, « LAMUKA ! » constitue donc une voie et une arme impétueuse de résistance, sinon de guerre, contre le marionnettisme du Tutsi-power au Congo. Mais l’ennemi est puissant et complexe ; aussi, « LAMUKA ! » doit-il se doter des moyens appropriés pour une lutte longue et de grande envergure. Il commencerait par prendre en compte le fait que le marionnettisme n’est qu’une des émanations de l’Ubwengeii. Cette doctrine politique très originale, qui fonde, structure et oriente l’action politique du Tutsi-power. A l’origine des malheurs, qui s’abattent inexorablement sur le Congo depuis une vingtaine d’années, l’Ubwenge est aussi le facteur et le cœur de la stratégie qui étouffent l’écho des problèmes congolais au niveau international. « LAMUKA ! » devrait se faire une raison et une priorité de mobiliser des synergies pour s’attaquer pertinemment et frontalement à l'historiographie du Tutsi-power, pour analyser et étudier en profondeur l’Ubwenge. Au vu de l’ampleur des dégâts déjà perpétrés au Congo sans en émouvoir la communauté internationale, ubwengologieiii serait un préalable sine qua non aucun combat contre l’occupation rwandaise ne serait efficace, ni portait les fruits escomptés. Mais, combattre Tutsi-power devrait également aller de pair avec l’émergence d’une cellule stratégique et diplomatique à même de pratiquer, si pas l’Ubwenge, au moins une parallèle.

Un palliatif aux errements de Bemba (2006) et de Tshisekedi (2011), lucidité, pertinence, cohérence et détermination de Fayulu !

Dans un élan de naïveté fort coupable, nous sommes encore nombreux à nous gausser du Raïs en le traitant béatement d’inculte et d’idiot. Les autres observateurs de la scène politique congolais le considèrent plutôt comme un génie de la politique ; non seulement du fait qu’il a su s’imposer dans l’un des pays les plus convoités au monde, mais surtout de la facilité avec laquelle il tourne en bourriques, et ce depuis des lustres, plus de quatre-vingt millions de Congolais. Finalement, dans ce cirque, où les guignols jouent au roi, le plus stupide est bien celui qui n’a pas claire conscience du rôle qui lui est imparti ou qu’il s’attribue sans s’apercevoir qu’il contribue à entretenir le système de sa propre destruction. Comme Kamerhéon, avec son paradigme de dynamisme de la politique, Tshaombo nous offre une coquette illustration de cette métaphore incompréhensible ailleurs ; où on parle plutôt et abjectement de transhumance et de duperie. Le Raïs s’emploie par procuration pour imposer horreurs et souffrances au peuple congolais ; et ses affligeants acolytes ne cessent de trouver des parades savantes pour justifier leurs forfaits.

Si, autrefois, les performances intellectuelles et les faiblesses morales étaient, pour Le Raïs, les critères de recrutement de ses auxiliaires pour ses basses besognes, la sélection du pantin, devant assumer officiellement des décisions à même de transformer la face de l’Histoire, a été plutôt inversement proportionnelle, il devient de plus en plus difficile de ne pas s’en apercevoir, à des prouesses cérébrales. Beaucoup perdent du temps à débattre des capacités et des perspectives de Tshilombo à déboulonner la Kanambie ; force est de se rendre à l’évidence que ceux qui fayotent face à la Présidence de la République en abusant du faux patriotisme pour enfumer le peuple, ils ne se mentent qu’à eux-mêmes. Parce qu’en face, il n’y a qu’un pantin, au rayon d’action scrupuleusement restreint par son marionnettiste. Et pour Le Raïs lui-même, le plus idiot de tous est bien celui qui ne réalise pas encore qu’il est le bras du Tutsi-power au Congo, qu’il nomme et révoque les animateurs de toutes les hautes institutions politiques du pays, qu’il est le super metteur en scène, le grand marionnettiste. Il ne le crie pas sur les toits ; mais il fait tout pour l’illustrer. Qui est resté en fonction sans jouer au renforcement du régime ?

Alors qu’il a gagné haut la main la présidentielle d'octobre 2006, Jean-Pierre Bemba trafiqua honteusement sa victoire contre un geste financier et s'engagea en conséquence à se limiter à une « opposition républicaine » contre Le Raïs, c'est-à-dire uniquement sur le plan politique. Le trouvant néanmoins encombrant, Le Raïs ne s’offusqua pas à le faire mettre précipitamment au frais dans le quartier pénitentiaire de la Cour Pénale Internationale (CPI), à Scheveningen, dans les faubourgs de La Haye. Faut-il rappeler qu’après de longs et précieux services pour asseoir dans la tricherie les fondations de la Troisième République, l'Abbé Apollinaire Malu Malu Muholongu a été remercié de la plus cruelle des façons. Il en savait trop et il pouvait un jour parler ! A la présidentielle de novembre 2011, c’est Étienne Tshisekedi le vainqueur des urnes. La victoire fut néanmoins cédée au Raïs. Apôtre de la non-violence, Tshisekedi se contenta de prêter serment depuis sa résidence de Limete et invita le peuple au calme. Séducteur hors pair, c’est Daniel Ngoy Mulunda qui avait été choisi pour couvrir cette comédie électorale. Par la suite, Ngoy a démontré des troubles à vivre avec tant d’ignominies sur sa conscience. Il a donc été réduit à un simple élément de l’armée de réserve dont Le Raïs n’a pour le moment pas besoin.

Tricheur né, Nangaa a été ciblé pour noyer le poisson au moment la levée généralisée des boucliers contre le troisième mandat présidentiel du Raïs rendait la tâche plus rude. Il a démontré qu’il a bien été à la hauteur de sa mission en fabricant des résultats aussi bien de la présidentielle que des législatives. Rocambolesque ! Mais, contrairement à Bemba et à Tshisekedi, le vainqueur des urnes en 2018, Martin Fayulu, refuse de se soumettre à ce diktat de l’invraisemblable. Bien que face à la répression et aux impératifs de la survie quotidienne, la détermination populaire s’effrite de plus en plus, l’état d’esprit d’éveil et de la résistance à la tricherie semble toujours prépondérant dans le pays. Tirant les leçons de sa passivité face aux forfaitures antérieures, la population, en dehors de quelques fanatiques et corrompus, rejoint majoritairement Fayulu dans son discours et fait de la Vérité des urnes une question de principe, un combat fondamental pour le présent et pour l’avenir. Ainsi, aux errements de Bemba (2006) et de Tshisekedi (2011), lucidité, pertinence, cohérence et détermination de Fayulu s’imposent en palliatifs indispensables, à même de refonder le sérieux électoral et inaugurer une nouvelle ère pour la culture démocratique au Congo. Pour que les désillusions électorales vécues hier ne se reproduisent plus, la Vérité des urnes est un abcès qu’il est impérieux de crever hic et nunc !

Eclairage,
Chronique de Lwakale Mubengay Bafwa


Avis et considérations exprimés sous cette rubrique n’épousent pas nécessairement les positions officielles de la Convention des Congolais de l'Etranger (CCE) ; dont l’auteur ci-dessus n’est d’ailleurs plus membre.

i Expression néerlandaise équivalente du vocable français : marionnettisme.

ii Essence culturelle et doctrine politique du Tutsi-power, selon Dr Jean Paul Puts, dans « La culture du mensonge au Rwanda ».

 

iii A prendre au sens d’Historiographie du Tusti-power, d’analyse et d’étude de l’Ubwenge.

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