La Résistance a vécu, vive la Libération !

l’après-Coronavirus sera caractérisé par des changements structurels profonds à l’échelle mondiale. Dans quel état, des peuples sous occupation, à l’instar du Congo, vont-ils traverser cette crise déterminante pour les nouveaux grands équilibres dans le monde de demain ? Bravant à dessein sa délicate convalescence, Odon Mbo semble déterminé à profiter du contexte pour sortir le Congo du joug...

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Le colonel Odon Mbo brise le silence : Toute la vérité sur l'état du pays © NTINU NSAKU-NE-VUNDA

Malgré Coronavirus, Odon Mbo mobilise pour la Libération immédiate du Congo !

Qualifie arrestations et feuilletons judiciaires de manœuvre de diversion !

A chaque grande crise planétaire - il est devenu difficile de ne pas s’en apercevoir - des stratèges avisés avancent insidieusement leurs pions, rabattent des cartes pour s’imposer, consolider leurs positions ou gagner des avantages sur l’échiquier international. Une chose est déjà certaine : l’après-Coronavirus sera caractérisé par des changements structurels profonds à l’échelle mondiale. Mais alors, dans quel état, des peuples, aujourd’hui sous occupation, à l’instar de la Palestine et de la République à démocratiser du Congo (RDC), vont-ils traverser cette crise manifestement déterminante pour les nouveaux grands équilibres dans le monde de demain ? Avec un peu de discernement, on peut comprendre que c’est surtout dans ces pays dominés qu’on devrait le plus s’appliquer et s’agiter ; si on veut changer la donne, viser une autre redistribution des cartes à son avantage et forcer, un tant soit peu, son destin. Est-ce dans cette perspective que certains des ténors de la Résistance congolaise surgissent et se débattent pour prendre leurs responsabilités devant l’Histoire, mettre à contribution les circonstances impromptues et préparer un autre avenir pour le Congo de Lumumba ? Bravant à dessein sa délicate convalescence, Odon Mbo semble être de ceux qui sont déterminés à profiter du contexte pour sortir le Congo du joug. Mais, échappera-t-il aux écueils stratégiques, qui ont souvent gangrené et anéanti aussi bien ses propres belles initiatives que les actions globales de la Résistance ?

En effet, aujourd’hui décapitée et émiettée, la Résistance congolaise a-t-elle définitivement failli à ses ambitions, à ses objectifs, à ses devoirs patriotiques ? Est-il trop tôt pour faire le bilan à charge d’un mouvement qui a pris plusieurs formes selon les époques et ciblé divers ennemis de natures et de calibres sensiblement différents au fil des temps, sans palpable résultat ? Toujours est-il qu’en lieu et place du statu quo linéaire, qui l’a caractérisé depuis des lustres, c’est plutôt à une brutale totale mutation et d’ampleur inédite que nous assistons aujourd’hui dans les orientations de la Résistance congolaise. Des slogans, souvent creux, d’une Résistance plus symbolique qu’active, divers groupes des patriotes combattants semblent désormais avoir changé le fusil d’épaule et se montrent plus enclins à des attitudes et à des actions libératrices concrètes. Ainsi, même s’il le fait sans fougue harangueuse et sans effusion d’émotions galvaniseuses manifestes, les appels d’Odon Mbo aux actions de Libération, à la mobilisation et à la réorganisation des synergies collectives ont été perceptibles et le placent aussi bien lui-même que la Convention des Congolais pour la Démocratie et la Paix (CCDP), sous couvert de laquelle il mobilise, dans le renouveau d’un mouvement jadis terni par des décennies d’inefficacité et d’affligeante léthargie, pour les propulser , de manière anoblissante, à l’avant-garde de la quête de la Libération. L’élan tend à se généraliser. La Résistance a donc vécu, vive la Libération !

militaire

La Résistance a vécu, vive la Libération !

Bien que sans émotion manifeste, lorsqu’Odon Mbo s’exprime néanmoins avec vive détermination dans la vidéo ci-jointe, on serait tenté d’entendre, à travers le mot Résistance, auquel il fait constamment recours, la véritable allégorie et politiquement connotée du terme Libération. Historiquement et politiquement très connotées, les deux notions ne couvrent cependant pas les mêmes réalités. Comme en physique, la résistance désigne les moyens naturels de défense ou mis en œuvre pour s’opposer aux dangers et attaques extérieurs par un organisme donné. La résistance de la pierre à l’eau, du fer à l’érosion, de l’organisme vivant aux microbes et maladies, d’un peuple aux envahisseurs et aux persécuteurs. Faute de moyens suffisants pour une action illico déterminante ou par stratégie de nécessaire temporisation, la Résistance politique et historiquement connotée s’est toujours installée dans la durée ; sans perspectives claires sur les échéances à franchir. Résistance à la colonisation !

Par contre, du point de vue politique et historique, le paradigme Libération porte en lui la volonté et l’immédiateté de l’action pour en finir. En France et historiquement parlant, la Libération désigne la période précise, vers la fin de la Seconde Guerre mondiale, avec des actions offensives de reprise progressive par les forces alliées des régions de la France métropolitaine occupées depuis 1940 par les armées du Troisième Reich et de l'Italie fasciste. Avant cette période, on a plutôt parlé de la Résistance. De même, en Algérie, on a longtemps évoqué la Résistance à l’Occupation française jusqu’au déclenchement, par des nationalistes algériens, principalement réunis sous la bannière du Front de Libération Nationale (FLN), de la Guerre d'indépendance et de décolonisation contre la France. Dès 1954 notamment, le mouvement de Résistance se mue en volonté de Libération avec des stratégies différentes et des attitudes conséquentes. Aussi, peut-on dire aujourd’hui que la Résistance congolaise n’a qu’assez vécu. Pour des pans de plus en plus larges de notre communauté nationale, il est plus que temps de la Guerre ouverte contre les Occupants et leurs collabos. Même s’il n’a pas réussi à le dire de manière directe, claire et percutante, Odon Mbo a rejoint l’avant-garde de cette revendication légitime, impérieuse et urgente. C’est bien dans cette optique qu’il faut appréhender ses vibrants appels au rassemblement, à la mobilisation et à la conjugaison des synergies collectives pour chasser les occupants et solder enfin l’illégitimité.

Arrestations et feuilletons judiciaires comme stratégie de diversion !

Depuis les fièvres électorales de 2006, le « dégagisme » frappant la classe politique congolaise n’a cessé de s’amplifier et de se structurer. Il a atteint une dimension hautement significative en 2015 avec le rejet, par le peuple combattant et par les députés de l’opposition politique, de la révision de la loi électorale visant le prolongement du mandat du chef de l’Etat de l’époque, l’usurpateur tutsi rwandais et agent du Führer Paul Kagame, Hyppolite Kanambe, alias Joseph Kabila, frappé par les restrictions constitutionnelles à deux mandats. Malgré la répression dans le sang, les protestations populaires se sont multipliées jusqu’à contraindre le régime à abandonner son projet. Instruit depuis lors par une amère expérience, ce régime s’applique désormais à raffiner ses stratégies de conservation de pouvoir.

Manifestement de formation militaire pointue, Odon Mbo s’illustre également par ses intuitions à détecter et à déjouer les pièges, parfois grossiers, que les pègres stratèges du régime ne cessent de tendre au peuple congolais en le distrayant par des mises en scènes pour détourner son attention de leur diabolique plan. Ainsi, pour le Président du CCDP, l’arrestation de Kamerhéon, toutes les interpellations judiciaires du même acabit ainsi que l’évocation incisive par les médias de service de l’Etat de droit au Congo sont toutes des scènes de pure distraction, de diversion stratégique pour occulter le processus de liquidation du Congo en cours de dénouement. D’où l’urgence de la mobilisation générale et de la réorganisation des forces patriotiques combattantes, non seulement pour faire échec aux desseins machiavéliques des envahisseurs, mais aussi pour les expulser définitivement du territoire congolais et reconquérir aussi bien notre souveraineté que la gestion de nos riches terres.

Priorité au Front commun de Libération !

Il n’y a pas que le ton du discours d’Odon Mbo qui a évolué de la Résistance à des incantations en faveur de la Libération ; ses choix des voies et moyens pour espérer atteindre le but se sont également métamorphosés. Ainsi, même s’il ne voit le rassemblement patriotique qu’autour de lui-même et de la CCDP, il perçoit néanmoins la nécessité de l’union et de la cohésion pour mettre en commun le peu de moyens de lutte à disposition contre des ennemis bien équipés et archi-déterminés à conserver et consolider leurs avantages logistiques acquis sur nos terres. Tout en signifiant que la CCDP ne gênera l’action d’aucun autre groupe combattant de la Résistance congolaise, il appelle à l’organisation et à la mise en place d’une superstructure pour additionner les forces et tirer profit des effets d’échelles.

Appel à une taxe de Libération !

En acteur avisé par des années d’expérience dans la Résistance, Odon Mbo discerne de manière experte les autres atouts essentiels d’un combat de Libération. Il met notamment en exergue l’aspect financier et appelle à une taxe de Libération. Ici, surtout, il déçoit dans l’optique de légèreté où il lance cet appel à la quête financière. S’il s’était préalablement préoccupé de voir dans le passé comment ces opérations de financement des actions patriotiques se sont soldées, il prendrait le temps et les précautions de mieux soigner sa pertinente initiative sur un aspect si essentiel. En effet, plus on récolte et cumule des échecs, autant la perspective de réussir un jour une collecte des fonds dans la communauté congolaise s’éloigne inexorablement. Faire le point sur les impairs déjà expérimentés et éviter autant que faire se peut les maladresses les plus criantes, serait dès lors un pas dans la bonne direction.

Mais, dans une communauté, où la méfiance et la jalousie s’étalent et s’installent jusqu’au paroxysme, lancer une récolte des fonds sur la simple base d’un numéro de compte bancaire et de sa seule bonne foi ne saurait provoquer le déclic, interpeller les consciences et réconcilier les récalcitrants avec la générosité. Même dans la société la plus égoïste, la collecte des fonds est toujours possible ; si on arrive à vendre aux gens quelques intérêts réciproques réels du vécu ou supposés en échange. Ainsi, la fierté d’être reconnu dans la communauté pour ses élans de solidarité serait une voie. C’est pourquoi nous pensons qu’une quête financière, organisée et soutenue par le maximum possible des médias de la Résistance, avec la mise à jour régulière et publique de l’état des cotisations, serait un stimulant individuel à accomplir ce geste de générosité sollicité et un atout à la réussite de l’opération.

Honoré Ngbanda s’est-il exalté trop vite !

A écouter les réactions ici et là suscitées par la dernière sortie médiatique du Président de la CCDP, son attitude et son discours tranchent tout nettement d’avec la dernière prestation du Président de l’Alliance des Patriotes pour la Refondation du Congo (APARECO). Celui-ci avait surpris et choqué le monde de la Résistance avec des éloges incongrus et des espoirs injustifiés spontanément placés dans l’usurpateur et dealeur Tshilombo, non seulement pour combattre le Coronavirus, mais également pour sortir le Congo de la crise politique. D’aucuns seraient tentés de se demander ce que la CCDP et l’APARECO ont encore en commun. Au moment où ailleurs, ici et là, on se projette déjà stratégiquement dans l’après-Coronavirus, Ngbanda s’exalte, à l’instar des autres quémandeurs de poste, le pseudo journaliste Christian Bosembe et l’affligeant opportuniste Franck Diongo en tête, perfidement encore de ses rapprochements avec les dealeurs, traîtres et collabos prétendument au pouvoir…

Pourtant, sûrs de leurs prérogatives, les Présidents de deux chambres parlementaires, Jeannine Mabunda et Alexis Thambwe Mwamba, semblent préparer une opération à même de remodeler le paysage politique au Congo. Ayant toujours en point de mire la tenue du Congrès, le projettent-ils pour normaliser les ordonnances présidentielles ou ont-ils d’autres agendas cachés à même de surprendre ? Déjà, la simple idée de réunir un congrès sème une panique généralisée dans le camp du « placebo » et désillusionne bien d’autres collabos encore masqués. Qu’adviendra-t-il lorsque les conditions seront réunies pour tenir ce congrès ? Les raisons pour accuser Tshilombo d’avoir violé intentionnellement la Constitution ne manquent pas ; alors que ses délits de faux et usage de faux sont légion. Contrairement à certains prétendus leaders de la Résistance, les fins stratèges du régime d’Occupation semblent déterminés à mettre tout à contribution, la crise au Coronavirus comprise, pour rebattre et redistribuer les cartes. Il ne reste plus que la prochaine occasion de tenir ce congrès pour agir. Le bal de chauves semble sur le point de son dénouement…

Eclairage,
Chronique de Lwakale Mubengay Bafwa

Avis et considérations exprimés sous cette rubrique n’épousent pas nécessairement les positions officielles de la Convention des Congolais de l'Etranger (CCE) ; dont l’auteur ci-dessus n’est d’ailleurs plus membre.

 

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