Quelle recette de dernière chance pour sauver le Congo ?

action politique appelle à se doter des moyens d’action plus variés et plus puissants pour être visible et audible et aller à la conquête des alliés dans le concert des nations. D’où un Gouvernement de Libération pour mobiliser des parrainages de haut niveau, celui d’un grand pays souverain, pour envisager sérieusement, avec le soutien de ce dernier, l’option d’une grande Guerre de Libération...

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A Fribourg, un aparté avant le Dîner-débat © Lwakale Mubengay BAFWA A Fribourg, un aparté avant le Dîner-débat © Lwakale Mubengay BAFWA

Libération ou liquidation du Congo, recette de dernière chance pour sauver la Patrie

© PLUS CLAIRE TV

Que se passe-t-il à l’Est de la République à démocratiser du Congo (RDC) ? Pour Bastien Renouili, journaliste Grand reporter à France 24, cette région, victime depuis plusieurs décennies de guerre et d'épuration ethnique, est la plus meurtrie du monde. Epicentre de la crise, la ville de Béni et toute sa région environnante, plongent inexorablement depuis des lustres dans l’indescriptible : des personnes égorgées ou enterrées vivantes et en masse, des scènes d’une extrême cruauté à infernale répétition, l’horreur y règne vraiment de manière absolue, jamais vécue nulle autre part ailleurs qu’au Congo même. Interpellé par l’hyper gravité de la situation et par des critiques tous azimuts, le dealeur Tshilombo se lâchait, d'un ton péremptoire, en déclarant qu’il était « prêt à donner sa vie pour le rétablissement de la paix à l’Est » de son pays. Au-delà du sérieux, qu’il est légitime d’ôter à ces élucubrations, vu le contexte dans lequel elles ont été débitées, force est surtout de s’interroger sur la volonté et les capacités réelles d’un Président nommé, qui n’arrive déjà pas à se faire obtempérer dans ses décisions solennelles par de simples ministres. Dès lors, comment pourra-t-il agir sur un corps aussi complexe et compact que l’Armée ; où, d’ailleurs, il lui semble interdit de fourrer son nez, y compris pour de simples nominations de routine ?

La vraie solution à la crise multiforme, dans laquelle patauge la RDC et menace sa survie, c’est un Colonel congolais des Forces armées de la république à démocratiser du Congo (FARDC), qui l’articule dans un message un peu plus subliminal largement diffusé sur les réseaux sociaux. Victime lui-même d’humiliations et témoin de mutations précipitées ou d’assassinats ciblés de ses compatriotes zélés au front pour sauver les autres Congolais ou pour défendre le territoire national, l’officier congolais s’inquiète des conditions de soumission et la neutralisation imposées aux militaires congolais dans leur propre armée par des étrangers. Convaincu de la complicité de la Mission de l'Organisation des Nations-Unies en république à démocratiser du Congo (MONUSCO) dans cette mise en situation d’otage et du pouvoir d’argent pour acheter des consciences, il en appelle en conséquence à la jeunesse congolaise de se prendre en charge et de se mobiliser pour déjouer les pires desseins qui se dessinent sur l’avenir du Congo. C’est pour répondre à cet vibrant appel patriotique que nous estimons que le moment est venu de réagir enfin différemment à cet esclavage et à l’extermination des Congolais sur les terres de leurs propres ancêtres, avant qu’il ne soit trop tard.

Si l’originalité de la recette, que nous préconisons, consiste à n’exclure aucune approche, aucune stratégie prônée par un Congolais ou un quelconque groupe de Congolais, elle privilégie par contre la constitution d’un Exécutif fédérateur et représentatif, à même de contenir des ambitions personnelles et de favoriser la combinaison et la synthèse des stratégies même divergentes. Les pages et les lignes qui suivent veulent montrer aussi bien la teneur que l’ampleur d’une approche de « brise-glace » ; consistant à réunir un ensemble de techniques pour créer, renforcer et entretenir l’esprit de groupe, générateur et rentabilisateur des synergies collectives.

A l’instar du Gouvernement provisoire de la République française (GPRF), priorité au rassemblement par Gouvernement de Libération !

Contrairement à ses illustres prédécesseurs, Cardinal Ambongo se laisse honteusement corrompre et coalise maléfiquement avec le recéleur Tshilombo dans la trahison et la collaboration. Encore une nuisible alliance, une de plus, pour hypothéquer davantage la survie même de notre Mère-patrie. Parce qu’elle vient renforcer la principale et lâche conjuration des renégats, que des fripouilles et fanatiques, qui la soutiennent pour d’évidentes raisons pécuniaires et égoïstes, appellent irresponsablement coalition progressiste. Néanmoins, toutes ces funestes combinaisons, peuvent encore être déjouées. Il faut se dépêcher et éviter, à l’instar d’Honoré Ngbanda et du Président élu Martin Fayulu, d’autres et nouvelles maladroites sorties médiatiques ; qui fissurent le front de la Résistance.

La première recette, pour y arriver, réside dans le rassemblement, sans équivoque, derrière celui qui vient de récolter le plébiscite du peuple souverain de manière sensationnellement tranchante. Corrélativement, tout scénario de dénigrement ou de dévaluation du leadership du Commandant du peuple conduit forcément aux nouvelles entailles ou à l’élargissement des anciennes dans le front de la Résistance à l’Occupation et à son affaiblissement. Les circonstances actuelles et le pragmatisme politique recommandent plutôt le rassemblement et son renforcement par un Exécutif de combat à même de contester, au haut niveau, la légitimité des institutions issues du hold-up électoral, d’initier des offensives diplomatiques et de jeter les bases d’une Armée de Libération. Après tant d’affligeants tâtonnements, l’heure a sonné pour l’émergence d’un large Gouvernement de Libération. Constitué, à l’instar du Gouvernement provisoire de la République française (GPRF)ii, par concertations inclusives de toutes les forces vives de la Résistance intérieure et extérieure congolaise, il sera le fer de lance d’un grand mouvement fédérateur, à même de se donner, par combinaison des synergies collectives, plus de moyens d’action et plus d’efficacité. Un grand Ministère de Guerre, un grand Ministère des Affaires Etrangères, un grand Ministère de la Justice et j’en passe constitueraient des atouts pour envisager la Libération du Congo autrement, sous meilleurs auspices.

Du travail collaboratif pour traiter toutes les propositions de sortie de crise, d’où qu’elles viennent !

En effet, partout et dans divers domaines de la vie, des think tanks émergent aujourd’hui en galaxie pour repenser les processus d’innovation et de développement. Il ne s’agit pas seulement d’aller plus vite au résultat escompté, lorsque le contexte l’exige, il s’agit également de résoudre des problèmes toujours plus complexes et de raccourcir les délais de traitement des questions urgentes. La Libération du Congo, menacé de balkanisation, sinon de liquidation définitive, en est une et pressante. Elle en appelle donc à la mise à profit de l’intelligence collective, du travail collaboratif, de coworking, de « cross fertilisation » ou d’« open innovation ». Ce qui, forcément, oblige les stratèges congolais, soucieux d’accélérer la Libération, à la connexion et la confrontation de leurs savoirs, de leurs expériences respectives et des approches tactiques hétéroclites, voire divergentes, que les uns et les autres préconisent. Ainsi, si d’aucuns ont rejeté sans autre forme de procès l’option de l’Opposition républicaine, aux relents collaborationnistes ou, tout au moins, d’accompagnement de l’Occupation, prônée par le controversé Moïse Katumbi Chapwe, d’autres, et ils sont alors largement majoritaires dans le dernier résidu de la Résistance, à souhaiter un débat de fond sur la dernière sortie médiatique du Président élu Fayulu préconisant le Dialogue politique en guise de voie de sortie de la crise. Pourtant, plus que celle de Katumbi, la proposition de Fayulu est encore davantage susceptible de s’imbriquer dans la stratégie constrictrice des occupants génocidaires et de leurs ignobles collabos ; qui ne vont pas tarder à y repérer des opportunités d’en faire leurs choux gras.

Si elle n’est pas relative, la vérité, autour de la réalité humaine et sociale, est fugace et génère des débats cancéreux !

Comme toute démarche autour des manifestations de la réalité humaine et sociale, la politique relève, pour beaucoup de Congolais également, de l’observation, de l’interprétation et du jugement d’où, même le plus profane de tous, tire ses conclusions. Quasiment tous les Congolais, à l’image d’Honoré Ngbanda notamment, nous avons cette faiblesse de nous cloîtrer dans nos certitudes. A tort ou à raison, nous avons tendance à considérer qu’une fois nos conclusions tirées sur une personne ou sur une situation, elles deviennent des dogmes dont il est difficile de nous départir. Comment alors évoluer ensemble ? Comment ressouder l’ultime Front commun de la Résistance désormais fissuré par la dernière sortie politique, un brin maladroite, du Président élu Fayulu ? A Fribourg, à l’occasion du Dîner-débat qu’il a, comme à l’accoutumée, brillamment animé, nous avons recommandé au Commandant du peuple de se contenir dans le statut et rôle fédérateurs que lui attribue et lui reconnaît fièrement le peuple congolais. Ainsi, même si elle vient de lui, sa proposition de sortie de crise n’est pas la seule issue envisageable pour sortir la RDC de ce profond gouffre. Il n’a donc pas énoncé la solution ultime, la voie royale que toutes affaires cessantes, il conviendrait désormais d’emprunter pour libérer le Congo. Il serait même infructueux pour lui de s’enliser dans cette confrontation des stratégies. Car, dans ce contexte de vives tensions constantes, la stratégie la plus efficace n’est peut-être pas celle qui récolte l’adhésion de la majorité. Sa proposition rejoignant celle avancée par Valentin Mubake, il serait judicieux d’envisager la synthèse et de laisser d’autres monter au créneau.

« Yes we can ! »

Avec prudence et esprit critique, avec pondération et discernement rendus possibles par l’abondance de diverses configurations vécues, nous proposerons quatre fils conducteurs pour repérer et ordonner des priorités à prendre en compte dans l’élaboration d’un schéma cohérent à même de nous permettre d’envisager, enfin sereinement, et d’accélérer la Libération rêvée du Congo. Entendons par ces fils conducteurs, des idées directrices à partir desquelles nous posons notre diagnostic sur la situation ; non pas de manière passive, mais avec la préoccupation vivement résolue de la bousculer, de la corriger. La première et la plus générale de ces idées directrices réside dans la conviction que le présent est le résultat d’un processus historiquement inachevé ; donc, susceptible d’être politiquement rectifié, voire bouleversé. En effet, la politique est bien l’art du possible par excellence.

Ainsi, si emblématique du rêve à l'américaine, slogan « Yes we can » de Barack Obama a d’abord boosté sa brillante campagne électorale, marqué sa victoire politique d’autant plus mémorable que le racisme s’est exacerbé pendant son règne et estampillé de manière tangible son arrivée historique à la Maison Blanche. Certes, « Yes we can », n’a été qu’une formule de propagande. Mais en politique dire, c’est montrer comment faire. Et, en préférant le « nous » au « je », l’union à la division, Obama donne une grande leçon politique aux Congolais. Son slogan est-il exportable au Congo ? Obama a su faire porter son désir de gouverner les Etats-Unis par les Américains en enflammant à se réapproprier leur un destin politique confisqué par l’administration Bush. Au Congo, nous sommes confrontés à d’odieuses exactions et à la pire des situations politiques. Nous n’y changerons rien ; si nous ne croyons pas en nous-mêmes et si nous ne sortons pas des querelles intestines et de nos divisions.

A l’instar de la vieille Europe, jadis impérialiste, l’avenir appartient plus que jamais à ceux qui s’unissent pour créer de la rentabilité d’échelles !

C’est vraiment une bien accablante incongruité ! Le petit Rwanda et la minorité Tutsi ne peuvent réussir à imposer leur diktat au grand Congo et à ses quatre-vingt-cinq millions (85 281 024) d’habitants que suite à la désorganisation la plus consternante de ces derniers. Comment corriger alors cette trivialité ? Même des compétences pointues ou de longue date sont rarement rentables ; si elles se dissipent dans leur exploitation, dans leur mise à profit. C’est pourquoi, dans la perspective d’espérer changer la donne, nous nous inspirons, en guise de deuxième fil conducteur de notre schéma, de la devise, qui n’a cessé de faire ses preuves dans bien d’autres pays, dans bien d’autres situations : l'union, martèlent notamment les Belges, fait la force ! En effet, comme on l’a à présent assez expérimenté sur notre sol, les discordes exposent à de promptes et affligeantes humiliations. C’est, du reste, ce que, dans une formulation différente, Jean de La Fontaine fait-il dire à un vieillard face à ses enfants : « Toute puissance est faible, à moins que d'être unie ! »iii. Si nous voulons voir les jeunes Congolais se mobiliser pour laver l’affront que les Tutsi nous font subir et stopper les massacres sur le territoire congolais, commençons par montrer la fierté d’être Congolais et l’enthousiasme d’agir en synergie rapprochera, nos forces, nos capacités individuelles, nos savoirs et nos expériences pour plus d’efficacité.

Malgré la feinte arrogance, la menace d’un soulèvement populaire ou d’une Guerre de Libération fait trembler le bloc d’occupants !

Pendante à la deuxième, la troisième idée directrice s’incarne dans le fait que, malgré les apparences et la feinte arrogance, celle de Paul Kagamé notamment, la coalition occupante du Congo tremble à l’idée de voir plus de discernement, de conscience et de rassemblement dans les milieux congolais, avec la perspective et la menace de déboucher sur un soulèvement populaire incontrôlable. C’est pourtant, n’eût été l’ancrage d’Honoré Ngbanda dans la diabolisation des autres Congolais, la perspective à exploiter au mieux et au maximum ; si on veut en arriver à la Libération du Congo. L’accélération de la réappropriation de la souveraineté nationale au Congo par les Congolais passe par la remise en question du régime, de la kleptocratie criminelle régnante par défi. Le créneau de la Vérité des urnes, enfourché avec brio par l’Elu du 30 décembre 2018, entretient la perspective d’une révolution démocratique et donne, chaque fois que des élans de rassemblement patriotique et des initiatives d’actions concrètes d’éclat sur le terrain, des sueurs froides aux occupants et à leurs commanditaires. Car, ils provoquent, après tout, de réelles et vives inquiétudes quant à l’avenir de leurs intérêts malhonnêtement acquis sur le sol congolais. Maintenir cette pression finirait aussi par fendiller ce bloc ennemi.

Rejet irréversible du régime d’occupation se conjugue aux ressorts des Congolais à rebondir, à résister et à se rassembler pour accélérer la Libération !

Avec les élections du 30 décembre 2018 et, surtout, avec la résistance ostentatoire au coup d’Etat électoral de l’éblouissant vainqueur de la présidentielle avec sa magique formule de « Vérité des urnes », nous assistons certainement aux limites du régime d’occupation et, corrélativement, de manière plus générale, au déclin désormais irréversible de l’emprise unilatérale de l’Occident envahisseur sur le Congo. La campagne électorale de haut vol mené par le Commandant du peuple a fini par mettre en exergue la répulsion massive du régime génocidaire d’occupation par le peuple congolais. Ce rejet sans précédent d’un régime démuni de tout, à part la tyrannie répressive et la corruption pour se restaurer, constitue la quatrième et dernière idée motrice de notre schéma. La chute de ce régime est d’autant plus évidente et irréversible que ses barons n’ont plus que la répression comme ultime recours pour espérer s’imposer à un peuple désormais déterminé à reprendre son destin. Les architectes de l’Occupation ont longtemps été convaincus de leur supériorité intellectuelle et de leur emprise sur une population estimée, jadis, docile et déprimée ; ils découvrent dorénavant que les Congolais ont des ressorts pour rebondir, résister et se libérer. La diaspora s’applique à entretenir cette flamme.

En cas de résistance assidue ou d’effectivité d’un soulèvement populaire, les occupants iront-ils jusqu’à l’extermination totale du peuple congolais ? Il y a désormais des obstacles qu’il sera difficile de surmonter. Autrefois, en effet, avec un système bien rodé, destiné à museler toute velléité de contestation et tout porteur de vérité dénonciatrice, le mensonge, voire le silence, ont pu couvrir moult cruautés et manipuler allégrement l’opinion publique. Mais, dans ce monde globalisé, structuré autour du respect des droits de l’Homme, temps et espace instantanément couverts, le foisonnement de la diaspora congolaise, les médias alternatifs et les réseaux sociaux, désormais plus nombreux, plus accessibles et plus audibles que les organes de presse classiques, laissent entendre que la vérité sera de plus en plus difficile à travesti et que les envahisseurs, surtout lorsque leurs forfaits génocidaires sont multiples et exubérants, auront alors bien de mal à être soucis à se faire.

Pour tirer meilleur parti de ce contexte favorable aux Résistants congolais pour bouleverser la donne politique dans leur pays, une certaine organisation s’impose en vue de partager des tâches et de raffiner des stratégies. C’est dans cette perspective que le « Groupe Rossy » entend jouer la carte de l’offensive diplomatique de proximité ; en s’appuyant notamment sur des thèmes fédérateurs ; que sont les viols et la reconnaissance officielle et universelle du Génocide des Congolais. Mais, l’action politique directe et proprement dite appelle à se doter des moyens d’action plus variés et plus puissants pour être visible et audible et aller efficacement à la conquête des alliés dans le concert des nations. D’où la nécessaire constitution d’un Gouvernement de Libération à même de mobiliser des parrainages de haut niveau, celui d’un grand pays souverain par exemple, pour envisager sérieusement, avec le soutien de ce dernier, l’option d’une grande Guerre de Libération.

Eclairage,
Chronique de Lwakale Mubengay Bafwa

i « En RD Congo, combattre Ebola en zone de guerre », France 24, sur https://www.france24.com/fr/reporters/20181130-rdc-congo-combattre-ebola-zone-guerre-virus-adf-kivu (lu le 28 novembre 2019).

ii Par métonymie, régime politique et institutions correspondantes qui, succédant le 3 juin 1944 au Comité français de libération nationale (CFLN) et considérant comme « illégitime, nul et non avenu » le régime de Vichy, ont dirigé la France métropolitaine et son empire jusqu'au 27 octobre 1946 ; en imaginant et en initiant des actions pour accélérer la chute du gouvernement des collabos…

iii « Le Vieillard et ses Enfants - Jean de LA FONTAINE - Les grands poèmes classiques », sur www.poesie.webnet.fr

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