Quand l’intellectuel intègre-t-il l’élite décérébrée, l’élite de compromission ?

Pour quelles raisons Pr Mbata singe-t-il de manière aussi affligeante ceux qu’il a longtemps et ardemment combattus autrefois : les artisans de la « politique du ventre » et de l’« inanition de la nation » ? Son ambivalence aujourd’hui n’est forcément pas insaisissable. Peut-être parce que le pouvoir politique et ses prérogatives ont des saveurs qu’a nul autre pareilles. Bienvenue à la mangeoire !

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Prétentions terrorisantes et abâtardissantes : les paradoxes du savant Mbata !

Quand on sait tout ce qui a été écrit sur Hyppolite Kanambe, alias Joseph Kabila Kabange (Le Raïs), tout ce qu’on lui reproche ici et ailleurs, lorsqu’on réalise qu’un tel monstre domine par défi et de manière omnipotente l’un des pays les plus grands et les plus peuplés au monde, où il a été reconduit à plus de cinq reprises soit par suffrages universels tronqués, soit par combinaisons politiques d’un machiavélisme odieux, on s’imagine alors aisément à quel type de peuplade, sur laquelle, l’affreux personnage règne ; qui lui donne des béquilles de sa répugnante longévité. Kanambe, dis-moi qui tu gouvernes et je te dirai quel dirigeant tu es ! Car, semble-t-il, la populace, sous ton joug, ne mérite ni considération, ni gouvernance normale. Comment pourrait-il en être autrement lorsque, ici, ceux qui se proclament savants et éclaireurs du peuple, sont aussi ceux qui s’illustrent par des incohérences et des paradoxes parmi des plus effroyables ? Ainsi, même si, jadis, il a parcouru le monde pour dénoncer les horreurs inqualifiables du Raïs ; aujourd’hui, tout en s’appuyant sur des positions d’autorité – entre autres, Professeur des universités ! - il ne se rebute pas lui-même, non seulement à défendre et promouvoir une alliance incongrue - étrangement qualifiée de coalition des progressistes - avec la plus abominable des terreurs ; mais également et publiquement, il se dit prêt à la servir dans une soumission structurelle officielle. Professeur André Mbata fier d’être Premier-ministre de la funeste coalition entre le Front Commun pour le Congo (FCC) du Raïs et l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) de Félix-Antoine Tshilombo Tshisekedi (Fatshi) ; voilà qui prend des allures bien cocasses ! Quand et comment l’intellectuel congolais intègre-t-il la horde d’élites décérébrées, d’élites de compromission et de fiction ?

Appréciez !

USA: PROF. ANDRE MBATA ABIMISI BUZOMBA NIONSO YA REGIME KABILA NA CONFERENCE... BOLANDA © Congo nde Makambo news

Virtuellement et formellement, Professeur André Mbata Mangu Betukumesu, sans rire, écrit au fronton de l’atelier national d’interprétation de la Constitution congolaise : n’entre pas ici si tu n’es pas constitutionnaliste !  Pour lui, il faut, au plus bas, être détenteur d’un master en droit constitutionnel, pour prétendre à l’explication et à l’interprétation des articles de la Constitution congolaise. Mais, sans grand effort de réflexion, ni d’acquisition de cette matière concernée, ni de méditation sur les déclarations amplement controversées des uns et des autres, on se rend vite compte que le maître, lui-même, n’est pas toujours infaillible dans ses exégèses. Les faits notamment, et l’histoire l’a retenu, nous apprennent que certaines de ses divergences d’interprétation des articles, parmi les plus élémentaires de ladite constitution, avec ses collègues de faculté, n’ont pu être tranchées, ni déboucher sur des compromis scientifiquement acceptés. Les cas avec Évariste Boshab Mabudj-ma-Bilenge se démêlent parmi les plus emblématiques. Par ailleurs, peut-être une question de culture générale, M. Mbata semble perdre de vue que l’auteur de la Constitution la plus célèbre au monde, la Déclaration d'indépendance des États-Unis d’Amérique, Thomas Jefferson, n’était pas spécialement constitutionnaliste. Ainsi, déjà coupable de bâillonner le débat politique à un tournant si crucial pour la survie de la patrie, cette posture d’abus d’autorité intellectuelle se conjugue à une ambivalence perfide, si déroutante qu’elle laisse nombreux Congolais  d’autant plus perplexes qu’elles occultent corrélativement une sourde détermination à faire avaler des couleuvres à une population déjà ébranlée. Les lignes et pages, qui suivent, visent à démontrer comment, avec la complicité, naïve et opportuniste, de ses fils, le Congo s’expose facilement aux diktats des étrangers, aux invasions, à l’occupation, à la colonisation, à l’esclavage, voire à son implosion en tant qu’Etat vaillamment légué par Kimbangu, Lumumba, Mamdou Ndala, Rossy Tshimanga, Luc Kuluna et j'en passe et pas des moindres...

Justification insolite de l’indéfendable et apologie des antivaleurs !

LES GRANDES REVELATIONS DU PROF MBATA SUR UDPS, LAMUKA,PRIMATURE © Congo Buzz TV

A dessein et à l’instar de son compère, Elikia M’Bokolo[i] lors de la naissance du Front Commun pour le Congo (FCC), c’est en mettant en exergue ses ronflants grades et statuts académiques qu’il se présente au moindre débat. Il imprime ainsi toute l’autorité intellectuelle glaçante, voire paralysante, à ses avis, conclusions et déclarations souvent fallacieux et péremptoires. On ne saurait chaque fois voir l’évidence à partir de telles considérations ! D'ailleurs, les faits démontrent que ces deux illustres savants et prophètes, auto-proclamés, se sont quelquefois illusionnés. Aussi, si ce n’est pas de la manipulation ; c’est au moins l’une des sources d’erreur, les plus fréquentes, que de faire croire qu’on s’arc-boute sur la raison et sur la science pour expliquer des faits ; alors qu’on poursuit des desseins égoïstes, partisans, voire prosélytistes ; ou que l’on est alors sous l’emprise d’incidences émotives. C’est sous cet angle que se situent les quolibets maladroits de Mbata à propos du très noble et légitime combat pour la vérité des urnes ainsi que de l’avenir de « LAMUKA ! ». Sinon, comment comprendre qu’un éminent juriste, par ailleurs militant - jadis crédible - de droits de l’Homme, puisse banaliser allègrement la fraude électorale, ironiser, ridiculiser et mépriser la lutte pour le rétablissement de la réalité du vote ?

Car, la fraude électorale n’est pas seulement une antivaleur ; elle est surtout un délit pénalement poursuivi, lourdement sanctionné et moralement imprescriptible. En Suisse, le premier Noir au Parlement fédéral, Ricardo Lumengo, a été élu le 21 octobre 2007. Constamment sous surveillance d’obsédés intégristes et objet d’acharnement, ce premier Noir parlementaire en Suisse a finalement été accusé de fraude électorale le 19 février 2010 et ce, en rapport avec les élections plutôt antérieures et à un niveau encore plus bas, au parlement cantonal bernois, et qui, par ailleurs, qui remontaient à 2006. Bien que judiciairement[ii] mis hors de cause, son parti politique, les Socialistes suisses, exigea et obtint néanmoins sa démission aussi bien du Parlement fédéral que du parti. Et la sentence populaire, à l’endroit de Lumengo, reste, jusqu’à ce jour, sans appel !

Paradoxalement et tristement, les fricotages électoraux ont la cote au Congo et les acrobaties, y afférentes, réussies semblent bien appréciées et admirées par des intellectuels à tout niveau. Car, à part l’avidité ardente et l’appétence gloutonne d’accéder aussi à la mangeoire, quelles valeurs morales ou visées intellectuelles émergent d’insolites prises de position du Professeur Mbata depuis que Tshilombo a chapardé, à Fayulu et au peuple congolais, la victoire à la présidentielle du 30 décembre 2018 ? Ce qui frappe, à première vue, est que ce savant congolais n’est pas à un paradoxe près. A liège, le 17 septembre 2017, il déclarait : « l’intellectuel doit prêcher par l’exemple et avoir la passion de l’objectivité, de la vérité »[iii]. Pourtant, après avoir soutenu de manière alléchante la quête de l'imperium par Etienne Tshisekedi, M. Mbata ne se trouble pas aujourd’hui à promouvoir la tricherie et le recel comme modes d’accession au pouvoir. Bien plus tristement encore, et ici, notre indignation atteint son paroxysme lorsque, pire que blasphémer Dieu dans une église, il ne se heurte pas à tourner en dérision ceux qui s’acharnent au combat patriotique pour que le Congo recouvre sa souveraineté et qui prennent d’immenses risques pour la démocratie et les causes communes. Est-ce parce qu’il entrevoit une place au côté du receleur ? Voici l’occasion de lui rappeler que « Si, un intellectuel ne sait plus mettre ses connaissances au service du plus grand nombre, il fait partie de l’élite décérébrée, l’élite de compromission et de fiction ! »[iv]

Fanatisme irrépressible ou excessive attraction du pouvoir ?

Duc in altum !  Pendant des lustres, ce scientifique de très haut niveau, mondialement reconnu, a sillonné des plateaux de télévision, des rédactions des médias, des villes, des pays et des continents dénonçant l’inconstitutionnalité des actes de Kanambe et clamant l’inhumanité de cet odieux individu. Sans ambages, il soutenait que le bourreau - hors catégorie - des Congolais ne méritait qu’un seul sort : la prison. Mais, avec la cooptation de Tshilombo à la tête de l’Etat congolais, non seulement Mbata ne réprouve pas les conditions rocambolesques de cette promotion ; mais encore plus grave et inextricable, le champion désormais avéré de paradoxes n’exclut pas de faire aussi, lui-même, allégeance au Raïs. Ainsi, réagisse-t-il favorablement, voire avec fierté, aux ballons d’essai, éventuellement lancés avec sa complicité, l’implorant à servir comme Premier-ministre de la coalition, dite progressiste, entre l’UDPS de Fatshi et FCC du Raïs. Autrement dit : entre le monstre d’hier et le collabo prouvé d’aujourd’hui. Qu’est-ce qui, entretemps, aurait changé la donne ? Pour quelles raisons Mbata singe-t-il de manière aussi affligeante ceux qu’il a longtemps et ardemment combattus autrefois : les artisans de la « politique du ventre » et de l’« inanition de la nation » ? Son ambivalence aujourd’hui n’est forcément pas insaisissable. Peut-être, parce que le pouvoir politique et ses prérogatives ont des saveurs qu’a nul autre pareilles. Bienvenue à la mangeoire !

Le pouvoir politique et ses prérogatives ont des saveurs qu’a nul autre pareilles !
La mangeoire est semblable aux dédales ; si on y perd la raison, on ne la retrouve plus !
Il suffit d’y avoir goûté, même dans un simple rêve, et on ne sait plus s’en passer !
Même les intellectuels, les plus avisés, sont sujets à ses affligeantes lois !

Vouloir rendre le peuple congolais maître de son destin n’est pas une hérésie !

S’il est vrai que les peuples n’ont que les dirigeants qu’ils méritent ; alors, le peuple congolais n’est pas encore au bout de ses peines. En effet, les faits démontrent que Professeur Mbata n’est pas seul dans cet égarement de réduire le combat pour la vérité des urnes à une distraction et d’estimer que l’arrêt de la ridicule Cour constitutionnelle du Congo, qu’il n’a jadis jamais cessé de disqualifier, est irrémédiable.  Politiquement, intellectuellement et moralement, Mbata partage ces supputations avec ceux que certains de nos compatriotes qualifient de « talibans écervelés ». Pour que les faits, la postérité et l’histoire ne vous classent pas irrémédiablement dans cet ignoble acabit, Professeur Mbata, vous avez intérêt à rechercher au meilleur de votre conscience pour nous persuader de la congruence de ces évaluations. Car, les faits, les jurisprudences et l’histoire, à même de vous contredire, sont légion. En effet, en raison de sa prééminence au sommet de la hiérarchie judiciaire nationale, les décisions de cette Cour s'imposent aux pouvoirs publics et à toutes les autorités administratives et juridictionnelles. Simple application du principe « erga omnes ! ». Elles sont également insusceptibles de recours : « l'autorité absolue de la chose jugée ! ». Cependant, il existe une gouvernance mondiale et un droit international destinés à promouvoir la paix, certes, mais aussi le respect des droits humains.

En souscrivant les traités internationaux, le Congo s'engage à en appliquer les dispositions. Défenseur des droits humains, que vous êtes, aurait-il oublié que l’Organisation des Nations unies (ONU) n’est plus qu’un espace de dialogue pour des diplomates en quête des consensus ? Car, avec son Conseil de sécurité, l’ONU peut intervenir partout avec des décisions concrètes ; pouvant déboucher sur l'autorisation de la force armée pour imposer ou rétablir la paix et le respect des droits de l’Homme. Le vote est un de ces droits. Il est classé dans les droits politiques et couvre des réalités effectives telles que le respect du vote, le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, ou droit à l’autodétermination, ainsi que la résistance à l’oppression. Inspirées par la Charte de l'ONU, des institutions internationales se sont multipliées à plusieurs niveaux pour surveiller et défendre ces droits. On peut regretter que l’équipe de l’élu Fayulu, dont la victoire a été dérobée de manière aussi spectaculaire que rocambolesque, n’ait pas cherché à exploiter toutes les voies de recours à sa portée au niveau international. Au niveau multilatéral, il y a notamment celles, encore plus commodes et plus simples à actionner, que lui offre l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) par la très célèbre Déclaration de Bamako[v].

Celle-ci dote l’OIF de moyens d’action en cas de rupture de la légalité démocratique, ou de violation grave des droits de l’homme dans l’un de ses pays membres. S’agissant d’une démarche politique, l’actuelle structure organisationnelle de l’OIF ne saurait être prohibitive ! Les délais n’étant pas encore échus, tout reste possible et toutes les potentialités, non encore exploitées, demeurent donc actionnables ! Car, comme Rossy le martelait, in fine, c’est le peuple qui finit par s’imposer. Même si le prix à payer, en souffrance, est toujours trop lourd. Nos génocidaires le savent et comptent sur la lâcheté, la cupidité et la trahison des moralement faibles pour se maintenir sur le sol de nos ancêtres. Cependant, le moment est venu où les souffrances du peuple ont dépassé le paroxysme. Comme à une certaine époque, le peuple congolais a besoin d’un commandant pour l’aider à briser les chaînes. Vouloir bouger les masses pour qu’elles défendent leur victoire, comme le fait et réussit si bien Fayulu, ne saurait être qualifié de distraction !

C’est la valeur de ses membres qui détermine le sort de chaque peuple !

Par ailleurs, tout le contraire du Congo, la Suisse est exiguë, naturellement démunie, bâtie et dirigée par les ouvriers. Rare de trouver un Suisse de souche mettre, présomptueusement, en exergue son parcours scolaire. La plupart sont plutôt surpris ; lorsqu’ils découvrent des étrangers pauvres, qui consacrent des lustres aux études. Pourtant, la Confédération Helvétique s’illustre parmi les grandes puissances économiques du monde et les nations les plus brillamment administrées. Y a-t-il des corrélations entre les niveaux et bagages académiques de la population et le degré de développement du pays ? Les États-Unis sont une œuvre d’agriculteurs et de cow-boys ! Et l’ascension des Bush et de Trump rappelle que les choses ont peu changé. Partis des conditions très austères, les Suisses, tout comme les Américains, ont construit des pays prospères au prix de la rigueur et de l’abnégation. Frimeurs et mégalomanes, les Congolais semblent voués à des sorts collectifs moins glorieux. L’occupation rwandaise, dont ils se plaignent aujourd’hui, paraît donc destinée à s’empirer avec la complicité objective des Congolais eux-mêmes. A l’instar de Sakombi sous Mobutu ou de Mende sous Kanambe, on trouvera toujours des Congolais bien outillés pour justifier, par naïveté, opportunisme ou machiavélisme, la dépossession du peuple de sa souveraineté. On serait tenté d’établir une relation de cause à effet entre la pauvreté ontologique d’un peuple et les niveaux de dépendance et de misère dans lesquels il peut rester figé. « Dis-moi qui te gouverne et je te dirai quel peuple tu es ! »[vi]

Eclairage,
Chronique de Lwakale Mubengay Bafwa

[i] « Pourquoi j’ai adhéré au Front commun pour le Congo », dans Jeune Afrique, le vendredi 3 août 2018.

[ii] Les articles 281 et 282 du Code pénal suisse, du 21 décembre 1937, traitent de la fraude électorale et en énumère les sanctions.

[iii] Déclaration faite en Conférence-débat, le dimanche 17 septembre 2017, Université de Liège, Belgique, selon compte rendu de Jean K. MINGA, une publication de Politiquerdc.net.

[iv] Ibidem.

[v] Adoptée lors du Symposium International sur les pratiques de la démocratie, des droits et des libertés dans l’espace francophone (1er-3 novembre 2000, à Bamako, Mali), la « Déclaration de Bamako » est le texte normatif et de référence de la Francophonie dans ces domaines.

[vi] Dans « Démocraties africaines : Les peuples ont les dirigeants qu’ils méritent », le quotidien burkinabé « Le Pays », une publication du vendredi 6 mai 2005.

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