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Billet de blog 7 mai 2014

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François Hollande, Et si le discours du Bourget qui l’a fait gagné devient responsable de son impopularité et plombe son mandat

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

François Hollande,

Et si le discours du Bourget qui l’a fait gagné devient responsable de son impopularité et plombe son mandat ?

Discours de campagne


Pour que l’homme politique reconnaisse qu’il fait jour le jour, et qu’il fait nuit la nuit,  il faut parfois user d’une heuristique de l’information. Celle qui rappelle et contextualise l’information en la plaçant dans son contexte historique.  

Une sorte de « scrapbooking » dans le discours politique en remettant chaque sujet, chaque thème dans une trajectoire historique et dans sa perspective politique.

François Hollande est soumis de toute part, aux critiques les plus virulentes, de droite comme de gauche, y compris de certains courants du Parti Socialiste sur ses supposés reniements.

Toutes ces critiques partent du temps zéro de la vision politique du Président Hollande : le discours du Bourget du 22 Janvier 2012.

C’est une approche très réductrice et dévalorisante :

  • Elle l’est parce qu’elle ne prend pas en compte les différents temps qui ont précédé l’élection de François Hollande : le temps des primaires, le temps de campagne, le temps de début de quinquennat.
  • Elle l’est parce qu’elle occulte une partie majeure de sa vision, exprimée dans un degré de détail important à travers ses principaux discours et entretiens avant et pendant la campagne (Entretiens, discours de Bourg-Lès-Valence, de Rouen, de Lorient, Périgueux. discours thématiques de Paris...),
  • Elle l’est parce qu’elle se base sur une obsession majeure : Obsession par l’économique telle une perception néo-libérale, où tout développement social est insensé (Triangle Dette, Croissance, Chômage).

1.   Pourquoi cette focalisation sur le discours du Bourget en oubliant le reste des discours?

Tout ce qui a été dit pendant la primaire a été occulté par la solennité d’un discours : le Discours du Bourget du 22 Janvier 2012.

Tout a été occulté par confort.

Cette note a pour objectif de relever quelques propos tenus par François Hollande le long de ses deux campagnes, les primaires et la présidentielle et de montrer que ce qui a été considéré comme nouveau ou changement chez lui, n’en est pas.

Je ne les ai pas tous parcouru, faute de temps.

2.   Une première explication : le malentendu

Une première explication : un énorme malentendu, généré par les attentes trop fortes du discours du Bourget.

Un malentendu qui, dès le lendemain de l’élection, s'est installé entre le Président et les Français : Sur la foi d'un discours de campagne ,  rien ne pourrait se faire, ni se penser, ni se concevoir, sans qu’il ne soit cité comme référence.

De la renégociation du pacte Merkozy, compris qu’en se déliant tant soit peu du carcan de Bruxelles, cela permettrait une revalorisation du pouvoir d’achat et de booster la croissance, aux différentes réformes en passant par les résultats sur le terrain social et économique, tout ce que peut faire François Hollande est mesuré par la teneur de ce discours.

"Je pense que le malentendu qui avait pu s'installer entre le président de la République et les Français vient d'être  levé par l'explication fournie par François Hollande" confirmait François Rebsamen, après l’échec des municipales.

3.   Impopularité

François Hollande, savait ou du moins sentait que le chemin serait difficile. C’est sa lecture de la crise qui le dit dans le Discours du Bourget.

« Je sais que le combat sera rude, qu’on cherchera à faire peur, qu’on inquiètera… Si demain nous sommes en responsabilité, ceux à qui l’on prendra feront davantage entendre leur voix que ceux à qui l’on donnera. Je sais qu’il n’y aura pas de manifestation pour nous soutenir. C’est rare, c’est exceptionnel. »

4.   Sur l’analyse de la crise 

 16 Février 2012

Discours de Rouen

« La politique actuelle, je sais ou elle nous a menés. Le chômage est au plus haut, la croissance au plus bas, les profits sont à la hausse, le pouvoir d’achat est à la traine, la compétitivité est affaiblie, la précarité renforcée, le déficit commercial se situe à un niveau exceptionnel, la dette atteint un record historique, les droits essentiels ont reculé – le travail, la santé, la retraite, le logement - , les inégalités se sont creusées, des cadeaux fiscaux ont été accordés aux plus favorisés, et les prélèvements se sont abattus – pas moins quarante depuis 2007 sur tous les Français ! »

Ce que déclare Jean-François Copé sur l’analyse de la crise par François Hollande, ....  Le 7 Septembre 2012, soit 7 mois après (Les éditos de Jean François Copé sur le site de l’UMP)

« La gauche semble enfin être partiellement redescendue sur terre. A entendre François Hollande pendant la campagne électorale, le seul fait de remplacer Nicolas Sarkozy était suffisant pour régler tous les problèmes de la France. Mais depuis le départ de Nicolas Sarkozy, la situation de la France n'a cessé de s'aggraver et la gauche commence seulement à avouer du bout des lèvres que l'anti-sarkozysme n'a rien d'une solution.

5.   Le rapport à la finance

22 Janvier 2012

Discours du Bourget

"Mon véritable adversaire, il n'a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera jamais élu et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c'est le monde de la finance"

Juillet 2011

Entretien avec Bernard Poignant, Denis Lefebvre, Vincent Duclert, Dominique Villemot  (le Rêve Français):

« Une phrase rapidement prononcée avait laissé entendre que je n’ »aimais pas les riches. J’aurais dû dire la richesse insolente, le cynisme de la rente, la morgue des puissants, la fortune transmise par la grâce de l’héritage. En revanche, je salue le mérite, le talent, l’effort, qui trouve dans la réussite naturelle une récompense. Même si être riche confie aussi des devoirs. Je rencontre beaucoup de français qui travaillent dur  et gagnent peu. Je comprends leur indignation quand ils constatent des rémunérations hors du commun et des écarts de revenus qui autorisent certains P-DG à s’octroyer des rétributions qui dépassent deux cents out trois cents fois le S.M.I.C C’est pour cette raison qu’avoir exonéré d’impôts les grandes successions des héritages importants n’a pas été une décision juste. .. »

6.   Les réformes  et réformisme

« Il faut se donner des buts, s’y tenir, avancer résolument, et les faire partager. Il y a là une différence très nette avec la droite, qui prétend représenter désormais le mouvement et qui instrumentalise l’idée même de réforme au point que le mot seul finit par inquiéter tant il s’est identifié à un recul ou une régression »

Juillet 2011

Entretien avec Bernard Poignant, Denis Lefebvre, Vincent Duclert, Dominique Villemot :

« Des réformes seront nécessaires, dès notre victoire en mai 2012. Elles auront pour finalité que de faire avancer le pays. Des efforts seront sollicités, des contreparties seront proposées, la justice inspirera l’ensemble. Elles s’appelleront « pacte productif », « contrat générationnel, « révolution fiscale », « transition énergétique »

7.   Réforme de la retraite 

22 Janvier 2012

Discours du Bourget

« L’égalité doit commencer à faire partir à la retraite ceux qui ont commencé à travailler tôt, exercer les métiers les plus pénibles. Et c’est pourquoi, tout en ayant le souci de maîtriser les comptes et en ouvrant une négociation sur la réforme des retraites indispensable – puisque celle qui a été votée est non seulement injuste mais pas financée-, eh bien sans attendre l’ouverture de cette négociation, tous ceux qui ont 60 ans et qui auront cotisé 41 années retrouveront le droit à partir à la retraite à taux plein.
La négociation, elle, portera sur la pénibilité, les décotes, le montant des pensions, l’âge légal, l’évolution des recettes, indispensable, et la pérennité de notre système par répartition. »

Commentaire

La négociation a aboutit  à 41,5 annuités. L’évolution des recettes, renvoyait aux propositions du Parti socialiste taxant le capital.

8.   Réforme fiscale :

« La Réforme fiscale que j’ai portée depuis des mois, et qui consistera à prendre tous les revenus du travail, du capital, des transferts et à imposer le même barème avec la même progressivité. »

26 Mai 2011

Discours de  PERIGUEUX

« Il faut mettre un coup d’arrêt à cela et cela passe par la réforme fiscale. J’ai considéré qu’elle devait être la première des réformes avant toutes les autres. Il ne sera pas possible de demander quelques efforts que ce soit à nos concitoyens s’ils ne savent pas que ces efforts seront justement répartis et s’ils ne sont pas convaincus qu’en fonction des fortunes et des revenus chacun y contribue à sa juste place.

La réforme fiscale sera la première : grande réforme de l’impôt sur le revenu, fusion de l’IR et de la CSG, prise en compte de tous les revenus, revenus du travail, revenus du capital, pour appliquer le même barème avec la même progressivité sans dérogation, sans niche fiscale, sans bouclier fiscal. Pour les plus grandes fortunes, je considère que c’est au moment de la succession qu’il faut assurer l’égalité. Pourquoi certains auraient la capacité de capter la fortune de leurs parents et d’être dispensés de tout effort pour le reste de leur vie ?

Il faudra avoir le courage de faire cette réforme. Nous la ferons tout au long du quinquennat, mais les actes seront posés dés les premiers mois. »

22 Janvier 2012

Discours du Bourget

C’est pourquoi j’engagerai avec le Parlement la réforme fiscale dont notre pays a besoin. C’est pour la justice que je reviendrai sur les allègements de l’impôt sur la fortune, c’est pour la justice que je veux que les revenus du capital soient taxés comme ceux du travail. Qui peut trouver normal qu’on gagne plus d’argent en dormant qu’en travaillant ? C’est pour la justice que je veux fusionner, après les avoir rapprochés, l’impôt sur le revenu et la contribution sociale généralisée, dans le cadre d’un prélèvement progressif sur le revenu. C’est pour la justice que je porterai la tranche supérieure à 45 % de l’impôt sur le revenu pour ceux qui touchent plus de 150 000 euros. Et on ne me fera pas croire qu’avec 150 000 euros, ce sont les classes moyennes qui seront concernées ! C’est pour la justice que je veux que nul ne puisse tirer avantage de niches fiscales au-delà d’une somme de 10 000 euros de diminution d’impôts par an.

Commentaire :

François Hollande a laissé les portes ouvertes aux négociations dans son discours de Périgueux sans avancer des chiffrages. Il savait que c’est le seul endroit (négociations avec les partenaires), ou des décisions pourrait être prises. Les annonces du discours du Bourget répondaient à un besoin de campagne et adressée au peuple de gauche.

9.   Les impôts : Avoir le courage de dire qu’il y’aura des augmentations d’impôts

« Mieux vaut cependant respecter plusieurs conditions : nous ne devons pas tomber dans une sorte de caricature où nous laisserions à la droite la proclamation de la baisse des impôts quand nous porterions le drapeau de leur augmentation ; je déconseille cette posture. S’il est vrai qu’aucun gouvernement n’est sûr de gagner les élections quand il baisse les impôts, démonstration a été faite en 2002, il est certain de les perdre quand il annonce des hausses. Il s’agit simplement de dire : « Nous avons à faire des choix et relever un certain nombre de prélèvements : qui les paiera et comment ?

17 Octobre 2010

Discours de Périgueux

« Le débat n’est donc pas de savoir si on va augmenter ou pas les impôts ; la question est de savoir quels prélèvements vont augmenter et qui va les payer ?

Quand Nicolas Sarkozy prétend qu’il n’augmentera pas les impôts, non seulement il ne dit pas la vérité pour aujourd’hui, car il a déjà augmenté les taxes, mais il ne dit pas non plus la vérité pour demain, car chacun sait que la dette d’aujourd’hui ce sont les impôts de demain.

28 Juin 2010

Discours de Bourg-Lès-Valence 

Le débat n’est plus de savoir s’il y aura des augmentations d’impôts en 2012 ou pas ; il y en aura ; la seule question c’est de savoir lesquelles, sur qui et comment.

10.                 Le tournant social-libéral : Une réalité ou une vue d’esprit ? 

19 Janvier 2010

Discours de Paris

« Si nous récusons le libéralisme, si nous repoussons le protectionnisme et le malthusianisme, alors il nous faut présenter une autre conception du développement.

C’est le fondement d’une nouvelle social-démocratie. »

14 Janvier 2014

Conférence de presse

« Qui suis-je ? Un social-démocrate ? Oui »

« Un social, un réformiste, un réaliste, un patriote. »

« Je ne suis pas gagné par le libéralisme. C’est tout le contraire. Je suis profondément attaché au dialogue social »

11.                 Pacte de compétitivité : Le soutien aux entreprises

François Hollande n’a jamais caché sa volonté d’aider les entreprises (et non les patrons), pour favoriser la compétitivité et l’investissement

« Au contraire ; nous avons le devoir d’assurer le financement du système productif »

28 Juin 2010

Bourg-Lès-Valence

« Nous proposons que, sur dix ans, 30 milliards d’euros soient consacrés à cette mission sous la forme de crédits publics.

... en maîtrisant davantage le crédit. La production et la finance ne sont pas contradictoires, au contraire ; nous avons le devoir d’assurer le financement du système productif ; beaucoup se reposent aujourd’hui la question de la maîtrise publique du crédit. Jacques Julliard est allé jusqu’à demander la nationalisation du crédit ; j’y ai vu une nostalgie, mais aussi une forme de prise de conscience : remettre une logique économique dans la distribution des prêts bancaires. »

12.                 La réindustrialisation, ma priorité

Juillet 2011 – Entretien avec Bernard Poignant, Denis Lefebvre, Vincent Duclert, Dominique Villemot :

« La réindustrialisation du pays exige un véritable contrat de la nation avec les entreprises. L’Etat, les collectivités locales et les partenaires sociaux devront prendre des engagements communs. Et assurer la stabilité dans le temps des règles et des modes d’intervention publique. »

13.                 La croissance :

« ..Nous ne retrouverons pas rapidement en Europe des taux de croissance supérieurs à 3 %. Quand bien même y parviendrait-on, nous n’en serions pas pour autant tirés d’affaire, et notamment en France. »

17 Octobre 2010

Discours de Périgueux

« Nous avons tout à redouter en évoquant le thème fiscal ; on croit faire du bien en étant courageux et l’on découvre la frilosité de notre électorat. Nous connaissons nos concitoyens. Ils sont majoritairement pour la réforme en matière fiscale sauf quand elle les concerne... ce qui rend, il faut bien en convenir, l’exercice difficile. Aussi, nous avons la volonté d’aller au cœur de cette problématique. Elle va être au cœur des choix de 2012.

Avant d’y arriver, je veux situer le contexte dans lequel ce rendez-vous va se dérouler.

La crise semble se retirer ; elle est comme une immense marée qui, à un moment, nous a submergés et qui amorce le reflux. Elle laisse derrière elle un champ de désolations : un chômage supérieur à 10 % de la population active, une croissance timide, des déficits exceptionnels et une dette publique qui gonfle comme une bulle au point de provoque la prochaine déflagration financière.

Paradoxalement, les seuls qui s’en sortent, ce sont les coupables. Les banques vont réaliser, en 2009, l’une de leurs meilleures années ; elles vont distribuer un record de bonus et des rémunérations exceptionnelles ; quant aux cours de la bourse, ils ne cessent de progresser depuis six mois et retrouvent les niveaux d’avant la crise. D’un certain point de vue, le plan de sauvetage décidé il y a un an a fonctionné : le système financier est bien hors de l’eau, mais l’économie réelle, elle, est noyée. Pire même, elle est plongée dans un océan de dettes. Ce ne sont plus les dettes du secteur privé qui font problème, beaucoup ont été apurées, mais celles du secteur public, celles des États, sans que l’on sache comment l’ajustement va pouvoir se réaliser.

En définitive, si des progrès ont été accomplis dans la régulation financière et notamment lors des réunions du G20, trois problèmes majeurs de la planète n’ont pas été réglés :

Le premier, c’est l’ampleur du déséquilibre de l’économie américaine ; aux États-Unis est née la crise, de là encore elle peut resurgir : faible épargne, déficit public historique et un solde commercial impressionnant ; tous les ingrédients sont réunis pour un nouveau choc.

La deuxième impasse, c’est la volatilité des monnaies ; puisqu’on n’arrive pas à régler les questions des déficits et des excédents commerciaux, c’est sur le front monétaire que peut se faire la correction. La baisse du dollar et la remontée de l’euro compliquent forcément la stabilité du système économique.

Enfin, la troisième impasse, c’est l’explosion des dettes publiques. Tout laisse donc penser que le monde est sorti de la crise mais est entré dans l’inconnu.

Nul ne sait ce que sera la vigueur de la reprise, son ampleur, sa durée, et j’admire les experts qui maintenant utilisent quasiment toutes les lettres de l’alphabet pour décrire ce que va être la future configuration de l’économie mondiale. Sera-t-elle en V, c’est la version des plus optimistes, ou en W, c’est celle des inquiets. Voilà que maintenant, abandonnant les lettres de l’alphabet, ils en viennent aux sigles mathématiques : nous serions dans une sortie en racine carrée...

Je n’en sais rien moi-même. Néanmoins, j’exclus une rechute à court terme : des verrous ont été posés, ils tiendront. Je ne crois pas non plus à un miracle : nous ne retrouverons pas rapidement en Europe des taux de croissance supérieurs à 3 %. Quand bien même y parviendrait-on, nous n’en serions pas pour autant tirés d’affaire, et notamment en France »

Commentaire :

Tout est dit :

Le constat :

  • l’ampleur du déséquilibre de l’économie américaine,
  • La baisse du dollar et la remontée de l’euro compliquent forcément la stabilité du système économique.
  • l’explosion des dettes publiques

Conséquences : nous ne retrouverons pas rapidement en Europe des taux de croissance supérieurs à 3 %. Quand bien même y parviendrait-on, nous n’en serions pas pour autant tirés d’affaire, et notamment en France »

14.                 Alors pourquoi ne retenir que ce discours ?

  • Tout d’abord, le discours du Bourget est un discours de campagne d’un candidat à la présidentielle et non un discours de politique générale d’un premier ministre, qui sera chargé de diriger un gouvernement. Ne retenir que ce discours c’est faire preuve de méconnaissance du quinquennat et de la 5ème République.

Le discours du président et du présidentiable fixe le cap quand le discours de l’exécutif gouvernemental met en œuvre en pratique ce qui est fixé par le cap.

  • Pour les uns, c’est à dire la gauche du PS et la « gauche de la gauche », c’est une solution de facilité, car elle permet de faire l’économie de dire la vérité aux français et ne voir que ce qui a brillé dans la campagne pour gagner.

Cette vision s’enferme dans une perception électoraliste de la politique et ne s’en sort pas.

Elle se rassure dans ce confort des propositions interprétées comme des promesses sans tenir en compte des conditions dans lesquelles Sarkozy a laissé l’Etat de la France.

  • Pour les autres, c’est à dire la droite et l’extrême droite, il s’agit de taper aveuglément sur celui qui, d’une part les a défait parce que leur bilan était mauvais après 10 ans de pouvoir, de masquer leur échec, et puis pour tout une autre raison : S’il réussi, c’est la garantie de leur relégation dans une situation d’opposition qui peut durer. C’est une situation que la droite craint le plus notamment vu ses divisions qui se sont accentuées avec la défaite.
  • Ne parler que du Bourget, c’est de cantonner le débat que sur le discours de campagne ou il y’a des promesses qui potentiellement peuvent ne pas être tenues, malgré le réalisme exprimé par François Hollande pendant les primaires et avant la campagne.  Et donc occulter la vérité telle que le Président l’a analysée et exprimée !

15.                 Exorciser les démons du Bourget

Le discours du Bourget a laissé beaucoup de traces:

  • Satisfaction du Parti Socialiste et du peuple de gauche qui a fait campagne pour le candidat Hollande.
  • Mise sous contrôle de la gauche qui a opté pour le candidat du Front de Gauche, Jean Luc Mélenchon. Celle ci, a déclaré la guerre à François Hollande dès le début du quinquennat, bien avant la droite qui était assommée. Elle a volontairement surenchérit sur les 60 propositions sans faire l'effort de revoir tout sur quoi le Président élu s'est prononcé, y compris dans ses discours d'avant le Bourget
  • Aucune période de grâce pour François Hollande, du fait de la focalisation sur les 60 propositions exprimées. Celles ci dépendait du niveau de croissance, de l'évolution du niveau de chômage et des résultats de la compétitive.
  • Non prise en compte des cadavres laissés par Sarkozy à leurs juste valeur: Plans sociaux, dette abyssale, ...

Un effort de pédagogie est donc nécessaire pour un retour sur les discours de campagne. Cela aura au moins le mérite de rappeler aux Français que le Président fait tous les efforts par rapport a ce qu'il a annoncé durant sa campagne toute entière et obtient des résultats

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