L'idiot et l'obscène : HNE 14 Juin 2016

Les images des façades de Necker attaquées, montrent que les responsables, à aucun moment, en aucune façon, ne s’en prennent aux journalistes ou amateurs qui filment ou photographient l’événement.

Un double meurtre, un hôpital pour enfants dégradé, détruit les opérations de communication anti-etat oppresseur, mécréant et  anti-police que les personnages de cet act sanguinaure entendaient produire ou reproduire.

Le parallèle entre les tueurs des deux policiers et les "casseurs" de tout bord est dans la coïncidence objective des actes !

Qui sont ceux que je qualifierai d'idiots ? 

La sociologue Isabelle Sommier écrit : le terme “casseurs” est un terme ancien que l’on trouve aux lendemains de toutes les manifestations qui, dans un contexte de forte conflictualité, “dégénèrent” comme il est convenu de dire, par exemple en 1968, 1979 – dans le cadre du conflit sur la sidérurgie –, et dans les manifestations de la jeunesse scolarisée depuis 1994. 

Avec lui, sont désignés certes des actes de violence en marge du cortège, c’est-à-dire en dehors des “rangs officiels” de la manifestation, mais on sous-entend surtout qu’il s’agit uniquement d’actes délictueux sans motivation politique, simplement pour se défouler, s’amuser, voler ou encore, du point de vue syndical, pour jeter l’opprobre sur la “juste colère” des manifestants, voire pour provoquer la répression contre le mouvement ou en tout cas pour le discréditer. 

Tout cela n’est pas nécessairement faux mais parfois, et aujourd’hui sans aucun doute, insuffisant pour comprendre ce qui se joue.

Ce qui s’est passé ce Mardi 14 Juin, à Paris, par des casseurs est d’abord et avant tout une bataille de communication. Bataille perdue par les "casseurs", condamnée partout et qui ne répond à aucune volonté populaire actuelle.

Commençons par rappeler l’essentiel : avant d’être information, toute image portée dans la sphère publique est émotion, donc affaire de communication politique. Créer une image, conforme à ses objectifs, c’est faire de la politique. 

Les "casseurs" d’aujourd’hui, plus que leurs prédécesseurs des années 70 et suivantes, sont aussi des spin-doctors. Des Karl Rove (Fox News) de la destruction. Des Jacques Pilhan de la haine (le publiciste de Littéraux penseur de ce qui a fait monté ke FN). Des Jacques Séguéla de la casse.

Dans cette optique, à l’ère du triomphe du tout image et des réseaux sociaux, attaquer un domicile de policier, et ses occupants avec, de la manière la plus brutale, la plus déterminée, la plus barbare, est du même intérêt objectif que de s'en prendre à un lieu aussi symbolique qu'un Hopital, quelque soit celui qui l'a fait, c’est d’abord et avant tout créer une image destinée à satisfaire les exigences de sa communication politique.

Les images des façades de Necker attaquées,  montrent que les responsables, à aucun moment, en aucune façon, ne s’en prennent aux journalistes ou amateurs qui filment ou photographient l’événement. 

Au sein de cet espace de violence, ceux qui saisissent l’image sont à leurs yeux comme des objets neutres. Et pour cause, ce sont eux qui vont populariser l’évènement, lui conférer sa dimension politique, par sa diffusion, sur les réseaux sociaux, puis sur les chaines info, puis dans les 20h des grandes chaines historiques, puis dans la presse quotidienne du lendemain, nationale ou régionale.  

A la fin du cycle, tous les Français, toutes générations confondues, auront vu l’image en question. Auront été confrontés à la manifestation de la plus extrême brutalité. La violence. La haine. La peur. Le tout dans le dessein d’opposer, cliver, fracturer… 

Que naisse et s’épanouisse dans le pays une haine par rétorsion, donnant lieu à  une répression qui elle-même appellera encore davantage de violence, suscitant ici et là, auprès de colères enfouies, de nouvelles vocations de "casse", générant un engrenage porteur de tous les dangers.

L’image de ces vitres brisées sous le nom de l'hôpital, ce n’est qu’une étape dans un processus de communication politique qui vise à générer le chaos, suprême aboutissement  de la violence.

Cette image est vraie. Mais elle est aussi une illusion. Combien, parmi les 65 millions de Français, se reconnaît dans ces violences d'où qu'elles viennent ? Quelques centaines de personnes, tout au plus sont identifiés par la doxa comme le mal absolu. Et si l’on veut bien ne pas céder à la seule émotion, piège tendu par l’invention de cette image, on peut alors ramener l’événement à sa dimension politique réelle : certes, attaquer un hôpital, un policier, des policiers, dans le but de s’en prendre à l’intégrité de ses occupants est un acte grave. Mais ce fait a été commis par les éléments les plus extrémistes d’une extrême minorité selon les informations véhiculées ou achetées sous le manteau par les médias . La réalité d’une image ne dispense pas de réfléchir quant à la réalité politique qu’elle porte. Les opérateurs voulaient montrer que la haine entre autre de la police conduit désormais à des situations de troubles insupportables. 

Et force est de constater que des militants politiques, actifs sur les réseaux sociaux, se sont chargés de relayer pour eux ce message politique, à commencer, entre mille exemples, par les animateurs et militants du compte Twitter du "Camp d’été décolonial", qui posent mal la question des décolonisations, des injustices et des inégalités. "Tout le monde déteste la police" disent-ils. A ce niveau d’irresponsabilité politique, l’idiot utile devient le malfaisant utile.

Face à l'idiot, surgit l'obscène.

Ce père d'un enfant hospitalisé à Necker le résume de la plus belle des manières :

 

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 Interdire les manifestations ? Certainement pas

Alors qu'hormis les technos-villenistes de la Comission Européenne, personne n'a demandé la loi travail,  

Ouvrir un conflit social lourd, est contre-productif. 

Suspendre cette foutue loi, la seule décision intelligente, que peut prendre le gouvernement, n'y-a-t-il pas là la route du compromis social. 

L’amalgame dangereux, c’est de confondre les syndicats et ce groupe d'idiots.

Ira-t-il jusqu'à les repérer ou pas avant #2017, élection présidentielle obligé ?

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