En Marche, avatar de la démocratie au tiers !

La classe politique qui gouverne, ne représente qu'un bon tiers de la population française. Une démocratie du tiers ou du tiers-monde ?

Moins de 11% de français ont voté au premier tour des législatives de 2017.

65% dont quasiment en dehors du système électoral, alors qu'ils représentent une des principales sources de moyens dont il dispose (37% d'abstentions, 18% de ceux qui n'ont pas le droit de voter et 11% de non inscrits).
Ces chiffres ont un sens car la France est regardée comme un tout indissociable.

La classe politique qui gouverne, ne représente donc qu'un bon tiers de la population française.

Une démocratie du tiers ou du tiers-monde ?

La démocratie est le régime politique dans lequel le pouvoir est détenu ou contrôlé par le peuple c'est à dire principe de souveraineté, sans qu'il y ait de distinctions dues la naissance, la richesse, la compétence... principe d'égalité.

Deux tiers exclus ou éloignés ne comptent plus et leurs voix non comptabilisées.

Lors des dernières élections marocaines, algériennes ou tunisiennes, les résultats sont à quelques chiffres équivalents.

38,25% de participation en Algérie (Mai 2017)
43% au Maroc (octobre 2016)
Et en Tunisie, la participation de plus de 68% est un record (2014)

Ces chiffres montrent l'État d'puisement dans lequel le système se trouve en France, où ka participation est en dessous de ces trois pays s'en inspirant!

La percée électorale des listes d'En Marche n'est-elle pas un trompe l'oeil sur une démocratie qui perd son sens et se tiers-mondise ?

En Marche n'est elle pas un nouveau PAM Marocain, un Nidaa Tounes ou un Rassemblement National Démocratique et son "Alliance Présidentielle" en Algérie ?

Tout comme ces partis de l'autre rive de la méditerranée, le programme économique est excessivement libéral, le volet social est prévue contre les intérêts de la masse populaire, et la vision politique est fondée sur l'élimination des autres partis sous le slogan "ni de gauche ni de droite".

Le ressenti du peuple alors ?

Ceux qui ne se rendent plus aux urnes émettent le même constat : La France ne souffre pas seulement de la mauvaise gestion de ses dirigeants parfois prédateurs (de Hollande à Fillon en passant par Sarkozy et le banquier Macron), beaucoup plus préoccupés par leur enrichissement personnel que par le sort de leur pays. Les tenants des cordons de la bourse dans leur rapacité, sont vus comme corrompus, qui sucent les hommes jusqu'à la moelle.

Un rejet sur un diagnostic étayé.
Nous ne voulons plus d'eux nous ont ils répété durant la campagne. Eux et nous s'installe.

Quel avenir et quelle perspective ?

L'abstention a été testée et ça n'inquiète pas plus les tenants du pouvoir.

Les mouvements sociaux légaux ont été testés des dizaines de fois et ce qui devait arriver arriva (à titre d'exemple lors des manifestations contre la loi travail )

La violence de groupuscules a été testée et on connaît ses limites dans la transformation sociale.

Que reste-t-il donc à attendre ?

Ou le pouvoir se ressaisisse et prend fait et cause pour une révolution démocratique comme l'annonçait Macron dans son livre "Révolution" ?. Il y a plus d'une raison d'en douter car il ne dispose d'aucune assise sociale pour l'imposer.

Ou la rue se restructure et construit le projet "Peuple", autour de programmes déjà évoqués notamment autour de feux idées institutionnelles: la 6eme République en passant par imposer l'inversion du calendrier électoral.

La gauche de Mélenchon à  Hamon en passant par EELV peut proposer un chemin. Encore faut-il qu'elle se débarrasse de ses travers égoïstes et impériaux.

Le choix de la rue est risqué. Mais qui a changé le sort des choses sans risques ?

Cette démocratie est dévitalisée. Le vote du jour est anecdotique. Il ne changera rien à la séquence quinquennale qui se prépare. La précarité avancera tout comme les inégalités et les injustices.

Ne faut-il donc pas commencer à travailler sur le choix de 2022 ? Le chantier demeure immense et perdre une bataille n'est pas perdre une guerre !

Abstention en hausse Abstention en hausse

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.