Non-mixité : Toutes les utopies sont à vivre
Mais ne pas oublier l'objectif : le vivre-ensemble, le construire-ensemble !
"Pourquoi la non-mixité dérange, parce que la non-mixité politique fait voir aux hommes qu’ils risquent de perdre certains privilèges? "
La question peut être posée et comprise et les exemples sont nombreux de ceux qui imposent la non-mixité pour reléguer les femmes à un rang inférieur.
La société d'où je viens traîne 14 siècles de non-mixité de domination de l'homme sur la femme.
Une domination culturelle et religieuse à travers les textes du Coran et de la Chariaa.
Une domination institutionnelle à travers des systèmes politiques d'éducation pensés pour reléguer la femme parfois à la mère reproductrice et d'autres fois pour servir les hommes.
Cela concerne plus de 700 millions de femmes, qui malgré certains acquis obtenus par le sang, reste un problème entier.
Les femmes qui ont montré le chemin sont nombreuses mais pas assez :
Djamila Bouhired, militante du FLN, qui a porté les armes contre la puissance coloniale française dans la Zone autonome d'Alger durant la guerre d'Algérie.
La Tunisienne Lina Ben Mhenni, une jeune blogueuse de 28 ans devenue l’une des portes-paroles de la révolution tunisienne à l’étranger.
Fadwa Touqan, une poétesse palestinienne très douée, nous a parlé de l’amour, de la nature, de la tristesse, de la Palestine et bien d’autres sujets encore qui lui fait connaître le respect et le succès parmi les gens.
Feu Assia Djebbar l’algérienne, académicienne et une des figures de la littérature d'émancipation de la femme dans le monde arabo-berbero-musulman.
Samira Ibrahim, Egyptienne de 25 ans. La femme qui a eu le courage de dénoncer les tests de virginité qui avaient été pratiqués contre des manifestantes lors du printemps arabe.
La Marocaine Fatema Mernissi. Auteure de nombreux ouvrages sur la position des femmes dans la communauté musulmanes.
Nawal Al Saadawi, Egyptienne, connue pour son engagement contre les mutilations génitales féminines.
Un point commun : contre toute séparation basée sur le sexe ou le genre.
Cette histoire commune des femmes et des hommes s'écrit encore en lettre de sang, car les oppresseurs, érigés en rois du monde des affaires, du pétrole et des "Panama-Pappers" ne veulent pas d'un autre ordre.
Quand je vois ma mère, mes soeurs, mes cousines ou mes voisines et j'observe les rapports qu'elles acceptent de certains de leurs hommes, je rêve de cette utopie d'un monde rien qu'à elles.
Mais quand je tend l'oreille, j'entends aussi qu'elles aimeraient se libérer avec les hommes et non dans un monde où leurs compagnons, leurs proches homme soient exclus.
Alors permettez-moi cette volonté de privilégier le choix d'ensemble, de groupe humain. Un choix d'une autre façon de parler d'une société des égaux.
Il nous faudra plus de Nawel, de Fadwa, de Assia, de Fatima. ...
Car une femme, qu'elle vienne du Nord ou du Sud, de l'Est ou de l'Ouest, son oppression est une oppression de l'humain. Son combat est celui de nous tous.
Le cantonner dans la non-mixité c'est offrir sur un plateau en argent un argument de poids à tous les obscurantismes.
Et le pouvoir ?
Qu'est ce qui dit qu'il y'a pas des femmes qui veulent garder des privilèges sur d'autres femmes et sur d'autres en général ? Rien ne prouve le contraire ! Des privilèges sur le contenu de l'éducation, sur le poids des décisions, sur les priorités des uns et des autres ....
C'est exactement le cas chez les hommes. Certains sont près à tout pour garder le pouvoir.
Et donc la domination n'est pas question de femmes ou d'hommes mais question d'intérêt pour le pouvoir.
Quand Olympe De Gouges (décapitée ) s'adressait à la Reine, elle s'adressait à une femme de pouvoir Royal et voulant le garder !
"Qu’un plus noble emploi, Madame, vous caractérise, excite votre ambition, et fixe vos regards. Il n’appartient qu’à celle que le hasard a élevée à une place éminente, de donner du poids à l’essor des Droits de la Femme, et d’en accélérer les succès. Si vous étiez moins instruite, Madame, je pourrais craindre que vos intérêts particuliers ne l’emportassent sur ceux de votre sexe. Vous aimez la gloire ; songez, Madame, que les plus grands crimes s’immortalisent comme les plus grandes vertus ; mais quelle différence de célébrité dans les fastes de l’histoire ! l’une est sans cesse prise pour exemple, et l’autre est éternellement l’exécration du genre humain."
Que dit-elle ? Ou être dans l'exemple pour le genre humain en tant que femme, ou être dans son exécration. La Reine, femme, était dans l'exécration !
Les groupes non-mixtes, qu'ils soient de femmes ou d'hommes, ne sont pas nécessairement dénués d’oppression. Il y reste des rapports de pouvoir, même s'ils permettent des espaces intimes de confiance.
Affirmer que tous les individus ayant le même sexe avaient de fait une expérience sociale similaire, des points communs – y compris au-delà des frontières de classe, est une fausse affirmation.
À " Se libérer sans vous, se libérer de vous" , je préfère le vivre-ensemble et le construire-ensemble.