Le Zelzal(*) de sa majesté, le RIF entre tremblement et poudre de perlimpinpin

Ni Zelzal, ni mécanique des plaques. Ils nous ont rabâché le tremblement de terre avec ses éléments de langage, nous avons eu droit à la poudre, d'aucun dirait de perlimpinpin et ses dégâts camouflant le véritable zelzal, celui des salles d'audiences des procès préfabriqués, injustes et humiliant les détenus, les familles, la défense et la presse.

Voilà un Makhzen spécialiste raffiné des arrestations, des enlèvements, des enterrements vivants, des tortures, des marginalisations de populations, des militarisations de zones d'habitation de civiles, de politiques fabriquant des corrompus, qui se fait une virginité par le "démettre" !

Démettre sans juger,

Démettre sans condamner,

Démettre sans poursuivre, 

Démettre sans désigner la  chaîne des responsabilités,

Démettre sans rendre justice aux accusés à tort ,

Démettre en laissant le système tel quel ,

Démettre en gardant toutes les prérogatives et la  main mise sur le sort de tout un pays. 

Ils appellent ça "Zelzal", le tremblement de terre. 

Dans la mécanique des plaques tectoniques, un tremblement libère.  Il libère des énergies, des potentialités, des régions  de la pression de la plaque qui bouge. 

Or, le Zelzal de sa majesté, tout un symbole pour  quelqu'un qui manifestement est un éternel touriste (1), n'a rien libéré. Ce qui en l’occurrence aurait dû être perceptible immédiatement. 

Certains responsables des échecs sont rendus coupables individuellement, pour l'exemple, sans dire mot sur leurs politiques dont sa majesté est le premier garant de par son statut dans la constitution. 

Les politiques systématiques depuis 50 ans ne méritaient pas un Zelzal Royal, lui très énergique dans ses colères parfois très capricieuses ?

Le Zelzal libérateur n'aurait-il pas dû commencer par le commencement, à savoir : 

Libérer les accusés à tort puisqu'il l'a reconnu lui-même lors de son discours du 20 Août, qui d'ailleurs s'était plus destiné à libérer l'Afrique de son "joug algérien" (2) que celui de libérer le Maroc du "joug de la corruption" et des injustices sociales.

Le Zelzal libérateur qui liste parmi les causes de la défection des élites politiques installées depuis des décennies  et de l'administration, son manque d'action du début du Hirak au mois de Mai, a oublié de  rappeler que durant ces mois le système de sa majesté ne disposait d'aucun gouvernement faute de majorité lors des élections du 7 octobre 2016 et la re-victoire du PJD.  

Le Zelzal libérateur n'aurait-il pas dû commencer par poser les bases d'un vrai débat national sur la richesse, matérielle et immatérielle  : ses origines, ses modes d'accumulation, ses mécanismes de développement, ses politiques de répartition et de redistribution.

Le Zelzal de sa majesté avait-il réellement pour objectif de proposer des solutions pour l'éducation, la santé, la culture, la démocratie.

Bref à la libération du seul caractère manifeste de L'État : le caractère policier.

Le Zelzal de de sa majesté n'aurait-il pas du démettre la classe politique de la politique qui a échoué et qui échouera car, disait Einstein, il ne faut pas compter  sur ceux qui ont créé les problèmes pour les résoudre.

Ils nous ont rabâché le tremblement de terre  avec ses éléments de langage, nous avons eu droit à la poudre, d'aucun dirait de perlimpinpin  et ses dégâts camouflant le véritable zelzal, celui des salles d'audiences des procès  préfabriqués, injustes et humiliant les détenus, les familles, la défense et la presse.

Un Zelzal qui n'est plus ni moins qu'une "monarcho-thérapie" de groupe, un moyen de simuler la prévention, le traitement ou soigner et soulager une maladie sociale que connaît le RIF et tout le Maroc depuis bien longtemps : la corruption et ses implications. 

Samedi, cela fera un an que Mohcine Fikri, petit revendeur de poisson d'Al Hoceima, a été  broyé par une benne à ordures aux ordres policiers et des responsables du port.

Nous répéterons  avec ceux que nous ne voulons voir mourir : la mort plutôt que la Hogra. Car la Hogra ne survit ni à la dignité ni à la volonté de survivre.

Je clos ce propos par un  nième blasphème, encore un me diriez-vous,

إِذَا زُلْزِلَتِ الْأَرْضُ زِلْزَالَهَا، وَأَخْرَجَتِ الْأَرْضُ أَثْقَالَهَا، وَقَالَ الْإِنْسَانُ مَا لَهَا، يَوْمَئِذٍ تُحَدِّثُ أَخْبَارَهَا، بِأَنَّ شعبكَ أَوْحَى لَهَا، يَوْمَئِذٍ يَصْدُرُ الحكامُ أَشْتَاتًا لِيُرَوْا أَعْمَالَهُمْ فَمَنْ يَعْمَلْ مِثْقَالَ ذَرَّةٍ خَيْرًا يَرَهُ، وَمَنْ يَعْمَلْ مِثْقَالَ ذَرَّةٍ شَرًّا يَرَهُ 

 

Le Mans 26.10.2017

 

1) lire à ce sujet le texte sur l'absentéisme déconcertant du Roi Mohamed 6

 http://orientxxi.info/magazine/mohamed-vi-un-roi-absent,2052

2) l'Algérie est pour l'occasion, et pas la seule, l'ennemie qui compromet l'issue du problème du Sahara et qui finance le Hirak et ses leaders. 

(*) Zelzal : mot arabe désignant tremblement de terre, en l’occurrence tremblement en politique

 

Un an après l'assassinat de Mohcine FIKRI - HIRAK du RIF © MB Un an après l'assassinat de Mohcine FIKRI - HIRAK du RIF © MB

 

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