Pour une vraie riposte républicaine: des moyens pour la police et l'éducation

Cela fait une semaine que Samuel Paty a perdu la vie, victime d’un jeune barbare embrigadé par la propagande islamiste. Depuis, les autorités républicaines parlent de tout sauf de l’essentiel, ce qui fait notre civilisation : le droit, l’éducation et les moyens de leur application. Comme le dit un vieux proverbe chinois, « quand le sage montre la lune, l’idiot regarde le doigt ».

Cela fait une semaine que Samuel Paty a perdu la vie, victime d’un jeune barbare embrigadé par la propagande islamiste. Depuis, les autorités républicaines parlent de tout sauf de l’essentiel, ce qui fait notre civilisation : le droit, l’éducation et les moyens de leur application. Comme le dit un vieux proverbe chinois, « quand le sage montre la lune, l’idiot regarde le doigt ».

Le premier responsable de cet égarement est bien sûr le Président de la République. S’il a su trouver les bons mots lors de l’hommage national rendu au professeur, il est incapable, comme ses prédécesseurs depuis plus de 20 ans, d’organiser une véritable riposte républicaine.

Son ministre de l’Intérieur, l’homme responsable de notre sécurité, celui qui n’a pas su protéger la victime et arrêter le terroriste qui affichait son obscurantisme sur les réseaux sociaux, cache son impuissance en ciblant les pratiques culinaires des communautés religieuses. Au lieu de tirer les conséquences de son échec il fracture encore plus notre société en s’attaquant à la vie quotidienne de certains groupes de citoyens, quand bien même ces derniers n’ont rien à voir avec l’acte barbare.

Son ministre de l’Education, l’homme responsable de nos écoles, celui qui n’a pas su accompagner un professeur en difficulté, cache son impuissance en attaquant un syndicat étudiant et des partis politiques de son opposition. Il a perdu toute dignité en dénonçant une prétendue « complicité intellectuelle du terroriste ». Au lieu de tirer les conséquences de son échec il alimente la vaine polémique sur la laïcité et la loi de 1905, quand bien même cette dernière n’a rien à voir avec l’acte barbare.

Dans une démocratie digne de ce nom, ces deux hommes ne seraient plus au pouvoir. Le gouvernement a échoué. Il choisit d’amalgamer et de stigmatiser au lieu d’agir concrètement. Prenons donc le temps de redire simplement l’essentiel, même si cela n’est pas original ou spectaculaire : il faut donner plus de moyens à la police et à l’école.

La première urgence est de recruter des agents pour le démantèlement des filières de recrutement et d’embrigadement, et d’autres pour la surveillance des réseaux sociaux. Ils ne sont aujourd’hui que quelques dizaines à surveiller les réseaux numériques. Ils devraient être des centaines pour occuper ce terrain privilégié de la radicalisation.

La deuxième urgence est de donner plus de moyens à l’Education nationale, de recruter des professeurs et de mieux les équiper pour faire face à ce qui ronge les consciences de nos enfants, du fondamentalisme religieux aux obsessions identitaires en passant par toutes les formes de complotisme.

La troisième urgence est de réaffirmer l’Etat de droit. Fermer des mosquées après un attentat revient à accuser à l’aveugle des centaines de pratiquants musulmans. Arrêtons de dire qu’il faut traquer le « djihadisme d’atmosphère ». Arrêtons de faire régner un climat de méfiance et de lancer des opérations aléatoires « d’intimidation » qui nous éloignent de l’Etat de droit. Si un responsable a commis une erreur, un délit, un crime, que les pouvoirs publics engagent des poursuites ciblées.

Tomber dans la méfiance généralisée, c’est faire le jeu des idéologues salafistes prompts à surjouer la victimisation. Le faire quand on est incapable de proposer un destin commun à la société quand le salafisme propose de son côté un référentiel complet, c’est encore pire. C’est par le droit que nous démontrerons notre force collective face aux ennemis de la liberté. Ni excuses, ni autoritarisme. Les mêmes règles pour toutes et tous et des moyens pour faire revivre la promesse républicaine. Tout le reste n’est que dispersion, agitation, manipulation et division.

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