M Tessier
Лентяй (fainéant), бывший неудачник (ex- loser), негодяй (vaurien), самозванец (imposteur), лицемер (hypocrite), категоричный (péremptoire), retraité sans gloire, probable escroc, possible usurpateur, politiquement suspect, traducteur très amateur de littérature russe.
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Billet de blog 15 août 2016

M Tessier
Лентяй (fainéant), бывший неудачник (ex- loser), негодяй (vaurien), самозванец (imposteur), лицемер (hypocrite), категоричный (péremptoire), retraité sans gloire, probable escroc, possible usurpateur, politiquement suspect, traducteur très amateur de littérature russe.
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Anne au cou (Anton Tchékhov)

Voici la première partie de cette nouvelle complexe, partie où se retrouvent de nombreux éléments de critique sociale développés ailleurs par Tchékhov, avant tout le triste sort des femmes en Russie à la fin du dix-neuvième siècle.

M Tessier
Лентяй (fainéant), бывший неудачник (ex- loser), негодяй (vaurien), самозванец (imposteur), лицемер (hypocrite), категоричный (péremptoire), retraité sans gloire, probable escroc, possible usurpateur, politiquement suspect, traducteur très amateur de littérature russe.
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Anne au cou 

     Cette nouvelle date de 1895.Un critique reprocha à Tchékhov de s’opposer par des procédés comiques, courants dans ses petits récits, au traitement tragique habituel chez les classiques (Gogol ou, particulièrement, Alexandre Ostrovski) du thème de la fille pauvre obligée de se sacrifier. Cependant, si l’on songe à « Lueurs », ou à la nouvelle « Les bonnes femmes »,  on voit que Tchékhov ne plaisantait pas toujours à ce sujet, bien au contraire.

L’héroïne est certes moins sympathique à la fin que pitoyable au début. Noter la revanche posthume de la mère (qui lui a appris toutes les manières de séduction et lui a transmis sa beauté). Affleure aussi la vieille crainte des hommes devant la femme toute-puissante, on peut penser à la Nana de Zola, roman publié quinze ans plus tôt . Ici, Nana s’appelle Anna. D’où le titre retenu, qui ménage la chèvre et le chou. Autrefois, Denis Roche s’était contenté de traduire quasiment mot à mot le titre de Tchékhov, ce qui donnait juste : « Anne au cou ».

I  

     Il n’y eut même pas de buffet après la cérémonie à l’église ; les jeunes mariés burent une coupe, se changèrent et partirent à la gare. En guise de bal et de repas de noces, à la place de la musique et des danses, un pèlerinage de deux cent verstes1. Ce que beaucoup approuvèrent, disant que Modeste Alexiéïtchn’était pas un jeune homme mais un fonctionnaire bien en poste, et qu’une noce tapageuse ne serait peut-être pas du meilleur goût ; on peut se passer de musique lorsqu’un fonctionnaire de cinquante-deux ans épouse une jeunesse d’à peine dix-huit. On disait aussi que Modeste Alexiéïtch entreprenait ce voyage jusqu’au monastère pour afficher ses principes et faire comprendre à sa jeune épouse qu’il accordait, dans le mariage, la première place à la religion et à la moralité.

     On accompagna les jeunes mariés à la gare. La foule des collègues de bureau et des proches attendait, verre en main, le départ du train, pour crier « hourra-a-a ! » , et Piotr Léontitch, le père de la mariée, en haut-de-forme et portant son frac de professeur, très pâle et déjà ivre, se pressait contre la fenêtre du compartiment en tenant sa coupe et larmoyait :

     — Aniouta ! Ania3 ! Juste un mot !

     Ania se pencha vers lui et il lui chuchota quelque chose, lui envoyant une bouffée de son haleine avinée et lui soufflant dans l’oreille des mots incompréhensibles, puis il fit des signes de croix devant son visage, sa poitrine et ses mains, pour la bénir ; il avait la respiration tremblante et des larmes brillaient dans ses yeux. Piétia et Andrioucha, les frères d’Ania, encore lycéens, le retenaient par son habit et, gênés, lui disaient à mi-voix :

     — Papa, ça suffit… Papa, il ne faut pas…

     Lorsque le train s’ébranla, Ania vit son père courir un peu derrière le wagon, chancelant et répandant son vin par terre, et remarqua l’expression doucement pitoyable de son visage et son air coupable.

     — Hourra-a-a ! criait-ll.

     Les jeunes mariés restèrent seuls. Modeste Alexiéïtch fit du regard le tour de leur compartiment4, disposa leurs affaires en hauteur et s’assit en souriant en face de sa jeune épouse. C’était un fonctionnaire de taille moyenne, passablement corpulent, dodu, l’air très bien nourri, aux longs favoris mais sans moustache,avec un menton rond et bien dessiné qui, glabre, ressemblait à un talon. Ce qui frappait le plus dans son visage était, en l’absence de moustache, cet emplacement nu et fraîchement rasé qui débouchait peu à peu sur des bajoues grasses et tremblotant comme de la gelée. C’était un homme posé, aux mouvements sans précipitation et aux manières douces.

     — Je ne puis m’empêcher de penser à certaine circonstance, fit-il en souriant. Il y a cinq ans, lorsque Kossorotov5, ayant reçu l’ordre de Sainte Anne6 de deuxième classe, est venu exprimer sa gratitude, sa Grâce7 lui a tenu ce langage : « ainsi, vous voilà avec trois Anne :  l’une à la boutonnière et les deux autres sur le cou8 » . Il faut préciser que la moitié de Kossorotov, femme frivole et acariâtre prénommée Anne, venait de le retrouver. J’espère que, lorsque je recevrai à mon tour l’ordre de deuxième classe, sa Grâce n’aura aucune raison de me dire la même chose.

     Il souriait de ses petits yeux. Elle aussi souriait, émue à l’idée que cet individu pouvait à tout moment l’embrasser de ses lèvres pleines et humides sans qu’elle ait le droit de résister. Les mouvements sans heurts de son corps potelé l’effrayaient, cela lui faisait peur et lui semblait vilain. Il se leva, détacha tranquillement de son cou sa décoration, enleva son frac et son gilet pour passer une simple veste d’intérieur.

     — Et voilà, dit-il en s’asseyant à côté d’Ania.

     Elle se rappela la torture qu’avait été la cérémonie à l’église, quand elle avait l’impression que le prêtre, les invités et tout le monde dans l’église la regardaient d’un air affligé : pourquoi donc épousait-elle, elle si mignonne, si jolie, ce vieux type sans intérêt ? Alors que le matin même elle était ravie que tout se soit si bien arrangé, ensuite, à l’église, et maintenant dans ce wagon, elle se sentait coupable, dupée et ridicule. Elle avait épousé un richard, mais elle restait désargentée, il avait fallu emprunter pour sa robe de mariée et, aujourd’hui, elle avait bien vu, lorsque son pères et et ses frères l’avaient accompagnée, qu’ils étaient sans le sou. Auraient-ils de quoi manger, aujourd’hui ? Et demain ? Il lui semblait qu’elle les avait laissés dans le dénuement et qu’ils éprouvaient la même peine que juste après l’enterrement de sa mère.

     « Que je suis malheureuse ! se disait-elle. Pourquoi tant de malheur ? »

     Avec la maladresse d’un homme âgé, peu habitué au commerce des femmes, Modeste Alexiéïtch lui touchait la taille et lui tapotait l’épaule, tandis qu’elle songeait à l’argent et à sa défunte mère. À la mort de celle-ci, son père, Piotr Léontitch, qui enseignait au lycée la calligraphie et le dessin, se mit à boire, et les difficultés financières ne tardèrent pas ; les garçons n’avaient ni bottes ni caoutchoucs, le père fut traîné devant le juge de paix, l’huissier vint saisir les meubles… Quel déshonneur ! Ania devait prendre soin de son ivrogne de père, repriser les chaussettes de ses frères, faire le marché et, quand on vantait sa beauté, sa jeunesse et l’élégance de ses manières, elle avait l’impression que le monde entier remarquait son chapeau bon marché et les petits trous maquillés à l’encre, sur ses bottines. Et la nuit, c’étaient les larmes et la pensée obsédante et ravageuse que son père serait bientôt renvoyé pour incapacité et qu’il ne le supporterait pas, qu’il mourrait, comme sa mère. Alors, des dames qui la connaissaient s’étaient mis à chercher quelqu’un de bien pour elle. Elles eurent tôt fait de dénicher ce Modeste Alexiéïtch, certes plus tout jeune et guère séduisant, mais homme aisé. Il a cent mille et quelque à la banque et possède une propriété familiale, qu’il met en location. C’est un homme à principes, bien vu de sa Grâce ; cela ne lui coûtera rien, a-t-on dit à Ania, d’obtenir de sa Grâce un petit mot destiné au directeur du lycée et aussi au patronage, pour éviter le renvoi de Piotr Léontitch…

     Tandis qu’elle était plongée dans ces pensées, une musique éclata soudain, se mêlant, par la fenêtre, à un bruit de voix. Le train s’était arrêté dans une petite station. Au-delà du quai, dans la foule, on entendait les accords impétueux d’un accordéon et le glapissement d’un mauvais violon, et plus loin, derrière les hauts peupliers et les bouleaux élancés, derrière les datchas nimbées de la lumière de la lune, se faisait entendre un orchestre militaire, il devait y avoir quelque part une soirée dansante. On voyait passer sur le quai les gens en villégiature et ceux qui venaient d’arriver en train profiter du beau temps et respirer un peu d’air pur. Il y avait notamment Artynov, magnat qui possédait à peu près toute la localité, homme de haute taille, brun et corpulent, avec un visage d’Arménien et des yeux à fleur de tête, étrangement habillé. Il portait une chemise déboutonnée sur le devant, de hautes bottes à éperons et une cape noire qui tombait de ses épaules jusqu’à terre, comme une traîne. Deux lévriers l’accompagnaient, baissant leurs museaux fins. 

     Ania avait encore des larmes aux yeux, mais elle avait déjà oublié sa mère, ses soucis d’argent et son mariage, elle serrait à présent la main de lycéens et d’officiers qu’elle connaissait, elle était tout rire et disait d’une voix rapide :

     — Bonjour ! Comment allez-vous ?

     Elle se tint sur un terrain éclairé par la lune, le temps de faire admirer sa magnifique robe neuve et son chapeau.

     — Que faisons-nous ici ? s’enquit-elle.

     — C’est une gare d’évitement, on laisse passer un train postal.

     Ayant senti sur elle le regard d’Artynov, elle se mit à cligner des yeux avec coquetterie, à parler rapidement en français et, autant charmée par le son de sa propre voix que par les échos de la musique et le reflet de la lune dans l’étang, sentant toujours posé sur elle le regard insistant et curieux de ce don Juan réputé et polisson invétéré d’Artynov, remplie de la gaieté générale, elle éprouva soudain elle-même de la joie, et, lorsque le train repartit et que les officiers de sa connaissance la saluèrent en portant la main à leur visière en guise d’adieu, elle avait déjà sur les lèvres l’air de la polka que l’orchestre militaire jouait là-bas, derrière les arbres, et qui lui parvenait dans le dos ; elle retourna dans son compartiment avec la conviction, née dans cette petite gare, qu’elle serait heureuse à coup sûr et en dépit de tout.

     Ayant passé deux journées au monastère, les jeunes mariés rentrèrent en ville. Ils habitaient un appartement de fonction. Lorsque Modeste Alexiéïtch allait au travail, Ania se mettait au piano, ou s’ennuyait à pleurer, ou encore s’étendait sur son relax pour lire des romans ou éplucher une revue de mode. Au déjeuner, Modeste Alexiéïtch mangeait énormément en parlant de politique, en évoquant les affectations, les mutations et les récompenses, en insistant sur les vertus du travail et de l’épargne, sur le fait que la vie n’est pas une partie de plaisir mais doit être régie par le sens du devoir et en rappelant qu’il plaçait au-dessus de tout la religion et la moralité. Serrant son couteau dans son poing comme il aurait tenu une épée, il déclarait :

     — Chacun doit remplir ses obligations !

     Ania l’écoutait en tremblant, sans pouvoir manger, et sortait de table complètement affamée. Après le repas, son mari faisait la sieste en donnant un concert de ronflements et elle allait voir les siens. Son père et les garçons lui jetaient de curieux regards, comme s’ils venaient juste, en son absence, de la blâmer d’avoir épousé par intérêt un individu rasoir et qu’elle n’aimait pas ; le froufroutement de sa robe, ses bracelets, son air de dame, plus généralement, les mettaient mal à l’aise et les blessaient ; devant elle, ils restaient embarrassés, ne sachant de quoi parler avec elle ; mais ils l’aimaient encore comme par le passé et l’attendaient encore pour manger. Elle s’asseyait et mangeait avec eux de la soupe aux choux, de la kacha9 et des pommes de terre frites dans de la graisse de mouton ayant une odeur de chandelle. D’une petite carafe, Piotr Léontitch se servait un verre d’une main tremblante et le vidait rapidement, avec un mélange d’avidité et de répugnance, puis un deuxième, un troisième… Piétia et Andrioucha, garçons maigres, au teint pâle et aux grands yeux, attrapaient la carafe et lui disaient, désemparés :

     — Il ne faut pas, papa… Ça suffit, papa…

     Et Ania s’alarmait elle aussi et le suppliait de ne plus boire, jusqu’à ce qu’il explose d’un seul coup et donne un coup de poing sur la table.

     — Personne n’a le droit de me surveiller ! criait-il. Les mouflets ! La gamine ! Je vais tous vous mettre dehors !

     Mais sa faiblesse et sa bonté transparaissaient dans sa voix et personne n’avait peur. Après le repas, en général, il se préparait ; tout pâle, avec des estafilades au menton dues au rasoir, étirant son cou de poulet, il se tenait une bonne demi-heure devant la glace et se faisait beau, se repeignant, frisottant sa moustache noire, s’apergeant de parfum, faisant un nœud de ruban à sa cravate, puis il mettait ses gants, son haut-de-forme et s’en allait donner des cours particuliers. Les jours fériés, il restait à la maison et peignait ou jouait de l’harmonium, ce dernier produisant des sifflements et des grondements ; il s’efforçait d’en tirer des sons harmonieux et fredonnait, ou se fâchait contre les garçons :

     — Gredins ! Bons à rien ! Vous m’avez esquinté l’instrument !

     Le soir, le mari d’Ania jouait aux cartes10 avec ses collègues de bureau, qui habitaient le même bâtiment que lui, réservé au personnel administratif. Se rassemblaient aussi à cette occasion les épouses des fonctionnaires, laides et mal attifées, grossières comme des cuisinières, et, dans l’appartement, les commérages allaient bon train, aussi disgracieux et de mauvais goût que ces femmes elles-mêmes.  Parfois, Modeste Alexiéïtch et Ania allaient au théâtre. Lors des entractes, il ne la quittait pas d’une semelle, il déambulait dans les couloirs et dans le hall en la tenant par le bras. Échangeait-il un salut avec un quidam, qu’il chuchotait à Ania : « Conseiller d’État11… il est admis chez sa Grâce… » , ou encore : « Il a de la fortune… propriétaire… » . En passant devant le buffet, Ania était très attirée par les sucreries, elle aimait le chocolat et les chaussons au pommes, seulement elle n’avait pas d’argent et n’osait pas en demander à son mari. Lui saisissait une poire et demandait sans conviction :

     — C’est combien ?

     — Vingt-cinq kopecks.

     — Tout de même ! faisait-il en reposant la poire ; mais comme il était gênant de s’en aller sans rien prendre, il réclamait une bouteille d’eau de Seltz qu’il buvait, le picotement lui mettant les larmes aux yeux, sans en offrir à Ania qui le haïssait à ces moments-là.

     Ou bien, devenu soudain tout rouge, il lui glissait rapidement :

     — Salue cette vieille dame !

     —  Mais je ne la connais pas.

     — Et alors ? C’est l’épouse du chef de l’administration fiscale ! Salue-la, on te dit ! insistait-il avec humeur. Ça ne te coûte rien.

     Ania faisait le salut exigé, cela ne coûtait rien, en effet, mais c’était pénible. Elle faisait tout ce qu’exigeait son mari et enrageait d’être prise pour une idiote. Elle l’avait épousé uniquement pour son argent, et n’en voyait pas la couleur, elle était encore plus pauvre qu’avant son mariage. Autrefois, il arrivait à son père de lui donner une pièce de vingt kopecks – à présent, pas un sou. Dérober de l’argent ou en demander était impossible, elle avait peur de son mari, tremblait devant lui. Elle avait l’impression de ressentir cette peur depuis bien longtemps. Dans son enfance, c’était le directeur du lycée qui lui apparaissait comme une puissance terrible et au plus haut point imposante, dont les mouvements étaient aussi effrayants que ceux d’une nuée ou d’une locomotive prête à vous écraser ; sa Grâce était une autre puissance redoutée, dont on parlait en famille, puis venaient encore une dizaine de puissances moindres, notamment les professeurs du lycée à la moustache rasée, sévères, impitoyables, dont Modeste Alexiéïtch prenait aujourd’hui la suite, lui aussi homme à principes et dont le visage même rappelait celui du directeur. Et, dans l’imagination d’Ania, toutes ces puissances fusionnaient en une entité unique qui, telle un énorme et terrifiant ours blanc, avançait sur les faibles et les fautifs comme son père, et elle avait peur d’objecter quoi que ce soit, elle se forçait à sourire, et affectait d’être heureuse sous les caresses grossières et les étreintes abominables qui la souillaient.

     Il arriva une seule fois à Piotr Léontitch de chercher à emprunter cinquante roubles à son mari pour s’acquitter d’une méchante dette, mais ce fut extrêmement désagréable.

     — Très bien, je vais vous les donner, dit Modeste Alexiéïtch, mais je vous préviens que je ne vous aiderai plus jamais si vous ne lâchez pas la boisson. Un tel vice chez un serviteur de l’État est une honte. Je me vois obligé de rappeler comme un fait de société que cette passion a détruit une quantité de gens qui auraient pu, avec le temps, occuper des postes très élevés.

     Et s’enchaînèrent de longues périodes : « au fur et à mesure que… » , « il en découle donc… » et autres « au vu de ce qui vient d’être dit… » , que le pauvre Piotr Léontitch subissait avec une forte envie de boire un petit verre.

     Et les garçons, invités par Ania et venant chez elle dans leurs bottes déchirées et leurs pantalons archi-usés, devaient aussi essuyer des sermons.

     — Chacun doit remplir ses obligations ! leur disait Modeste Alexiéïtch.

      Et il ne lâchait pas d’argent. Toutefois, il faisait cadeau à Ania de bracelets et de broches, en ajoutant que c’étaient là des choses fort utiles en cas de malheur. Et il ne se faisait pas faute d’ouvrir sa commode pour vérifier que tout y était.

  1. La verste fait un peu plus d’un kilomètre.
  2. Rappel : on désigne généralement les gens par leur prénom et leur patronyme : fils de, ou fille de. Le « jeune » marié est fils d’Alexiéï, le père de la jeune mariée est lui-même fils de Léonti, prénom dérivé de Léon.
  3. Diminutifs de Anna, en français : Anne.
  4. Un coupé à deux places.
  5. Comme d’habitude, l’auteur s’amuse : ce nom signifie à peu près : « bouche-de-travers » .
  6. Insigne honorifique : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ordre_de_Sainte-Anne
  7. Réservé aux ducs et princes.
  8. Le bonhomme porte l’insigne de l’ordre de Sainte Anne de troisième classe à la boutonnière et la croix de l’ordre de deuxième classe en sautoir autour du cou. Mais il a aussi, accroché à son cou, c’est-à-dire à sa charge, son épouse. Et de trois.
  9. Bouillie de céréales.
  10. Le mari d'Ania rappelle beaucoup celui qui  décevait la « Jeune femme à la datcha » , courte nouvelle parue une bonne dizaine d’années plus tôt. 

À suivre…

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